HÉROÏNES ROMANTIQUES

Qui sont-elles?

Qui sont les héroïnes du romantisme et comment sont-elles représentées dans les arts au XIXe siècle ?
Le Musée de la Vie Romantique explore ces questions en ouvrant, le 6 avril 2022 et jusqu’en septembre, l’exposition: « Héroïnes romantiques« . 
Rendez-vous au 16 rue Chaptal à Paris, dans la maison d’Ary Scheffer qui abrite, depuis 1987, le Musée de la Vie Romantique.
C’est là, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes », nom donné, au 19e siècle, à cette partie du 9ème arrondissement de Paris lorsque l’élite intellectuelle et artistique parisienne (écrivain·es, comédien·es, musicien·es, peintres·es…) s’y installe et y fait construire de somptueux hôtels particuliers, qu’émerge le mouvement artistique Romantique, symbolisé aujourd’hui par la maison d’Ary Scheffer, peintre hollandais disciple de Delacroix, qui s’y installa en 1810.

Le Musée de la Vie Romantique
Photo: (c) Kadia RACHEDI
La verrière du Musée.
Photo:(c) Kadia RACHEDI

L’exposition, riche d’une centaine d’œuvres – peintures, sculptures, manuscrits et objets d’art – consacre ainsi successivement les héroïnes du passé, les héroïnes de fiction et les héroïnes en scène et interroge le regard sur les femmes dans une société qui leur laisse, à cette époque, peu de place.

C’est un parcours en trois temps et en quatre salles auquel nous sommes convié·es puisque les deux premières salles sont en effet réservées aux héroïnes du passé, l’une dédiée aux héroïnes mythologiques et la seconde aux héroïnes iconiques.
Des petites salles, des bibliothèques dans lesquelles sont exposés des livres, des dessins des sculptures. Dans la première salle, un piano recouvert d’un tissu de velours foncé occupe les 2/3 de la surface et un petit poêle très ancien.
Dans la seconde salle et dans la troisième toujours des bibliothèques et des vitrines contemporaines dans lesquelles sont exposés des livres. Dans la troisième salle, un élément en métal qui fait penser à un élévateur. C’est en réalité un petit escalier en colimaçon qui nous permet accéder à la quatrième salle… Pas d’inquiétude, il y a aussi un ascenseur !

L’escalier en colimaçon.
Photo: (c) Kadia RACHEDI

Une exposition que l’on doit à Gaëlle Rio, directrice du Musée de la Vie Romantique, à Élodie Khun, directrice adjointe et à Cécile Degos pour la scénographie.

Présentation de l’exposition par Gaëlle RIO,
Directrice du Musée de la Vie Romantique
:

Si les noms des plus grands peintres et sculpteurs du début du XIXe siècle défilent (Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Antoine-Jean Gros…) balisant un monde artistique – gouverné par les hommes – qui joue un rôle majeur dans la diffusion d’un héroïsme féminin aux accents tragiques, l’exposition s’intéresse également aux femmes du XIX ème siècle qui mettent en scène des héroïnes dans leurs œuvres.
Sont ainsi mises à l’honneur les artistes Marie d’Orléans, Félicie de Fauveau, Frédérique O’Connell, les écrivaines Madame de Staël, George Sand, Sophie Cottin ou encore les interprètes Harriet Smithson, Rachel et Mademoiselle Mars, qui portent à la scène les grands rôles féminins de l’époque.

V.A Genève-Rumilly: « La mort d’Antigone »
(c) Musée de Grenoble
Frederique O’Connell: « Rachel dans le rôle de Phèdre »
Photo:(c) Kadia RACHEDI

Héroïnes du passé

Les héroïnes mythologiques, Sapho, Antigone, Cléopâtre… Les héroïnes iconiques, Marie Stuart, Jeanne d’Arc… et leurs représentations dans « le style troubadour », ce mouvement artistique qui émerge sous la Restauration française et qui s’épanouit dans la première moitié du 19e siècle. Ce mouvement tend à réinventer et à s’approprier par les différents arts, une atmosphère idéalisée du Moyen-Âge et de la Renaissance.

« Jeanne d’Arc »
Photo: (c) Kadia Rachedi
Gros Antoine-Jean, Baron (1771-1835). Bayeux, musée d’art et d’histoire Baron-Gérard (MAHB).

PODCAST:
Présentation des « héroïnes du passé »
par G.Rio directrice du musée et E.Khun, directrice adjointe:

Héroïnes de fiction, héroïnes de scène

  • Des héroïnes shakespeariennes ou « le goût du drame » que les artistes romantiques, essentiellement des hommes, se réapproprient, réinventent, redécouvrent et mettent en scène dans leurs tableaux comme Desdémone, Juliette et Roméo, Ophélie…
  • Des héroïnes « inventées » ou, la représentation de l’idéal féminin, de l’amour et de la mort.
    Au 19ème, le genre du roman est en plein essor. Des écrivains et des écrivaines (Madame de Staël, George Sand, Sophie Cottin pour ne citer que des femmes) inventent des figures féminines (Lélia, Corinne ou l’Italie…) qui seront représentées en peinture et qui deviennent des héroïnes de fiction.

Dans cette salle, comme dans la salle des héroïnes du passé, un lien entre l’accrochage et des ouvrages exposés dans la vitrine contemporaine.

Steuben Charles de, Baron (1788-1856). Nantes, musée des Beaux-Arts. INV1182.

Héroïnes de scène, héroïnes incarnées

Le 19 eme siècle est aussi une époque où le théâtre, le ballet et l’opéra attirent un public nombreux. La scène devient un espace de diffusion des héroïnes romantiques.
Mademoiselle Rachel, célèbre pour ses rôles de tragédienne, Mademoiselle Mars, interprète adulée, deviennent de véritables icônes que les artistes représentent dans leurs rôles les plus prégnants.
« Vêtues de vaporeux tutus blancs et chaussées de pointes », les danseuses comme Marie Taglioni diffusent une nouvelle manière de danser caractéristique du ballet romantique.

Photos: (c) Kadia RACHEDI

PODCAST:
« Les héroïnes de fiction et les héroïnes de scène »
G.Rio et E.Khun

Pour terminer la visite, et en contrepoint de la représentation des héroïnes romantiques, une citation…

Ballade à Paris, au milieu d’un cadre de verdure,
Prendre une bouffée d’oxygène,
Puis, à la fin de la visite,
Prendre un petit thé sur un air de campagne dans la maison où Ary Scheffer reçut Delacroix, Listz, Rossini, Sand, Chopin

Pratico-pratique:
MUSÉE DE LA VIE ROMANTIQUE:
Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal
75009 Paris
Téléphone :01 55 31 95 67

Horaires d’ouverture :
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis et le 1° mai.
Tarifs: 9 et 7 euros.