PICABIA MÉDITERRANÉE

Francis Picabia (1879-1953) est peintre, dessinateur et écrivain, passionné par la peinture et proche du mouvement « dada », puis surréaliste. Il se présente lui-même dès 1923 comme « Artiste en tous genres ».
Comme ses contemporains, il s’interroge sur la place de la peinture, bousculée par l’émergence de la photographie, puis devient l’un des premiers à peindre à partir de photographies.

« L’exposition que présente le musée de Céret (Pyrénées Catalanes) explore de manière inédite un moment clé du parcours de Picabia en s’intéressant au rôle joué par la Catalogne sur son œuvre et celle de ses contemporains.
Elle réunit pour la première fois près d’une centaine d’œuvres de Picabia et de son cercle artistique new-yorkais et catalan, de Marcel Duchamp, Man Ray, Albert Gleizes, Pablo Picasso, Robert Delaunay, Kees van Dongen, Joan Miró, ou encore Serge Charchoune, et celles d’artistes femmes qui ont joué un rôle moteur dans l’histoire des avant-gardes telles que Marie Laurencin, Juliette Roche, Olga Sacharoff, Hélène Grünhoff, Sonia Delaunay ou encore Natalia Gontcharova.

Entre peintures, dessins, sculptures, photographies, revues, et archives montrées pour la première fois en France, l’exposition déploie un regard panoramique sur la création foisonnante qui se déroule au début du XXe siècle. Avec plus d’une vingtaine d’artistes présentés, elle réunit un exceptionnel ensemble d’œuvres des tenants de la modernité. Elle bénéficie pour cela du soutien de prestigieuses institutions parmi lesquelles le Musée de l’Orangerie, le Musée National d’Art Moderne – Centre Pompidou, les musées Picasso de Paris et de Barcelone, le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía ou encore le Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid.
Pour cette programmation exceptionnelle, le musée a reçu le label « Exposition d’intérêt national » attribué chaque année à une quinzaine d’expositions remarquables en France.« 

(Extrait du dossier de Presse)

  • L’ÉPOQUE « MACHINISTE »

Cette première partie de l’exposition présente des pièces majeures de l’artiste produites durant cette période comme « Embarras« .
Elles dialoguent avec celles de ses contemporains qui ont eux aussi rejoint les États-Unis durant la Première Guerre mondiale, à l’image de Marcel Duchamp, Man Ray, Albert Gleizes ou encore Juliette Roche.
Ces artistes, tous influencés par l’atmosphère new-yorkaise et l’univers des machines, forment un cercle d’émulation intellectuelle et plastique autour de la galerie 291 d’Alfred Stieglitz.

Picabia : « Embarras ». 1914.
Picabia : « vanité ». 1916.
Picabia : « Machine ». 1916.
  • UN ECOSYSTÈME EN EXIL

Après New York et fuyant la France en guerre, Picabia se rend à Barcelone, où il retrouve une vaste communauté d’artistes et d’intellectuels en exil. Cette seconde partie de l’exposition restitue l’atmosphère singulière d’une Catalogne devenue, le temps du conflit, terre d’accueil et de création.
Les œuvres, documents et photographies réunis dans cette section témoignent de l’effervescence qui règne alors à Barcelone à travers Marie Laurencin, Serge Charchoune et Hélène Grünhoff, Olga Sacharoff et Otho Lloyd, ou encore Robert et Sonia Delaunay.

Vue de l’exposition Francis Picabia à la Galerie Dalmau
Barcelone 18 Novembre – 8 décembre 1922
.
Sonia Delaunay. Projet de papier à lettre.1914.
Juliette Roche « Les Ramblas ». 1916.
Olga Sacharoff : « Raco de Cambra » .1912 et « Femme les coudes posés sur la table ». 1912.
Otho Llyod : « Tossa del Mar ». 1916.
Robert Delaunay : « Femme au marché ». 1915.
  • L’ AVENTURE DADAÏSTE

La revue 391 créée par Picabia à Barcelone en 1917 reflète les idées novatrices et pré-dadaïstes de l’artiste en adoptant un parti-pris résolument « anti- peinture ». Éditée de 1917 à 1924 entre Barcelone, Zurich, New York et Paris, elle diffuse les textes et les œuvres de Picabia ainsi que de son cercle artistique. L’exposition présente les 19 numéros de 391 enrichis de maquettes et dessins originaux permettant de comprendre leur processus d’élaboration.

Francis Picabia: « La Sainte Vierge »…….
… et « La Sainte Vierge II » . 1920

Le DADAÏSME, ou mouvement Dada, est un courant artistique et littéraire né dans le contexte tourmenté de la Première Guerre mondiale. Révolté contre les horreurs de la guerre et les conventions rigides de la société bourgeoise, ce mouvement prône une rupture radicale avec les normes esthétiques, culturelles et intellectuelles de l’époque. Par une approche provocante et absurde, les dadaïstes remettent en question non seulement les formes d’art traditionnelles, mais aussi la logique même de leur société. Ce manifeste d’anti-art aura un impact durable, redéfinissant les limites de la créativité et de l’expression artistique.
Le dadaïsme voit le jour en 1916 à Zurich, en Suisse, dans un climat mondial marqué par la destruction et le chaos de la Première Guerre mondiale.
Le mouvement DADA naît d’une profonde désillusion face aux valeurs de la société occidentale.
Les dadaïstes voient dans la guerre une preuve accablante de l’échec de la rationalité, de la logique et des institutions culturelles. Pour eux, la rigueur du classicisme – qui a conduit à cette catastrophe – doit être détruite.
Le dadaïsme, dans sa forme la plus pure, devient un cri de protestation, un acte de rébellion contre toutes les formes de hiérarchie et de conformité.
Les figures majeures du mouvement seront Marcel Duchamp, Tristan Tzara et Picabia…

  • L’INFLUENCE HISPANIQUE

    La dernière partie de l’exposition est consacrée à la représentation du folklore espagnol et du flamenco par les artistes.
    L’exil apparaît comme un temps où ces derniers, tout en s’appuyant sur leurs productions précédentes, développent une nouvelle approche plastique.
    Cette section met ainsi en lumière la manière dont la culture et la danse ibérique sont assimilées et initient de nouveaux sujets, en particulier celui de femmes espagnoles affublées de mantilles, éventails, costumes et instruments de musique.
Picasso : « femme à la mantille » . 1917.
Francis Picabia : « Séville ». 1927.
Natalia Gontcharova : « Espagnole à l’éventail ».
Picabia : « Espagnole à la mantille ».
Picabia : « Espagnole ». 1922.
Man Ray : « Seguidilla » (danse traditionnelle espagnole)
Transfert sur plexiglas.
Marius de Zayas / « La Argentinita » (extrait) 1938.
Extraits du film « Entr’acte » ….
… Scénario de Picabia sur une musique d’E.Satie.

L’EXPOSITION « PICABIA MÉDITERRANÉE »
est proposée par le Musée d’Art Moderne de Céret (66)

jusqu’au 29 Novembre.

… ET NE MANQUEZ PAS DE VISITER LE CABINET GRAPHIQUE OÙ LE MAM PROPOSE UNE EXPOSITION SUR LE THÈME DE « LA DANSE », VU PAR PLUSIEURS ARTISTES.

LA COOPÉRATIVE-MUSÉE CÉRÈS FRANCO

À Montolieu dans l’Aude vient de ré-ouvrir « La Coopérative-Musée Cérès Franco ».
Installé depuis 2015 dans l’ancienne coopérative viticole du village, le musée a bénéficié d’une ré-invention remarquable menée par le cabinet d’architectes « Passelac & Roques », sous la maîtrise d’ouvrage de la Région Occitanie.
Plus qu’une rénovation, c’est une vraie création architecturale qui respecte et valorise le passé industriel du bâtiment, comme l’attestent ces trois cuves qui ont été conservées et sont devenues trois écrins d’exposition :

Romain Passelac et Lucas Jalbert, architectes du cabinet « Passelac et Roques »
nous ont fait partager leur passion pour ce lieu :

Lucas Jalbert et Romain Passelac


La Coopérative-musée Cérès Franco abrite l’incroyable collection d’oeuvres d’art de Cérès Franco : art naïf brésilien et européen, (Waldomiro de Deus, Elie Heil…) art populaire sud-américain, art brut, autodidactes, singuliers, outsiders, (Jaber, Caroline Mac Donald, Jean-Louis Bilweis…) artistes du mouvement CoBrA (voir « L’art d’être Curieux du 23/11/2021) et de la nouvelle figuration, (Corneille, Macréau, Chaïbia…).

Mais… Qui est donc Cérès Franco ?

Portrait de Cérès Franco par A.Baratta. 1965
(c) Archives Coopérative-musée Cérès Franco.

Née au Brésil en mai 1926, Cérès Franco suit des études d’histoire de l’art à l’université Columbia et à la « New School » de New-York.
En 1951, elle s’installe à Paris et devient critique d’art. Passionnée, elle acquiert de nombreuses œuvres et crée ainsi une collection inestimable de près de 2000 œuvres.
En 1963, elle organise sa première exposition de peinture à Paris pour faire découvrir des artistes qu’elle soutient. Elle leur avait passé commande d’oeuvres sur le format imposé rond, en opposition au format ovale, utilisé à une époque pour réaliser les portraits des bourgeois ! Elle intitulera cette exposition : « L’oeil de Boeuf ».
Plus tard elle ouvrira sa propre galerie qu’elle appellera… L’Oeil de Boeuf 🙂

En 1994, elle acquiert deux maisons à Lagrasse dans l’Aude – à quelques kilomètres de Montolieu – où elle installe sa collection qu’elle ouvre au public.
Elle décèdera en 2021 à Toulouse . Avant son décès, Cérès Franco fait don de sa collection au département de l’Aude. La municipalité de Carcassonne ayant refusé le don, un mécène achète l’ancienne cave coopérative de Montolieu, et ainsi l’intégralité de la collection de Cérès Franco est préservée à la « Coopérative-musée Cérès Franco ».

Pour sa réouverture, le musée propose une exposition hommage à Cérès Franco et aux 100 ans de sa naissance, réunissant près de 200 œuvres et 100 artistes, intitulée : « Les aventuriers de l’oeil de bœuf ».  
Cette première exposition est présentée en même temps qu’une exposition autour des poèmes de Chaïbia, Corneille (membre fondateur du groupe Cobra) et Cérès Franco et les deux expos sont accompagnées d’une programmation culturelle riche (conférences, ateliers, visites…).
Le musée entend ainsi rayonner en France et à l’international, tout en restant fidèle à l’esprit d’ouverture, de partage et d’innovation de Cérès Franco.

Salle de l’exposition « Les aventuriers de l’Oeil de boeuf » …
… On aperçoit au fond les trois cuves…
« Les aventuriers de l’oeil de boeuf »
Détail

Albert Féraud, sans titre, 1972 circa, collection La Coopérative-Musée Cérès Franco, ©Alain MachelCollection Ceres Franco.
Niki de St Phalle « Tir au soulier » 1961.
(c) Niki Charitable Art Foundation.
Benjamin Silva, sans titre, 1972, collection La Coopérative-Musée Cérès Franco © Alain Machelidon.
Collection Ceres Franco.
Alejandro Marcos, sans titre, 1965, collection La Coopérative-Musée Cérès Franco, © Alain Machelidon Collection Ceres Franco.

« Histoire de l’oeil de boeuf » par Jack Vanarsky
(« The oil of beef » Circa 1962. (c) Coopérative-musée Cérès Franco) :

Sympathique et enthousiaste, le Directeur de la Coopérative-musée Cérès Franco
a bien voulu se raconter un peu pour l’Art d’être Curieux….

Maximilien FORTIER

Coopérative-musée Cérès Franco
5 route d’Alzonne
11170 MONTOLIEU

DERRIÈRE « LE » PHOTOGRAPHE DE GUERRE AUX IMAGES LÉGENDAIRES, IL Y A UN HOMME ET DEUX HISTOIRES…

Les troupes américaines prennent d’assaut la plage d’Omaha Beach lors du Débarquement, Normandie, France, 6 juin 1944
crédit : robert capa/international center of photography/magnum photos

Le musée de la Libération de Paris / musée du Général Leclerc / musée Jean Moulin – propose, avec la collaboration exceptionnelle de l’agence « Magnum Photos », une relecture contextualisée de l’œuvre de Robert CAPA.
Plus de soixante tirages de presse d’époque sont présentés aux côtés de magazines, ouvrages, documents et objets personnels. Ensemble, ces cent soixante pièces retracent ainsi le parcours d’un jeune immigré hongrois devenu une icône de la photographie moderne.
En présentant l’œuvre de Robert Capa, l’exposition offre un regard historique sur une réalité toujours actuelle : celle du risque à prendre pour rendre compte de la guerre.
(Commissaire de l’exposition: Sylvie Zaidman, historienne, conservatrice générale du patrimoine, directrice du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin. 
Co-commissaire : Michel Lefebvre, journaliste et collectionneur de photographies.)

Le personnage « Robert Capa », photographe qui invente le photo-reportage de guerre est la seconde histoire de l’homme (1936-1954) qui – durant 18 ans – sera sur tous les fronts de guerre ou de conflits. Une histoire qui commence le 17 juillet 1936 avec la guerre civile en Espagne et qui se termine le 25 mai  1954 avec la guerre du Vietnam où il meurt en sautant sur une mine (Robert Capa sera le premier d’une longue série de reporters photographe à mourir au Vietnam). 

L’équipe des photographes de « Life » posant avant le débarquement, Londres juin 44.
Robert Capa : 4e en haut à droite.

  • 1913 – 1936 : LA PREMIERE HISTOIRE
    Endre Ernô Friedmann est né le 22 octobre 1913 à Budapest en Hongrie dans une famille juive de tailleurs pour dames. 
    En Hongrie, comme bon nombre de jeunes de sa génération, il fréquente les milieux progressistes opposés au nouveau régime autoritaire et, comme bon nombre de jeunes, il va connaître l’exil.

Sa famille l’envoie à Berlin en 1931 suivre des études de journalisme, qu’il abandonne rapidement car il a l’occasion de réaliser ses premiers reportages photographiques. 
Embauché par Simon Guttmann, directeur de l’agence photographique Dephot à Berlin, Endre Friedmann prend, à Copenhague, en novembre 1932, ses premières photographies publiées dans la presse. Muni de son appareil Leica, il réussit à s’approcher de Léon Trotsky lors d’un meeting. Malgré la mauvaise lumière, il parvient à réaliser quelques clichés et plusieurs d’entre eux paraissent dans le « Welt Spiegel ». 

Leica II Mod.D ayant appartenu à Robert Capa – 1932
Le discours de Trotsky  à Copenhague  27 novembre 1932

L’arrivée d’Hitler au pouvoir et l’antisémitisme ambiant l’incitent à partir à Paris où il va faire des rencontres marquantes et c’est là que va naître la seconde histoire avec un nouveau nom.
Quand il rejoint Paris, Endre Friedmann veut toujours être journaliste mais, c’est la vente de ses photographies qui va lui permettre de survivre.


Photo de Kati Horna: portrait d’Endre Ernô Friedmann (Robert Capa) 1933
  • 1936 –1939 : LA SECONDE HISTOIRE  – La naissance de la légende « Robert Capa » 

C’est en 1934, à Paris, qu’Endre Friedmann rencontre Gerta Pohorylle (1er août 1910 – 26 juillet 1937) dite Gerda Taro qui devient son assistante personnelle. Ils tombent amoureux mais elle refuse le mariage qu’il lui propose. Gerta Pohorylle va travailler chez « Alliance Photo » comme rédactrice photo.
Elle apprend à prendre des photos car c’était le seul moyen de légaliser sa situation : en effet, les autorités françaises accordaient, à l’époque, un permis de séjour aux photo-journalistes, ce qui lui permettrait de travailler. 

La légende attribue à Gerta Pohorylle l’idée d’inventer le personnage d’un photographe américain, «Robert Capa», et son agent «Gerda Taro», pour mieux vendre les photographies d’Endre Friedmann.
L’idée est bonne : le nom, simple et sans origine déterminée, se marie à un style particulier, « pris sur le vif », développé par Capa. 

Mais, ce n’est pas qu’un changement de nom, c’est un nouveau personnage qu’inventent alors les deux jeunes gens. Petit à petit, Robert Capa incarnera une personnalité originale qui s’imposera à tous.
Le subterfuge fonctionne. Ils sont engagés par l’Agence « Alliance Photo » à fournir trois reportages par semaine. Ils prennent tous deux des photos d’actualités qu’ils vendent comme étant l’œuvre du photographe «inexistant» Robert Capa. 
Gerda Taro et Robert Capa vont ainsi travailler ensemble pour faire des photos du Front Populaire en France en 1936 et rejoindre, la même année, la guerre civile espagnole.

Manifestation Front Populaire Paris -1936
Employé.es des Galeries Lafayette en grève – 1936

  • 1936 – 1939 : LE PHOTOGRAPHE DE GUERRE 

Gerda Taro va mourir le 26 juillet 1937 écrasée par un char. C’est la première femme journaliste de guerre qui va mourir sur le front.


Robert Capa : Gerda Taro se cachant derrière un républicain pendant le guerre civile espagnole 1936.

« Endre Freidmann a définitivement laissé la place à Robert Capa. Les évènements vont propulser sa carrière. Après la mort de sa compagne, Robert Capa se réinvente en un remarquable photographe de guerre. Il développe le métier, soucieux de produire des clichés diffusables par la presse, ainsi que le montrent les tirages et les magazines présentés dans l’exposition.

Si la mort de sa compagne est un véritable bouleversement c’est, paradoxalement, ce qui va le déterminer à poursuivre son travail de photographe de guerre et d’affiner le style qu’il a inventé : celui du photographe de guerre, l’œil rivé à l’objectif, le scoop toujours à l’esprit.
Témoin engagé, son regard va marquer durablement l’histoire du photojournalisme et façonner la figure nouvelle du photographe de guerre. » Extraits du Dossier de presse.


Robert Capa – Mort d’un soldat républicain sur le front de Cordoue, Espagne, début septembre 1936.

Death in the making ( Mort en préparation) , première édition – Robert Capa 1938 
Robert Capa : Cérémonie d’adieu pour les volontaires des Brigades internationales à Les Masies, près de Barcelone, Espagne, 25 octobre 1936.

John Fernhout : Robert Capa lors du tournage du documentaire Les 400 Millions de Joris Ivens, Chine 1938.
  • 1939 – 1945 : AU CŒUR DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE 

Willy Ronis :Robert Capa, Megève, France – 7 avril 1939.

Robert Capa : Camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées Orientales)
mars 1939.

L’exilé, sans le sou et riche d’enthousiasme, est devenu célèbre. Il a réussi professionnellement, mais sa vie privée est affectée par la mort de Gerda Taro. La déclaration de guerre le remet sur les chemins de l’exil, ses amis sont dispersés, son atelier parisien est fermé. «Je n’avais plus aucune raison de sortir de mon lit » écrit-il.
En 1940, il part pour New-York où vivent sa mère et son frère, mais les Etats-Unis ne sont qu’une étape. Comme il rencontre des difficultés à acquérir un statut,  il contracte un mariage blanc.

Il obtient du magazine « Life » des commandes de reportages en attendant le moment de retourner sur le terrain, porté par son engagement antifasciste. 
En 1941, il met fin à son contrat avec le magazine et part pour Londres où il travaille pour plusieurs journaux. Il photographie pour le « Saturday Evening Post » et pour « Illustrated ». Il fait aussi des images pour un ouvrage de Diana Forbes-Robertson.

Robert Capa : Un abri antiaérien, Londres, Angleterre, juin-juillet 1941.

En 1942, il revient aux Etats-Unis pour obtenir une accréditation en tant que correspondant de l’armée américaine. Cela lui permet, en 1943, de se rendre en Afrique du Nord, pour se joindre au débarquement en Sicile et remonter avec les troupes alliées jusqu’à Anzio, près de Rome. Il travaille à nouveaux pour le magazine « Life ».

Robert Capa lors de la libération de l’Italie par les Alliés,Naples, Italie – 1943.

« Des photographies de combats, de soldats, de blessés, de femmes éplorées jalonnent son parcours. Mais ce qu’il attend, c’est le débarquement en France et la libération de Paris, sa ville de cœur.
Il y assiste enfin, ce qu’il ressent comme un couronnement de sa carrière de photographe. »
Extrait Dossier de presse.

Libéré, le pays connaît un climat de vindicte populaire. A Chartres, Robert Capa photographie des tondues, dont une jeune mère accusée de collaboration, entourée de femmes souriantes. Selon les époques et les sensibilités, cette image a symbolisé un juste châtiment ou une humiliation genrée. 

Robert Capa : Une femme accusée de collaboration avec l’ennemi est raccompagnée chez elle après avoir été  tondue, Chartres, France, 16 août 1946.
Robert Capa : Les généraux Chaban-Delmas et Leclerc lors de la libération de Paris, France, 25 août 1944
Robert Capa : Membres de la Résistance accroupis derrière une Jeep lors de la libération de Paris, 25 août 1944 – Archives Magnum Photos.
Robert Capa : L’homme au fusil
Robert Capa : Foule de parisiens se mettant à l’abri lors d’une fusillade sur la place de l’Hôtel de Ville, Paris, France, 26 août 1944.
Robert Capa : Enfant sur un char pendant le discours de De Gaulle.
Le débarquement.
  • 1948 – 1954 : PHOTOGRAPHE DE GUERRE  

«  Quel que soit son désir de tenir la guerre à distance, Robert Capa est rattrapé par les conflits.
Ses moments aux courses, aux sports d’hiver, et ses périodes de photographies de plateau sont ponctués de voyages en Israël, entre 1948 et 1950. En tant que juif témoin de l’antisémitisme, il n’est pas insensible à la création de l’Etat d’Israël. Il y est blessé en juin 1948. »
Extrait Dossier de presse.

Robert Capa : L’Altalena en feu dans le port de Tel-Aviv, Israël, 1948 .
Robert Capa : Des membres des forces gouvernementales israéliennes (la Haganah, dans un bâtiment entourant la vieille ville de Jérusalem, tenue par les Arabes), Israël, 9 juin 1948.
  • LA DERNIÈRE PHOTOGRAPHIE

En mai 1954 – il a 41 ans – il part photographier la guerre d’Indochine, guerre de décolonisation opposant le corps expéditionnaire français au Viêt-minh. C’est la guerre de trop pour Robert Capa. 
À la demande du magazine « Life », il accepte de remplacer le photoreporter chargé de couvrir la guerre d’Indochine auprès de l’armée française, bien que cette proposition ne corresponde pas à ses convictions politiques.
Avec ses appareils, dont l’un est doté d’une pellicule couleur, Capa réalise des images des populations, des soldats, des atrocités. Les français viennent de perdre Diên Biên Phu.
Le 25 mai, aux alentours de Thài Binh, il avance dans un champs, en arrière des soldats, lorsqu’il marche sur une mine.

Robert Capa : Sur la route de Nam Dinh à Thài Binh, Indochine , Vietnam, 25 mai 1954.
La dernière photographie de Robert Capa dans l’exposition.

Le « style Capa », cette manière directe et immersive de photographier la guerre,
a profondément influencé la profession, toujours exposée aux dangers du terrain.
En 2024, selon « Reporters sans Frontières », cinquante-quatre journalistes

ont encore perdu la vie dans l’exercice de leur mission, pour la plupart dans des zones de conflit.

Musée de la Libération de Paris :
4 Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris

MYTHES ET LÉGENDES D’UNE CRÉATURE MYSTÉRIEUSE

LICORNES !

Même si vous pensez tout savoir sur la licorne, l’exposition au musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge à Paris (en coproduction avec GrandPalaisRmn et le musée Barberini de Potsdam, en Allemagne), « LICORNES ! » peut encore vous surprendre avec une centaine d’œuvres et d’objets d’art fabuleux qui retracent l’histoire de la représentation des licornes, de 2000 avant J.-C. jusqu’à aujourd’hui.

Musée de Cluny (Paris) Salle des Thermes.

Omniprésente dans la culture populaire contemporaine, la licorne a traversé les siècles et les continents. Être hybride à la fois symbolique, littéraire, religieux et même scientifique cet animal fantastique reste encore plein de mystères ! 
Connue depuis l’Antiquité, il faut attendre la période moderne pour que son existence soit remise en cause sans pour autant disparaître de l’imaginaire collectif. 

Quels sont les secrets de la licorne ?
Elles sont partout ! Parées des couleurs de l’arc-en-ciel ou rose flashy, les licornes se sont imposées dans notre quotidien, aussi bien au rayon enfants des grandes surfaces que sur les banderoles des militant.e.s LGBTQIA+.
Mais la connaissons-nous vraiment ? 

Au Musée de Cluny, La licorne est décryptée tout au long d’un parcours de visite composé de
9 sections thématiques qui déclinent les multiples aspects de la licorne.

Les multiples facettes des licornes.
  • Le Monocéros :

« La licorne mentionnée dans les textes depuis l’Antiquité, en Asie, au Proche et au Moyen-Orient revêt de nombreuses significations symboliques. Universelle, elle est réputée avoir des pouvoirs extraordinaires. 
L’origine du mythe de la Licorne (ou de l’unicorne selon les mythes) est ancienne et encore sujette à débats. De par ses caractéristiques, on a parfois pu la décrire comme une variante de l’antilope ou du rhinocéros. Les premières descriptions d’un animal semblable remontent à la Grèce antique, sous la plume du médecin Ctésias, qui officiait dans la cour impériale perse. Sans en avoir rencontré, il décrivait un animal des plaines de l’Inde appelé monokeros, une forme d’âne à la tête surmontée d’une grande corne dont la description faite des siècles plus tard par Pline l’Ancien s’approche de celle du rhinocéros (le nom scientifique du rhinocéros indien étant d’ailleurs Rhinoceros Unicornis). »
(Extraits du Dossier de Presse)
La licorne asiatique apparaît d’abord en Chine, puis est présente au Japon, où elle porte le nom de Kirin. Selon la croyance, c’est une créature pacifique qui regarde vers le ciel, pour guetter la venue d’un dirigeant sage. 

Le Monoceros – Merveilleuse licorne
Le Monocerote – Historia animallum – Conrad Gessner. 1551
Netsuké : Kirin assis (licorne assise) Epoque Edo (1603-1868)

Licorne voyageuse :

« Dès l’Antiquité, des voyageurs disaient avoir vu des licornes en Inde ou au Moyen-Orient. Peut-être ont-ils observé des  œuvres comme cet étendard ou enseigne aux deux bouquetins, qui, de profil, paraissent n’avoir qu’une seule corne.» Extrait du Dossier de Presse.
C’est au XVIIe siècle que la plupart des scientifiques admettent que la licorne terrestre n’existe pas, et que la « corne de licorne » est en fait une dent d’un mammifère marin vivant à proximité du Groenland, le narval. 

Etendard aux deux bouquetins – Bronze – 100 à 800 av. J.C.       Iran- Paris Musée du Louvre –
Licorne enseigne d’apothicaire
Salle avec l’Enseigne de pharmacie, tête de licorne – Avant 1720 – Dent de Narval, bois sculpté et doré.

Licorne amoureuse :
Depuis le Physio logos, bestiaire grec du IIe siècle de notre ère, il est dit qu’il n’est pas possible de capturer une licorne, sauf si une jeune fille vierge l’attire à elle. De là découle l’image de la licorne assoupie sur les genoux d’une femme et la thématique de la littérature courtoise dans laquelle la licorne incarne l’amoureux, attiré par la beauté de sa dame, blessé par son refus ou comblé par ses caresses.

Jeune fille et licorne – Giovanni delle Robbia (1469-1529)
terre cuite vers 1510
Femme à la licorne – Stalle du chœur de la chapelle Fugger d’Augsbourg (Allemagne) –
Hans Daucher et l’atelier (1486-1538)

Licorne merveilleuse :
En raison des vertus thérapeutiques de la « corne de licorne » et des légendes entourant la licorne depuis le Moyen Âge, la dent de narval est devenue un objet de collection dès le XIIIe siècle : elle est admirée dans des trésors d’église et recherchée par les princes et les rois, qui aiment la posséder, pour témoigner de leur puissance ou profiter de ses propriétés purificatrices. Dans les cabinets de curiosités des XVIe-XVIIIe siècles, les récipients en dent de narval côtoient de spectaculaires pièces d’orfèvrerie ou des coupes à boire en forme de licorne. Parfois même, c’est une défense d’éléphant qui est réinterprétée comme une corne de licorne précieuse.

 
Ci-dessous: la Qilin a la tête relevée et semble se tourner vers le spectateur. Elle est paisible car elle incarne la bonne fortune et la fécondité. Selon la tradition, une qilin est apparue à la mère de Confucius avant sa naissance :

Tibet – Gazelle unicorne – XVIII°- bronze doré – (Bouddha aurait prêché dans le parc aux gazelles à Bénarès.)
La Qilin, Licorne couchée –  dynastie Ming (1368-1644) –               Chine – Bois, Bronze – 
Chope à couvercle et figures de licornes et d’Inuits – Jakob Jensen Nordman (après 1656) et Défense d’éléphant
Aquamanile en forme de licorne – Bronze XIV°.
(récipient contenant de l’eau pour se laver les mains)

Licorne symbolique :
Symbole de pureté, la licorne représente aussi des qualités comme la rapidité, la valeur, mais elle peut également être une image de l’orgueil. Elle a pris place dans les armoiries de familles nobles en France, dans l’Empire germanique, ou dans celles des rois d’Écosse au XVe siècle. Les humanistes de la Renaissance ont exploité les multiples résonances de la licorne, par exemple dans la série de gravures de Jean Duvet ou dans les livres d’emblèmes.

Licorne tenant l’Ecu de Robert de Croÿ – Graduel (livre contenant les chants exécutes pendant la messe) Enluminure sur parchemin – 1540 – Marc Lescuyer (peintre)
 Conversation amoureuse Roman de la Dame à la licorne
et du beau chevalier (milieu du XIV°)
Le corps de Saint Etienne exposé aux animaux sauvages – Cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre –
Tapisserie Paris, Gauthier de Campes ? (1468-apr. 1530, peintre – Guillaume de Rasse, lissier .
Une chasse à la licorne par un roi et sa cour au XVI°-
Jean Duvet, orfèvre et graveur vers 1560

Licorne symbolique et emblématique : L’exemple de l’Ecosse. 
La présence de la licorne en Écosse remonte au Moyen Âge, et plus précisément au règne de Guillaume Ier d’Écosse au XIIᵉ siècle. Ce dernier aurait utilisé cet animal mythique sur ses armoiries personnelles. Mais c’est à partir du XVᵉ siècle, sous le règne de Jacques III, que la licorne devient véritablement emblématique. Elle figure alors sur les pièces de monnaie royales et devient un symbole récurrent des armoiries du royaume d’Écosse. À cette époque, la licorne est considérée comme une créature noble, forte et indomptable. Si vous observez les armoiries du Royaume-Uni, vous remarquerez un détail troublant : la licorne écossaise y est enchaînée, contrairement au lion anglais qui est libre. Ce n’est pas un hasard. Cette représentation est apparue après l’union des couronnes en 1603, lorsque Jacques VI d’Écosse devient aussi Jacques Ier d’Angleterre. En fusionnant les deux royaumes, on décide de réunir leurs symboles : le lion pour l’Angleterre, la licorne pour l’Écosse. Mais alors pourquoi enchaîner la licorne ? La réponse est avant tout symbolique : dans la mythologie médiévale, la licorne est si puissante et indomptable qu’elle doit être retenue par des chaînes pour ne pas devenir incontrôlable.
Cette chaîne exprime à la fois la force de la licorne et la volonté de l’État britannique d’unifier les royaumes sous une même autorité.
Ainsi, les armoiries deviennent le reflet politique de cette union, où la majesté du lion cohabite avec la fougue bridée de la licorne.

Les armoiries de l’Écosse.

Licorne inspirante:
La présentation de La Dame à la licorne au musée de Cluny en 1883 et la vogue de l’esthétique médiévale au XIXe siècle signent le retour de la licorne dans la création artistique depuis la fin du XIXe siècle. La grâce de la licorne, associée à des figures féminines inspire les artistes symbolistes. 
Cette magnifique tapisserie composée de 6 tentures est visible au musée de Cluny à Paris.

La salle de « La Dame à la licorne ».
« L’entendement »

La Relecture et la Réinterprètation de l’image de la licorne  XIX°, XX° et XXI° siècle :

Femme et licorne huile sur toile vers 1885-1898 – Gustave Moreau (1826-1898)

Gustave Moreau a été un visiteur assidu du musée de Cluny et la licorne a fait partie de son univers, surtout à partir de l’accrochage de la tenture de la Dame à la licorne dans les salles du musée en 1883.
Il réinterprète le couple de la femme et de la licorne avec mystère et sensualité.

De nos jours, la licorne reste une figure particulièrement inspirante. Les réinterprétations se sont multipliées, certaines sont étranges, oniriques ou minimalistes, colorées ou monochromes. Les femmes artistes sont nombreuses à revisiter l’image de la licorne, de façon personnelle et militante.
Au XXIe siècle, la licorne revêt de nouvelles significations : elle est le symbole des minorités sexuelles ou d’une nature menacée par la surexploitation des ressources naturelles. 
L’exposition présente ainsi :

  • Deux portraits de licornes, une licorne blanche et une licorne noire (teinte vedette des décennies 1980 à 2000)de Marie Cécile Thijs – Licornes de la série « Chevaux » 2012 – Impression sur papier baryté inspirée d’un tableau de l’artiste anversois Maerten de Vos :
  • Une Licorne de Niki de Saint Phalle 
    Quelle licorne extraordinaire ! Une licorne noire avec une corne dorée qui porte un manteau bleu à motifs rouges. Sa cavalière est bien petite. Elle ressemble à une écuyère de cirque en équilibre instable. Pour Niki de Saint Phalle, l’échange entre la licorne et la femme est très joyeux.  
    Cette œuvre fait partie de la série des fameuses « Nana » :
Niki de Saint Phalle (1930_2002) La Licorne – Polyester, polyuréthane, métal, peinture, vernie, vers 1994.
  • La tapisserie de Suzanne Husky 
    Réinterprétation de l’une des paisibles tapisserie de La Dame à la licorne. Les arbres qui encadraient les personnages principaux sont ici tronçonnés par un énorme engin de chantier. L’habitat de la licorne est chamboulé par la surexploitation des ressources naturelles de la terre, au bénéfice à court terme d’une humanité inconsciente de la beauté fragile du vivant :
Suzanne Husky (1975-) La noble pastorale – Tapisserie, coton, laine, fibres synthétiques – 2017. 
  • Le tableau de Julien des Monstiers 
    Julien des Monstiers réinterprète une peinture de 1572, un « portrait » de licorne créé par le peintre anversois Maerten de Vos pour les ducs de Meckdenburg.
    La licorne peut-elle survivre dans le monde contemporain qui ne fonctionne que grâce aux énergies fossiles où à la technologie nucléaire ?
Julien des Monstiers (1983-) Le Réel , huile sur toile – 2021.
  • La performance de Rebecca Horn (1944-2024)
    Rebecca Horn transforme une étudiante en licorne, en créant ce dispositif qui s’apparente à des bandages que la jeune femme portait, à travers champs et forêts, lors d’une performance :
Rebecca Horn (1944-2024) Unicorn –
Bois, lin, métal vers 1970-1972

Musée de Cluny :
28 rue du Sommerard 75005 PARIS

JEU DE MÉMOIRE : le 1er mai…

Ré-interprétée, vidée de sens, instrumentalisée… La journée du 1er Mai est devenue une fête « traditionnelle » , sans que l’on ne sache plus vraiment d’où vient ce jour férié…

Ce très bon documentaire d’Arte retrace l’historique de cette journée,
fête des travailleuses et des travailleurs.

Il dure 27 minutes, et comme vous êtes en congé, prenez le temps de le regarder 🙂

Au hasard des rues ensoleillées d’un village catalan, une belle surprise , en forme d’hommage :
« La Boutifanfare »

BON WEEK-END À TOUTES ET TOUS !

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COUP DE COEUR À LODÈVE

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Vue de Lodève.

LODÈVE

Au sortir du tunnel de l’Escalette, sur l’autoroute A75, Lodève est nichée entre le Larzac et le lac du Salagou, au confluent de deux rivières.
Ancienne cité épiscopale et grand centre textile, labellisée “Ville et Pays d’art et d’histoire”, vous prendrez plaisir à découvrir son patrimoine architectural et culturel exceptionnel : la cathédrale St Fulcran, l’Apothicairerie de l’hôpital St Jean, la Manufacture Nationale de la Savonnerie et, bien sûr, le Musée…

Un grand coup de coeur pour l’exposition exceptionnelle que nous offre le musée de Lodève jusqu’au 30 Août !….

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Rassemblant plus d’une centaine d’œuvres réalisées entre les années 1990 et 2000, l’exposition invite à découvrir l’art des Aborigènes d’Australie à travers un parcours mêlant peintures et sculptures. Cette culture immémoriale nous enseigne qu’une autre relation au territoire et à la Terre est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec celle-ci.
L’art aborigène est bien plus qu’une tradition picturale. Il s’agit d’un système de connaissance, d’une structure de croyances et d’un modèle de vie qui ont guidé les communautés depuis 65 000 ans.
Dans les cultures aborigènes, l’art, le récit, la loi et la survie sont indissociables.
La peinture, la cérémonie et le chant constituent des modes de pensée, des formes de transmission du savoir, de renouvellement des relations et de préservation de la vie.





Grâce à une sélection d’œuvres provenant de différentes régions, cette exposition rappelle que le continent aujourd’hui nommé Australie n’a jamais constitué un pays unique.
Avant la colonisation, il se composait d’environ 250 communautés distinctes, chacune dotée de ses propres langues, lois, traditions et histoires. Ces différences se reflètent dans la grande diversité régionale de l’art aborigène, des œuvres abstraites et vibrantes des déserts occidentaux et centraux aux traditions anciennes de peinture sur écorce de l’Arnhem Land.

Dans la première salle, au sol…
… Et au plafond.


Pour faciliter la compréhension de cette vision du monde complexe, l’exposition est organisée autour de trois thèmes profondément imbriqués :

  • COUNTRY (pays, territoire, Terre mère) se trouve au cœur de la vie culturelle aborigène.
    Il ne s’agit pas d’une propriété, mais d’une entité vivante à laquelle les individus appartiennent et dont ils prennent soin.
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Détail
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Détail
  • CREATION renvoie aux récits fondateurs – appelés Tjukurrpa en Australie centrale et Wangarr en Arnhem Land – qui décrivent comment les êtres ancestraux ont façonné la terre, établi les lois de l’existence et laissé leur présence dans le monde naturel.
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2009. 38 gravures sur papier.
Centre d’art Papunya Tula Artists – collectif d’artistes aborigènes.

  • CEREMONY évoque la danse, le chant, la peinture corporelle et la performance rituelle qui maintiennent le bien-être de Country et assurent la transmission de la mémoire culturelle.
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….
Détails….

Pour terminer ce parcours, vous pourrez vous installer dans une alcôve sonorisée pour écouter des récits aborigènes en admirant des oeuvres disposées autour :

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Ils et elles sont toujours présent.e.s dans les musées, déambulant calmement dans les salles, observant visiteurs et oeuvres d’art, à l’image de Chérif TABTEN , responsable de la sécurité incendie au musée de Lodève :

interview Chérif TABTEN
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Chérif TABTEN
Chef Sécurité incendie au musée de Lodève.

Le musée de Lodève est situé
Square Georges Auric
34700 LODÈVE
(grand parking gratuit à proximité)
Horaires : 10h30-13h et 14h-18h

Fermé les lundis et le 1e Mai

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VIVRE ET FAIRE VIVRE DES MONDES

Au musée du Luxembourg à Paris, l’exposition « Leonora Carrington » co-organisée par le GrandPalaisRmn et MondoMostre est, en France, la première exposition d’envergure consacrée uniquement à l’œuvre de l’artiste, figure culte du Mexique depuis les années 60. 

« À travers une approche chronologique et thématique cette exposition rassemble 126 œuvres d’une artiste visionnaire, profondément liée au surréalisme, mais aussi pionnière du féminisme et de l’écologie qui a transformé ses épreuves personnelles — de la migration à l’internement psychiatrique — en façonnant une vision unique de l’art et du monde. » (Extrait du dossier de presse)


Portrait de Leonora Carrington (entrée de l’exposition)
Photo : Lee Miller

Née au Royaume-Uni en 1917, d’un père industriel anglais et d’une mère irlandaise et décédée en 2011 à l’hôpital anglais de Mexico, Leonora Carrington est élevée dans une atmosphère victorienne. 
Dans des œuvres foisonnantes de métamorphoses et de références ésotériques et mythologiques, Leonora Carrington – qui se décrivait elle-même comme un « animal-humain-femelle » – nous montre une harmonie fondée sur la fusion alchimique de l’humain et de l’animal, du masculin et du féminin. C’est ce monde fabuleux (et un peu inquiétant), où les demi-dieux, les saints, les animaux et les monstres cohabitent, que l’exposition nous invite à explorer.
Tere Arcq et Carlos Martin, deux historiens de l’art, commissaires de l’exposition, racontent que Leonora Carrington a mené « une vie en décalage avec son époque : exilée, mère, survivante de la violence et des abus de la psychiatrie. Une vie dans laquelle le voyage, qu’il soit réel ou symbolique, occupe une place centrale. Les vrais voyages, physiques, et ceux de l’esprit par la recherche de nouvelles voies de connaissance« . 


Leonora Carrington enfant (1921)

Portrait de Leonora  Carrington
Kati-Horna – photographe -1947 

Leonora chez elle à Mexico


 Photogramme extrait de la vidéo : Daniel Aguilar – L’Artiste britannique Leonora Carrington parle lors d’un entretien avec Reuters 11 novembre 2000 – Bridgeman image.

Les œuvres de Leonora Carrington sont particulièrement complexes et pour mieux les décoder, la lecture des cartouches est fortement recommandée !

Dès l’enfance elle est fascinée par la mythologie et les contes de fées irlandais que lui racontent sa mère, sa grand-mère maternelle et la nourrice irlandaise de la famille.
Dans la première salle de l’exposition un écran déroule les pages d’un carnet plein de créatures imaginaires dessinées par Leonora à l’âge de 10 ans : 

Cahier de dessin

À 16 ans, Leonora Carrington part en Italie et découvre à Florence les maîtres de la Renaissance qui l’inspireront toute sa vie. En 1932, elle réalise une superbe série d’aquarelles, Les sœurs de la lune, présentée dans l’exposition:

Et en 1933 une peinture qui fait penser à un début de rébellion :


Chatte infernale bleue et ours démoniaque – Collection particulière

En 1935, rejetant la haute société britannique dans laquelle ses parents voudraient l’intégrer et toujours déterminée à devenir artiste peintre, elle poursuit sa formation  à Paris où elle découvre la peinture surréaliste. Elle est impressionnée par une peinture signée Max Ernst, un peintre qu’elle ne connaît pas personnellement. 
En 1937, elle se rend  à Londres où elle fait la connaissance de Max Ernst. C’est le début d’une relation amoureuse. Vingt-six ans les séparent. 
À la suite  d’une plainte du père de Leonora à l’encontre de Max Ernst pour peinture d’une œuvre pornographique, le couple s’enfuit en Cornouailles avec d’autres artistes (Lee Miller, Man Ray, Paul Éluard…).  Puis fait un retour à Paris, avant de s’installer à Saint-Martin d’Ardèche en 1938.

« Je pense qu’elle a été surréaliste toute sa vie, avant de le rencontrer et après, estime Tere Arcq. Ils avaient en commun la rébellion, le désir de trouver des alternatives au rationalisme dans un monde qui ne fonctionnait plus du tout, l’intérêt pour les savoirs anciens et mystiques, la magie, l’imaginaire, le monde des rêves ». 

Leonora et Max peuplent leur « Palais idéal » de créatures hybrides et chimériques symbolisant la métamorphose. Au cœur de l’exposition, on peut voir les portes ornées d’une armoire (prêtées par le propriétaire actuel de la maison) et une tête de licorne rouge, crinière en feu et allure diabolique, peinte directement sur le verre d’une fenêtre. 

La porte de l’armoire.
Max Ernst

Le bonheur – Saint-André d’Ardèche –
Lee Miller Photographe et amie  1939

Fenêtre Saint Martin d’Ardèche – 1938

Un bonheur qui s’arrête brutalement.

Après la déclaration de guerre en 1939, Max Ernst qui est allemand est arrêté et détenu au camps des Milles, près d’Aix-en-Provence. 
Leonora Carrington, isolée et en danger, fuit en voiture vers l’Espagne dans le but de gagner l’Amérique via Lisbonne. Arrivée à Madrid, « elle est victime d’un viol collectif par des soldats franquistes« , raconte la commissaire. « Elle a été enlevée dans le parc du Retiro et emmenée en voiture dans un palais au décor chinois que je suis encore en train de chercher », précise Carlos Martin. Dans le contexte de la guerre, les violences sexuelles sont légion et « je crois qu’elle ne s’est pas donné le droit d’y accorder de l’importance« , estime-t-il.
L’artiste n’a écrit que quelques lignes sur ce viol mais peint plusieurs œuvres qui en parlent. L’extrême violence de cette agression la déstabilise psychiquement.
À la demande de ses parents, elle est internée – sans son consentement – dans une clinique psychiatrique à Santander, au nord de l’Espagne, où elle sera soumise à des traitements violents qui provoquent des crises d’épilepsie.
Elle traverse alors une période qui va marquer profondément son travail. Ses toiles deviennent plus sombres, plus hermétiques. 

Regards…

Leonora Carrington, « La joie du patinage », 1941, huile sur toile, 45,7 x 60,9 cm, Collection Pérez Simón, courtesy Christie’s, New York. (2026 ESTATE OF LEONORA CARRINGTON / ADAGP PARIS)

« Leonora disait toujours que le vert était sa couleur. Sur le tableau « La joie du patinage » , elle se représente enveloppée d’une étole verte. Le rouge, c’était pour elle la couleur de la terre en Espagne. On voit qu’elle a été traumatisée », décrypte Tere Arcq. 

En 1941, à sa sortie d’hospitalisation, elle fait « un mariage blanc » avec un ami pour pouvoir se réfugier à New York. Sur place, elle joue un rôle important dans les activités des artistes surréalistes en exil. Plusieurs œuvres de cette période présentées dans l’exposition portent les stigmates de la guerre, de la maladie mentale et de la perte. 
Leonora Carrington revient sur ces événements traumatiques dans un texte poignant intitulé :
« En Bas ».


L.Carrington: « Paysage imaginaire » – 1955
Artistes en exil

Une autre vie au Mexique 

En 1942, Leonora Carrington part au Mexique, pays où elle passera pratiquement le reste de sa vie.  Elle se marie avec « Chiki » Weisz, un photographe hongrois avec qui elle aura deux fils. 


 Leonora et son mari « Chiki » –
Extrait de l’entretien avec Daniel Aguila – Reuters –

novembre 2000

Le foyer et la maternité deviennent deux thèmes importants dans son travail.
« Dans ce pays qui n’est pas en guerre, elle se sent libre, elle n’a plus peur, elle découvre ses couleurs, la magie quotidienne dont André Breton avait parlé avant elle, analyse la commissaire, tout cela l’a vraiment changée ».
C’est à cette période que Leonora Carrington va peindre une œuvre majeure qui va faire le lien entre les années de drames et de violences et le commencement d’une nouvelle vie, une ouverture sur un autre monde…

La commissaire Tere Arcq précise que c’est l’un des premiers tableaux qu’elle a peints au Mexique et que « le titre, Artes,110, c’était l’adresse où elle habitait« . L’artiste s’est aussi inspirée de l’ouvrage de Joseph Campbell, Le voyage du héros. « Au Mexique, elle entreprend la construction d’une nouvelle identité. On pense que c’est pour cette raison que la robe n’a pas encore de tête » ajoute l’experte. 
Elle abandonne un monde en ruines pour recommencer sa vie. » Les deux commissaires voient dans ce tableau « un manifeste« , une œuvre capitale.
« C’est un autoportrait, décrypte Carlos Martin. « Artes,110 » représente sa traversée de l’Océan Atlantique en 1942 pour aller au Mexique où elle passera le reste de sa vie. Elle peint une femme sans corps qui sort d’un pays en guerre, sur une sorte d’île, pour trouver un autre endroit où une robe l’attend. » Le commissaire relève que Leonora Carrington a toujours adoré les contes de fées et que sur ce tableau, elle se pique le doigt avec la pointe d’une aiguille, comme La Belle au Bois Dormant.
« C’est l’idée d’un moment douloureux mais en même temps, de la révélation d’une nouvelle identité qui sera très importante dans son processus artistique« . 

Un tournant dans la carrière de Leonora Carrington :


Leonora Carrington, « Las tentaciones de San Antonio » [Les Tentations de saint Antoine], 1945,
huile sur toile, 121 x 91 cm. (COLLECTION PARTICULIERE)

Leonora Carrington réalise ce tableau dans le cadre d’un concours auquel Salvador Dali, Paul Delvaux, Dorothea Tanning et Max Ernst participent également, pour intégrer une scène du film « Bel-Ami », sorti en 1947. Son ancien compagnon l’emporte mais ce grand tableau sur Saint Antoine marque néanmoins un tournant dans sa carrière. Sa peinture se transforme. Cette toile a bien failli ne pas rejoindre le Musée du Luxembourg, sa propriétaire craignant qu’elle soit vandalisée. Elle s’est heureusement ravisée en décembre et a permis que cette œuvre « très rarement vue » soit exposée, à condition d’être placée sous un verre de protection. « Je crois que c’est la seule version dans laquelle on ne voit pas le saint torturé par la tentation, analyse Carlos Martin en historien de l’art. Leonora a vu le tableau de Jérôme Bosch au musée du Prado de Madrid qui montrait également le saint en paix« .


Leonora Carrington devant son tableau « les tentations de Saint Antoine « 

L’ésotérisme  ou l’obscurité lumineuse : 

Peintre, sculptrice et auteure, Leonora Carrington avait pour livre de chevet l’ouvrage d’Édouard Schuré, Les grands initiés, consacré à l’histoire secrète des religions, une sorte de voyage dans la tradition ésotérique. Elle parsème ses tableaux de signes cabalistiques, d’écriture miroir, d’incantations magiques visibles ou invisibles. « Elle pensait ses œuvres comme des objets rituels et croyait vraiment qu’elle pouvait produire un effet avec ses tableaux« , décrypte la commissaire.

« L’échelle de Jacob.Scène occulte »

 » Demoiselles fuyez, il y a un homme dans la roseraie » -1948

Le TAROT :

Selon la commissaire Tere Arcq, Leonora Carrington a pratiqué l’art du Tarot « non dans une volonté divinatoire mais comme un moyen de se comprendre soi-même et d’exprimer ses intuitions« . Sa vie durant, elle n’a cessé d’explorer les savoirs ésotériques, les croyances oubliées, toute forme de connaissance échappant au rationalisme.


Arcane N° XIX

Le féminisme et l’écologie :

À la différence de nombreuses féministes décrivant la maison comme une prison, Eleonora Carrington considère le foyer, en particulier la cuisine, comme un territoire de création et d’expérimentation.
Un espace où les femmes peuvent retrouver leur pouvoir grâce à l’alchimie, la magie et la sorcellerie.
« Elle parlait d’un féminisme de la conscience« , poursuit Tere Arcq. Pour elle, l’homme et la femme doivent se compléter. « Elle faisait référence, explique la commissaire, au pouvoir des sociétés matriarcales dans lesquelles la femme était la soigneuse, celle qui prend soin des autres mais aussi de la nature, de la planète et de la vie spirituelle de la communauté ». Elle dira à une amie que le rôle principal des femmes consiste à exorciser le mal chez les hommes pour les détourner de la guerre et de la violence.

La cuisine aromatique :

« La cuisine de grand-mère »

Le Musée d’Art Moderne de Paris présente, du 10 avril au 2 août 2026 la plus importante rétrospective en France depuis 20 ans, consacrée à Lee Miller
Figure essentielle de l’avant-garde internationale, Lee Miller (1907–1977) fut tour à tour mannequin, artiste surréaliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine.
Longtemps reléguée au rôle d’égérie, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du XXème siècle.
De nombreux portraits de Léonora Carrington dans l’exposition du musée du Luxembourg sont signés par elle.

« LE » DALI À PERPIGNAN

« Par une chaleur accablante, Dali arrive en gare de Perpignan le 27 août 1965″. 
JACQUES BARDES / L’INDEPENDANT

Un préambule à l’exposition de 2027.

On connaît l’attachement réciproque de Salvador Dali et de la Ville de Perpignan.
En 1963, Salvador Dali ressent à la gare de Perpignan une « extase cosmogonique », et deux ans plus tard, le 27 août 1965, Salvador Dali effectue un voyage solennel… Il arrive à Perpignan en train de marchandise, habillé de son costume de “Grand amiral” et en compagnie de sa femme Gala. Un voyage qui lui permet de décréter officiellement la gare  » CENTRO DEL MUNDO » (“Centre du monde”). Les habitants de Perpignan l’accueillent triomphalement, et la force de persuasion de Dali opère …
Aujourd’hui encore, la Ville de Perpignan cultive cet engouement pour Dali : fresques commandées à des street-artistes, défilé « dalinien » en été , inscription « El Centre del mon » ( « le centre du monde » en catalan) sur le fronton de la gare sncf etc.

Entrée de la gare sncf de Perpignan.

Pour la première fois, le musée Hyacinthe Rigaud accueille une œuvre majeure de Salvador Dalí (1904–1989) dans son parcours permanent. Grâce à un prêt exceptionnel du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne de Paris, le tableau Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano (1931), sera exposé durant toute l’année 2026 dans l’ancien salon d’apparat de l’hôtel particulier de Lazerme, au cœur du musée.


Salvador Dalí (1904, Espagne – 1989, Espagne). Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano.

Huile sur toile, 114 x 146 cm. 1931 © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dali / Adagp, Paris, 2025.
Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI/Hélène Mauri/Dist. GrandPalaisRmn.

Détail de:
« Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano »
Détail de:
« Hallucination partielle. Six images de Lénine sur un piano »

Cet accrochage exceptionnel marque une étape importante dans la programmation du musée, et préfigure la grande exposition Dalí prévue pour 2027 à Perpignan. Il permet d’inscrire l’artiste catalan dans la mémoire vive du territoire, tout en initiant un dialogue entre son œuvre, le lieu, et le public.

Le musée, durant toute la période d’accrochage du tableau de Dali, organise différentes visites guidées.
Nous avons suivi une « visite flash » de 20 mn animée par Julie Vincent-Carrefour, responsable du service des publics pour le musée Hyacinthe Rigaud, extraits :

Julie Vincent-Carrefour Responsable du service des publics
au musée Hyacinthe Rigaud.

Puis Julie nous a parlé de son métier de « Responsable du Service des Publics » :

Visites flash :
Vacances de printemps : du 18 avril au 2 mai à 15h30.
Tous les jours à 15h30, du mardi au samedi (sauf le 25 avril et 1er mai)
Samedi 27 et dimanche 28 juin à 15h00
Dès 10 ans. Durée : 20 min environ. Tarif : entrée sans supplément

(D’autres visites guidées sont possibles, voir site.)

Entrée du musée Hyacinthe Rigaud.
21 rue Mailly à Perpignan

LE MUSÉE D’ART MODERNE DE CÉRET…

… Lieu mythique de l’Art.

Créé en 1950, rénové et agrandi en 1993 puis en 2022, le MAM est riche de plus de 3000 oeuvres, grâce à de nombreux dons, notamment d’artistes comme Picasso, Soutine, Braque, Juan Gris, Chagall, Dali, Miro… Parmi lesquels certains ont séjourné à Céret, dans les Pyrénées-Orientales.
La collection permanente permet de voir les oeuvres de ces artistes, parfois dans une mise en scène émouvante, comme la salle où est accroché un grand tableau de Marc Chagall en face duquel sont disposés des fauteuils dans la pénombre pour savourer la contemplation !
Le musée a ouvert ses portes à d’autres artistes contemporains comme Vialat, Bioules, Loste, Tapies… Et le « Cabinet graphique » – petite salle d’exposition – propose régulièrement des expositions plus intimistes, comme nous allons le voir avec l’exposition « La guerre et la Paix ».
Deux ou trois fois par an, le MAM présente une exposition temporaire et les animations, colloques, concerts… Invitent les visiteurs à des moments de réflexion, de contemplation et de plaisir.
Actuellement « Mimosa », du duo « Hippolyte-Hentgen ».

Marc Chagall : « Les gens du voyage » 1968.(c) Adagp.Paris 2022. Dépot du MNAM/CCI de Paris

En 2023, le Musée d’Art Moderne de Céret accueille son nouveau directeur :
Jean-Roch DUMONT SAINT PRIEST, alors âgé de 28 ans.
Le 27 février 2026, il reçoit l’insigne de Chevalier des Arts et Lettres.
Avec beaucoup de spontanéité, il a bien voulu nous faire partager ses passions :

Jean-Roch Dumont Saint Priest
Directeur et conservateur du MAM de Céret.
  • « LA GUERRE ET LA PAIX » AU CABINET GRAPHIQUE :
Jean Baptiste ADAT.
Série « guerre d’Irak » Papier journal sur grille d’acier.

Don de l’artiste.
Détail
Ben : « Marianne en deuil pour non respect des droits des peuples »
Réalisée pour le concours « une Marianne pour la Ville de Céret »
1989
Édouard Pignon : « Bataille noire. Bataille aux trois chevaux » 1964.
Peter Saul : « Rights of the individuals » 1989.
Patrick Loste et Élias Sanbar:
« la femme, l’arbre, le cavalier et l’eau bleue »

Livre d’artiste. 2024.
Patrick Loste. Détail du livre.
  • L’EXPOSITION « MIMOSA » : UN BOUQUET DE CONFETTIS !

Poursuivant notre discussion, Jean-Roch Dumont Saint Priest nous parle de « Mimosa » :

Jean-Roch Dumont Saint Priest.

Jusqu’au 31 mai, le musée présente une très belle exposition consacrée à « Hippolyte Hentgen », duo né de la collaboration – depuis 18 ans – de Gaëlle Hippolyte (née en 1977 à Perpignan) et Lina Hentgen (née en 1980 à Clermont-Ferrand).
Une centaine de pièces, entre peintures, installations, dessins, collages, sculptures et vidéos, offre un vaste panorama de leur travail.

Une salle de l’exposition « Mimosa ».

Difficile de « décrire » cette exposition !
Un premier tour dans les salles à la mise en espace sobre et lumineuse vous permettra d’abord d’approcher leur univers unique, à la fois loufoque et réfléchi.
« Jubilatoire » est le mot qui nous vient en déambulant de nouveau et en s’arrêtant pour détailler les « montages » de bouteilles en verre remplies de photos et surmontées de petits oiseaux en faïence…

« L’œuvre d’Hippolyte Hentgen hybride les codes de l’histoire de l’art, de la bande-dessinée, de la presse, de l’animation ou encore d’affiches, posters et de photographies anonymes. Le duo développe un répertoire visuel ambigu, exubérant et critique en manipulant l’imagerie populaire avec fantaisie et impertinence. » (…) « L’exposition s’ouvre par plusieurs peintures murales réalisées in situ pour Céret.
Puis les deux plasticiennes investissent les murs du musée pour y déployer des fresques monumentales qui dialoguent avec un ensemble de dessins. Cette pratique dessinée constitue l’essence même de leur collaboration, l’une et l’autre représentant des formes de leur époque. » Extraits du Dossier de Presse.


Le Musée d’Art Moderne de Céret est ouvert toute l’année – sauf les lundis hors saison –
de 10h à 18h.
Sur le site du musée : www.musee-ceret.com allez sur l’onglet « La Collection » et vous aurez accès à TOUTES les oeuvres que possède le musée (soit environ 3500..)

Bonnes visites !

POUR L’AMOUR DE L’ART

Affiche de l’exposition des artistes amateur.e.s de la ville de Dinan.

« Amatore !  » (« Amateur ! »)

Cette interjection en italien, lancée à quelqu’un dont on juge que le travail n’est pas abouti, souligne l’aspect péjoratif de la notion d’amateurisme. Or étymologiquement le mot « amateur » signifie : celui ou celle qui aime… Et c’est seulement au XVIII ème siècle qu’apparait la précision amateur-connaisseur et au XIX ème celle d’amateur-praticien. « Même si les activités artistiques sont liées à la créativité, l’art est différent du travail dans le sens où l’activité artistique est assimilée à la liberté et au plaisir.  
S’il est communément admis que le sport a de multiples vertus pour la santé, sociales, mais aussi mentales, pourquoi ne pas le dire davantage pour les pratiques artistiques qui relèvent finalement des mêmes mécanismes : jeu, plaisir, dépassement de soi, hygiène de vie, socialisation, régularité, etc. ?
En France, 23 millions de personnes déclarent avoir au moins une pratique artistique régulière « non professionnelle ».
Une grande majorité de ces personnes amateur.e.s trouve dans leur pratique artistique une échappatoire ou une alternative salutaire à leur environnement professionnel routinier, morose ou problématique, et/ou tout simplement le bonheur de créer !
L’article 32 de la loi n° 2016-925 de 2016 définit le statut de l’amateur : « Est artiste amateur dans le domaine de la création artistique toute personne qui pratique seule ou en groupe une activité artistique à titre non professionnel et qui n’en tire aucune rémunération. »

Les personnes qui pratiquent en amateur entretiennent rarement un désir de professionnalisation.
Passé les années de formation, « être repéré·e » ou « faire carrière » n’est plus un sujet et il faut pouvoir le dire et l’entendre sereinement.
Évitons de confronter les modèles : les amateur·es ont des besoins et des attentes spécifiques, et ne souhaitent pas être comparé·es ou opposé·es aux professionnel·les.
Sans pouvoir ou vouloir y dédier des moyens considérables, le fait d’inscrire une dimension « pratiques amateures » dans une politique culturelle, encouragerait les personnes concernées à se faire connaître, à se parler entre elles, à sentir leur légitimité.

« Le manque de visibilité serait-il inhérent à la pratique en amateur dans la mesure où une meilleure reconnaissance pourrait aboutir à institutionnaliser « l’ininstitutionnalisable » ? 
Les pratiques en amateur n’ont-elles pas vocation à rester le travail de l’ombre, le rendez-vous intime, la satisfaction personnelle ?
Pour rester des pratiques libres, les pratiques en amateur doivent-elles rester cachées ?
Le « beau » travail est-il  celui qui nous rend heureux·se, ou celui qui satisfait les autres ? 
La pratique amateur relève ici du droit de donner le meilleur de nous-mêmes dans la réalisation, le droit aussi d’être fièr.e de l’action accomplie, l’occasion de se sentir vivant·e, pleinement soi-même, et pleinement parmi les autres. 
Il est question ici de dignité ».
(Sources : Article juillet 2025 – Le travail en amateur Sonia Leplat, directrice générale de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs Paris)

Du statut légal et économique à l’acception étymologique – celle ou celui qui aime – le mot « amateur » semble ne pas donner à voir toutes les facettes possibles de la pratique.

À travers trois portraits d’artistes amateurs : Maître-verrier, mosaïste, tourneuse sur bois/peintre et un reportage sur une chorale, il et elles vont nous raconter leurs pratiques… Leur amour de l’Art.

Alain HAZANE, maître verrier.
Création A.Hazane.
Création A.Hazane.
Création A.Hazame.
Création A.Hazame.

Dans l’atelier animé par Alain Hazame, nous avons suivi le travail de Constance :

Le vitrail de Constance….
… En chantier !
Découpe du verre…
…Meulage….
Préparation du plomb pour sertir.
Alain conseille Constance.

Isabelle Florentin, mosaïste
Tapisserie de Jean Lurçat.
« Oiseau de feu » d’ Isabelle Florentin.
Création d’I.Florentin.
Création d’I.Florentin.
Création d’I.Florentin.
Isabelle Florentin à l’atelier mosaïque…
… Tout en minutie et précision 🙂
Michèle Suzanne, tourneuse sur bois et peintre.
Bois tourné de M.Suzanne.
Bois tourné de M.Suzanne.
Bois tourné et peinture de M.Suzanne.
Création peinte de M.Suzanne.
Création peinte de M.Suzanne.
Réalisation en « Pouring ». M.Suzanne.
Réalisation en « Pouring ». M.Suzanne.

Le mot Pouring signifie littéralement « en versant ». Il s’agit en effet d’une technique artistique qui consiste à verser de la peinture fluide, directement sur le plan de travail, une toile ou une autre surface.
Le Pouring est une technique dans laquelle la couleur et les pigments sont les véritables protagonistes. Cette méthode, très appréciée, utilise de la peinture acrylique.
Pour obtenir un effet remarquable, la peinture est diluée de manière à ce que chaque teinte reste distincte des autres. Association de couleurs, combinaisons et imagination sont les seuls ingrédients nécessaires pour un résultat époustouflant.

Réalisation en « Pouring ».

La chorale de femmes « Sono Solo Canzonette » est dirigée par Paola Niggi.
Rencontre avec les choristes qui vous proposent quelques-unes des chansons de leur répertoire, des interviews et surtout de la bonne humeur !
Tournage réalisé le 9 octobre 2022 à Paris, par Marc Quentin et Jane Da Silva 🙁www.choralecanzonette.fr)

Chorale « Sono solo Canzonette.

Au cours de nos reportages, nous avons constaté que les ateliers de pratiques artistiques étaient presqu’exclusivement fréquentés par des femmes…
Une récente étude du gouvernement précise que : « Si les hommes et les femmes s’engagent dans les mêmes proportions dans la pratique en amateur, les arts graphiques et manuels, l’écriture et le spectacle vivant sont plus féminisés que les autres activités : 61 % des personnes qui pratiquent un art graphique ou manuel sont de sexe féminin, plus particulièrement pour la poterie (78 %). L’écriture séduit aussi davantage les femmes (64 %), en particulier lorsqu’il s’agit de la tenue d’un journal intime (72 %) et, enfin, les femmes sont majoritaires parmi les danseurs amateurs (71 %).
En revanche, les activités scientifiques et techniques sont plus masculinisées : les hommes y sont davantage représentés (61 %), et plus particulièrement au sein d’activités techniques comme observer les étoiles, faire des recherches historiques, etc. (66 %). »

L’Art d’être Curieux remercie Alain, Constance, Isabelle (associations « Art et Culture » et « Mosaïc’Art » dans les Pyrénées-Orientales) et Michèle, ainsi que la chorale « Sono solo canzonette », de Paris, pour leur aimable participation à cet article.