MATISSE, LA SYMPHONIE DES COULEURS

Installés dans l’ancienne base sous-marine de Bordeaux, propriété de la ville de Bordeaux,
les Bassins des Lumières déploient leurs projections numériques au cœur d’un site monumental
de 42 000 m², dont 12 000 m² de surfaces de projection. Les quatre bassins de 110 mètres de long, aux parois de béton brut culminant à plus de 20 mètres de haut, offrent un cadre spectaculaire où les œuvres se reflètent à l’infini sur l’eau. Dans cet écrin hors norme, chaque visite devient une expérience immersive saisissante, capable de captiver tous les publics.
Depuis février 2026, Les Bassins des Lumières nous proposent une envoutante exposition sur

Henri Matisse et une courte immersion dans l’univers de Frida Kalho.

  • HISTOIRE DU LIEU :
    La base sous-marine de Bordeaux est l’une des cinq bases pour sous-marins construites par les Allemands sur la façade atlantique française au cours de la Seconde Guerre Mondiale.
    Édifiée entre 1941 et 1943, elle accueillit des sous-marins italiens et allemands. 600 000 m3 de béton furent nécessaires pour la construction qui employa plusieurs milliers d’ouvriers. Certains servaient volontairement, la plupart étaient prisonniers de guerre ou requis, dont plus de 3 000 républicains espagnols, « les rouges », (on estime que plus de 70 y sont morts) mais également des Français, des Italiens, des Belges et des Néerlandais.
La base sous-marine avant sa transformation en lieu culturel...
… l’intérieur.
Stèle érigée à l’entrée des Bassins des lumières, en hommage
aux républicains espagnols enrolés de force pour la construction de la base sous-marine.
Détail de la stèle.

  • LES BASSINS DES LUMIÈRES :

La société « Culturespace » propose aux Bassins des Lumières à Bordeaux une nouvelle création originale au coeur de l’oeuvre d‘Henri Matisse, et un programme court sur Frida Kahlo.
Le principe est identique à ceux proposés à Paris aux « Ateliers des Lumières » et aux Baux de Provence dans les « Carrières de Lumières » : utiliser un lieu exceptionnel pour le transformer en centre immersif diffusant des expositions numériques, grâce à des projections immenses sur les murs et les sols.
C’est une façon de faire revivre un lieu et de rendre hommage à celles et ceux qui l’ont occupé et de permettre ainsi – par l’aspect grandiose et musical des projections – à un très large public d’approcher un artiste.
À Bordeaux, le reflet des projections des oeuvres de Matisse et Kahlo sur l’eau des bassins apporte un côté tout à fait déroutant aux projections, car on ne sait plus vraiment où l’on est positionné par rapport à l’oeuvre projetée !

  • HENRI MATISSE :

Matisse est né en 1869 et mort en 1954. Peintre, dessinateur, graveur et sculpteur, il est l’un des peintres le plus important du XXe siècle.
II aura une grande influence sur l’art de la seconde partie de ce siècle par l’utilisation de la simplification et de la stylisation de la couleur comme seul sujet de la peinture. Il fut le chef de file du mouvement « Fauviste ».

  • « MATISSE, LA SYMPHONIE DES COULEURS » (Projection immersive de 45 minutes) :

« La couleur surtout, et peut-être plus encore que le dessin, est une libération. » Matisse
Toute sa vie, Matisse a poursuivi une quête d’épure formelle et chromatique, passant de ses influences post- impressionnistes au fauvisme, avant d’explorer, dans ses découpages et ses derniers travaux, une forme d’abstraction lumineuse et expressive. Cette mutation progressive est le fil conducteur de l’expérience immersive, proposant au visiteur de vivre une expérience sensorielle et émotionnelle unique, où la couleur devient langage, et l’émotion, guide.

« Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir. » Matisse
Chaque teinte choisie dans l’œuvre de Matisse est ici une porte d’entrée vers l’expression d’un sentiment particulier : le rouge, couleur puissante et ambivalente, incarne l’énergie et la vitalité, le bleu vibrant souffle un élan de liberté, le vert éclatant symbolise l’espoir et le dépassement. Ces « étapes chromatiques » structurent le parcours narratif, guidant le visiteur à travers les grandes périodes de l’artiste et ses chefs- d’œuvre majeurs, de ses peintures emblématiques aux papiers découpés, en passant par ses expériences audacieuses avec la lumière et la forme.

« Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. » Matisse
Le spectacle culmine dans une scène finale dédiée aux vitraux réalisés par Matisse pour la Chapelle du Rosaire à Vence, où la couleur atteint sa dimension transcendante. La couleur matière devient couleur lumière, elle reflète la spiritualité et l’harmonie que Matisse cherchait à transmettre. Cette conclusion invite à ressentir la force émotionnelle de l’art dans toute sa dimension immersive.

« Le caractère d’un visage dessiné ne dépend pas de ses diverses proportions mais d’une lumière spirituelle qu’il reflète. » Matisse
À travers ce parcours, l’expérience immersive offre aux spectateurs une rencontre intime avec Matisse : non seulement pour admirer ses œuvres, mais pour en éprouver les émotions, se laisser transporter par la puissance de la couleur et vivre une expérience où l’art devient vivant, palpable et profondément personnel.

« Il faut voir la vie avec des yeux d’enfant. » Matisse

FRIDA KAHLO EN PLEIN CŒUR (Programme court – 14 minutes) :

Frida Kahlo « Autoportrait » 1940.

Plonger dans l’univers de Frida Kahlo, c’est entrer au cœur d’une vie ardente, vibrante, façonnée par la passion, la liberté et la douleur. L’expérience immersive Frida Kahlo, en plein cœur invite le visiteur à traverser l’intimité et la force créatrice de l’artiste mexicaine (1907-1954), dans une explosion de couleurs, de symboles et d’émotions.
Au fil des projections monumentales, les parois des Bassins des Lumières se métamorphosent au rythme de la vie de Frida : de ses premières œuvres marquées par la souffrance physique et la quête de soi, à ses tableaux les plus affirmés où éclatent la puissance de son identité et son engagement. Les motifs végétaux, organiques et anatomiques s’animent, traduisant l’évolution d’une artiste qui a transformé la douleur en art, la fragilité en force, l’intime en universel.

LES BASSINS DES LUMIÈRES SE TROUVENT À LA BASE SOUS-MARINE
IMPASSE BROWN DE COLSTOUN À BORDEAUX.
(Renseignez vous sur les horaires : deux projections en alternance « Dinosaures » et « Matisse »)

UN TROMPE L’OEIL ÉPHÉMÈRE : UNE CAVERNE SUR LE PLUS VIEUX PONT DE PARIS !

Le Pont Neuf à Paris en Juin 2026.

Pour cette rentrée, « L’Art d’Être Curieux » ne vous emmène pas dans un musée,
mais vous propose une sortie en extérieur pour voir une œuvre qui n’existera plus
au moment où vous ouvrirez cette publication !

Portrait de JR .

JR (pseudonyme qui représente les initiales de son nom) est né à Paris en 1983. C’est un artiste qui travaille à l’intersection de la photographie, de l’art public, de la réalisation de films et de l’engagement social. Avec la technique du collage photographique, il expose librement dans l’espace public dans le monde. 
Au mois de juin 2026 JR transforma le Pont Neuf à Paris en une œuvre monumentale immersive : 
« La Caverne du Pont Neuf ». 
“Ma vision pour ce projet s’inspire à la fois du passé et du présent de ce pont emblématique.” JR

LE PONT NEUF

Le Pont Neuf à Paris.

Achevé en 1607, le Pont Neuf a été le premier pont parisien à renoncer à l’emploi du bois pour lui préférer exclusivement les calcaires lutétiens, appelés « Pierre de Paris ». Ce calcaire, aussi utilisé pour construire de nombreux bâtiments et monuments de la ville, provenait de carrières du bassin parisien. Ce fut par ailleurs le premier pont de la ville à être doté de trottoirs pavés, facilitant la circulation des piétons et la vie urbaine. Outre son utilisation publique durable, le pont continue aujourd’hui à être célébré pour sa riche histoire et ses vues pittoresques sur la Seine.

Le Projet de JR 
Son premier projet, « Portrait d’une génération » (2004–2006), dénonçait les clichés véhiculés par les médias à l’égard des jeunes de banlieues, en affichant des portraits d’adolescents grimaçants dans les rues de Paris.
À travers sa fondation « Can Art Change The World ? », il explore le pouvoir de l’art, de la culture et de l’éducation pour provoquer un changement social, à la fois à l’échelle mondiale et dans des communautés locales.
Pour JR, l’art ne donne pas de réponse, il soulève des questions : « Revenir à la caverne, c’est revenir aux origines du monde ainsi qu’aux premières traces humaines, l’envie de dire « Je suis là » à travers des « graffitis » dans les grottes. Moi qui ai commencé par le graffiti, ça me passionne. Cette installation à Paris, c’est mon interprétation de tout cela ».
Ce projet immersif sur le pont neuf est aussi conçu comme un hommage au duo d’artistes Christo et Jeanne-Claude plus de quarante ans après leur empaquetage du Pont Neuf en 1985 :

LA CAVERNE SUR LE PONT NEUF
Le montage de la structure avait démarré le 11 mai 2026 pour une ouverture prévue pour le 6 juin.
Cependant, la météo vint perturber l’avancée de l’installation et retarder de neuf jours l’ouverture de La Caverne en raison d’une déchirure de la toile provoquée par un orage et une tempête :

La tempête
Réparations… Un alpiniste au travail.


Avec neuf jours de retard, la « Caverne » installée par l’artiste JR sur le Pont-Neuf à Paris ouvre au public.
Durant deux semaines, visiteuses et visiteurs ont pu traverser, à pied et gratuitement, de jour et de nuit, l’intérieur de la structure, par un tunnel sombre. 
L’œuvre fut démontée et le pont a été à nouveau ouvert à la circulation le 13 juillet 2026.

« La Caverne » du Pont Neuf.
Vue rapprochée de la Caverne.
Entrée dans « La Caverne »…
Vers la sortie…

BIOGRAPHIE ARTISTIQUE de JR 
Dès ses premiers projets, l’artiste affirme vouloir amener l’art dans la rue : «Je possède la plus grande galerie d’art au monde : les murs du monde entier. J’attire ainsi l’attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement.» 
Rapidement, il élargit son champ d’action et s’aventure dans des zones de conflit pour faire résonner les récits poignants de personnes ordinaires et susciter le dialogue. À travers ses œuvres monumentales, JR invite les passantes et les passants à s’interroger et à remettre en question leurs perceptions. 

  • En 2016, il fait disparaître la Pyramide du Louvre, en collant des photos du Louvre sur le verre de la Pyramide :

  • Puis, en 2019 – trois ans après avoir fait disparaître la pyramide – il revient au Louvre pour dévoiler “le Secret de la Grande Pyramide”, dans un collage géant sur toute la Cour Napoléon, auquel 400 volontaires participent. L’œuvre mystère de JR pour les 30 ans de la pyramide du Louvre :

  • En mai 2021, le Street Artiste commet un nouveau trompe-l’œil qui représente un gouffre vertigineux sur l’esplanade du Trocadéro, devant la Tour Eiffel :
« Le gouffre de la Tour Eiffel »

« En s’alignant parfaitement sur l’angle nécessaire pour apprécier à sa juste valeur cette anamorphose, vous aurez l’impression que l’esplanade s’est effondrée, et que les passant.e.s flottent comme par magie entre les deux bords de cette faille créée par l’œuvre. » JR 

  • En 2023, La Caverne du Palais Garnier :

C’est une nouvelle installation éphémère représentant une caverne qui recouvre toute la façade en travaux de l’Opéra. Une œuvre qui a deux fonctions : la première consiste à cacher les échafaudages installés au niveau du bâtiment historique, la seconde permet de l’utiliser pour projeter des extraits d’œuvres lyriques et chorégraphiques visibles depuis la place.

Ici l’Acte II avec le ballet du chorégraphe Damien Jalet :

BEATLEMANIA

Affiche de l’exposition « Eyes of Storm » devant le musée Granet (Aix en Provence)

« EYES OF THE STORM » PAUL Mc CARTNEY PHOTOGRAPHE, 1963-64

La très belle exposition « EYES OF THE STORM Paul McCartney, photographe 1963-64″ présentée au musée Granet d’Aix en Provence jusqu’au début 2027, rassemble une collection de près 250 photographies prises par Paul McCartney, au moment-même où les Beatles accèdent au statut de superstars planétaires.
Au travers de photographies en noir et blanc et en couleur, de clips vidéo et de documents d’archives, cette exposition offre un aperçu unique de photographies prises par l’artiste avec un appareil photo 35 mm et nous révèle le réel talent de Paul Mc Cartney comme photographe !
(À noter que certains tirages ont été réalisés à partir des planches contact dont les négatifs avaient disparu, et qui ont été scannées et numérisées…)

Paul McCartney immortalise le parcours extraordinaire des Beatles, de ville en ville, de l’Europe aux Etats-Unis : Liverpool et Londres à la fin de l’année 1963, l’Olympia à Paris, puis les États-Unis en février 1964 où leurs performances télévisées dans l’émission « The Ed Sullivan Show » ont été vues par environ 73 millions de téléspectateurs, transformant les Beatles en superstars mondiales et redéfinissant la célébrité à l’ère moderne.
Offrant un portrait unique du début des années 1960, période où la photographie et la musique évoluent rapidement, ces images révèlent également l’histoire très personnelle de quatre musiciens en tournée, soulignant l’intensité des concerts et des longues journées passées en répétition, dans les hôtels ou sur la route, soumis au regard des médias à chaque étape de leur parcours.
On y découvre aussi – pour les plus jeunes 🙂 – la Beatlemania.


Inaugurée en 2023 pour la réouverture de la National Portrait Gallery,
l’exposition « EYES OF THE STORM » a été présentée aux États-Unis, au Canada et au Japon.
Le musée Granet est la première étape européenne de l’exposition.

Entrée de l’exposition au musée Granet.

À l’occasion de cette exposition,
Paul Mc Cartney a imposé à la Presse un nombre très limité de photos
(que nous vous présentons ici) … Peut-être pour inciter le public à se déplacer pour découvrir l’ensemble de son oeuvre photographique !


Paul McCartney, Autoportraits, Paris, janvier 1964
© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
.

Paul McCartney, John et George, Paris, janvier 1964
© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
.

« L’Art d’être Curieux » a eu le privilège de visiter l’exposition en compagnie d‘Aurélien Church,
médiateur culturel – sympathique et passionné – du musée Granet :

Aurélien Church nous fait visiter l’exposition…
Aurélien se confie sur sa découverte des Beatles….

Paul McCartney, John Lennon, Paris, janvier 1964
© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP.


Paul McCartney, Ringo Starr, Londres, janvier 1964
© 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP.


Paul McCartney, Photographes à Central Park. New York, février 1964 © 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP.

Paul McCartney, West 58th Street, à l’intersection de la Sixième Avenue, février 1964 © 1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP

Paul McCartney. New York. New York, 1964
© 1964 Paul McCartney under exclusive license to MPL Archive LLP.

Le musée Granet se trouve
Place St Jean de Malte
13100 Aix en Provence

Pour faire plus ample connaissance avec les BEATLES :
(Documentaire de 60 mn)

NOUS NOUS RETROUVERONS EN SEPTEMBRE !

JOAN MIRO : MAJORQUE, L’ATELIER DES RÊVES


L’atelier de J.Miro à Majorque…
… Première salle du musée Rigaud de Perpignan

La première exposition d’envergure consacrée à l’artiste catalan Joan Miró (1893-1983) au musée d’art Hyacinthe Rigaud à Perpignan jusqu’au 31 décembre, revêt un caractère tout particulier puisqu’elle s’inscrit dans le cadre du jumelage des villes de Perpignan et de Palma de Majorque, officialisé en 2024.
Réunissant près d’une centaine d’œuvres, peintures, sculptures, céramiques, dessins, gravures et lithographies, l’exposition investit l’espace d’exposition temporaire du musée, soit près de 400 m2 spécialement scénographiés par Jean-Paul Camargo.
Ce parcours met l’accent sur l’évolution formelle de l’œuvre de Joan Miro à partir de son installation à Majorque en 1956.
Bien que profondément enraciné dans la culture catalane, il demeure résolument tourné vers l’ailleurs.
Si son œuvre est souvent associé à la sensibilité méditerranéenne, elle s’inscrit également dans un dialogue constant avec les avant-gardes artistiques et les mouvements littéraires européens du XXe siècle.
Nourrie à la fois par les traditions de sa terre natale et par les échanges intellectuels de son temps, la création de Miró témoigne d’une vision universelle de l’art, où poésie, liberté et invention occupent une place centrale.
Plusieurs thématiques permettent au visiteur d’approcher le foisonnement incroyable de l’oeuvre de Joan Miro et la scénographie très dynamique nous plonge dans sa passion des couleurs et des formes .

  • JOAN MIRO
    Joan Miró est né à Barcelone en 1893 et il décède à Palma de Majorque en 1983.
    Peintre, sculpteur graveur et céramiste, se définissant lui-même comme « Catalan international » il est l’un des principaux représentants du mouvement surrréaliste.
    Son œuvre reflète son attrait pour le subconscient, pour l’«esprit enfantin» et pour son pays.
Joan Miro…
... à Palma de Majorque.
Une salle de l’exposition : Joan Miro avec ses sculptures auprès de ses céramiques.

  • PROMENADE DANS L’EXPOSITION…

Jean-Paul Camargo, architecte, met en espace les grandes expositions du Musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan depuis plusieurs années.
Il a bien voulu dire quelques mots à « l’Art d’être Curieux » sur son travail…

J-P CAMARGO

Le musée Hyacinthe Rigaud se trouve 21 rue Mailly à Perpignan (Centre ville)
Animations et visites guidées : www.musee-rigaud.fr

PICABIA MÉDITERRANÉE

Francis Picabia (1879-1953) est peintre, dessinateur et écrivain, passionné par la peinture et proche du mouvement « dada », puis surréaliste. Il se présente lui-même dès 1923 comme « Artiste en tous genres ».
Comme ses contemporains, il s’interroge sur la place de la peinture, bousculée par l’émergence de la photographie, puis devient l’un des premiers à peindre à partir de photographies.

« L’exposition que présente le musée de Céret (Pyrénées Catalanes) explore de manière inédite un moment clé du parcours de Picabia en s’intéressant au rôle joué par la Catalogne sur son œuvre et celle de ses contemporains.
Elle réunit pour la première fois près d’une centaine d’œuvres de Picabia et de son cercle artistique new-yorkais et catalan, de Marcel Duchamp, Man Ray, Albert Gleizes, Pablo Picasso, Robert Delaunay, Kees van Dongen, Joan Miró, ou encore Serge Charchoune, et celles d’artistes femmes qui ont joué un rôle moteur dans l’histoire des avant-gardes telles que Marie Laurencin, Juliette Roche, Olga Sacharoff, Hélène Grünhoff, Sonia Delaunay ou encore Natalia Gontcharova.

Entre peintures, dessins, sculptures, photographies, revues, et archives montrées pour la première fois en France, l’exposition déploie un regard panoramique sur la création foisonnante qui se déroule au début du XXe siècle. Avec plus d’une vingtaine d’artistes présentés, elle réunit un exceptionnel ensemble d’œuvres des tenants de la modernité. Elle bénéficie pour cela du soutien de prestigieuses institutions parmi lesquelles le Musée de l’Orangerie, le Musée National d’Art Moderne – Centre Pompidou, les musées Picasso de Paris et de Barcelone, le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía ou encore le Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid.
Pour cette programmation exceptionnelle, le musée a reçu le label « Exposition d’intérêt national » attribué chaque année à une quinzaine d’expositions remarquables en France.« 

(Extrait du dossier de Presse)

  • L’ÉPOQUE « MACHINISTE »

Cette première partie de l’exposition présente des pièces majeures de l’artiste produites durant cette période comme « Embarras« .
Elles dialoguent avec celles de ses contemporains qui ont eux aussi rejoint les États-Unis durant la Première Guerre mondiale, à l’image de Marcel Duchamp, Man Ray, Albert Gleizes ou encore Juliette Roche.
Ces artistes, tous influencés par l’atmosphère new-yorkaise et l’univers des machines, forment un cercle d’émulation intellectuelle et plastique autour de la galerie 291 d’Alfred Stieglitz.

Picabia : « Embarras ». 1914.
Picabia : « vanité ». 1916.
Picabia : « Machine ». 1916.
  • UN ECOSYSTÈME EN EXIL

Après New York et fuyant la France en guerre, Picabia se rend à Barcelone, où il retrouve une vaste communauté d’artistes et d’intellectuels en exil. Cette seconde partie de l’exposition restitue l’atmosphère singulière d’une Catalogne devenue, le temps du conflit, terre d’accueil et de création.
Les œuvres, documents et photographies réunis dans cette section témoignent de l’effervescence qui règne alors à Barcelone à travers Marie Laurencin, Serge Charchoune et Hélène Grünhoff, Olga Sacharoff et Otho Lloyd, ou encore Robert et Sonia Delaunay.

Vue de l’exposition Francis Picabia à la Galerie Dalmau
Barcelone 18 Novembre – 8 décembre 1922
.
Sonia Delaunay. Projet de papier à lettre.1914.
Juliette Roche « Les Ramblas ». 1916.
Olga Sacharoff : « Raco de Cambra » .1912 et « Femme les coudes posés sur la table ». 1912.
Otho Llyod : « Tossa del Mar ». 1916.
Robert Delaunay : « Femme au marché ». 1915.
  • L’ AVENTURE DADAÏSTE

La revue 391 créée par Picabia à Barcelone en 1917 reflète les idées novatrices et pré-dadaïstes de l’artiste en adoptant un parti-pris résolument « anti- peinture ». Éditée de 1917 à 1924 entre Barcelone, Zurich, New York et Paris, elle diffuse les textes et les œuvres de Picabia ainsi que de son cercle artistique. L’exposition présente les 19 numéros de 391 enrichis de maquettes et dessins originaux permettant de comprendre leur processus d’élaboration.

Francis Picabia: « La Sainte Vierge »…….
… et « La Sainte Vierge II » . 1920

Le DADAÏSME, ou mouvement Dada, est un courant artistique et littéraire né dans le contexte tourmenté de la Première Guerre mondiale. Révolté contre les horreurs de la guerre et les conventions rigides de la société bourgeoise, ce mouvement prône une rupture radicale avec les normes esthétiques, culturelles et intellectuelles de l’époque. Par une approche provocante et absurde, les dadaïstes remettent en question non seulement les formes d’art traditionnelles, mais aussi la logique même de leur société. Ce manifeste d’anti-art aura un impact durable, redéfinissant les limites de la créativité et de l’expression artistique.
Le dadaïsme voit le jour en 1916 à Zurich, en Suisse, dans un climat mondial marqué par la destruction et le chaos de la Première Guerre mondiale.
Le mouvement DADA naît d’une profonde désillusion face aux valeurs de la société occidentale.
Les dadaïstes voient dans la guerre une preuve accablante de l’échec de la rationalité, de la logique et des institutions culturelles. Pour eux, la rigueur du classicisme – qui a conduit à cette catastrophe – doit être détruite.
Le dadaïsme, dans sa forme la plus pure, devient un cri de protestation, un acte de rébellion contre toutes les formes de hiérarchie et de conformité.
Les figures majeures du mouvement seront Marcel Duchamp, Tristan Tzara et Picabia…

  • L’INFLUENCE HISPANIQUE

    La dernière partie de l’exposition est consacrée à la représentation du folklore espagnol et du flamenco par les artistes.
    L’exil apparaît comme un temps où ces derniers, tout en s’appuyant sur leurs productions précédentes, développent une nouvelle approche plastique.
    Cette section met ainsi en lumière la manière dont la culture et la danse ibérique sont assimilées et initient de nouveaux sujets, en particulier celui de femmes espagnoles affublées de mantilles, éventails, costumes et instruments de musique.
Picasso : « femme à la mantille » . 1917.
Francis Picabia : « Séville ». 1927.
Natalia Gontcharova : « Espagnole à l’éventail ».
Picabia : « Espagnole à la mantille ».
Picabia : « Espagnole ». 1922.
Man Ray : « Seguidilla » (danse traditionnelle espagnole)
Transfert sur plexiglas.
Marius de Zayas / « La Argentinita » (extrait) 1938.
Extraits du film « Entr’acte » ….
… Scénario de Picabia sur une musique d’E.Satie.

L’EXPOSITION « PICABIA MÉDITERRANÉE »
est proposée par le Musée d’Art Moderne de Céret (66)

jusqu’au 29 Novembre.

… ET NE MANQUEZ PAS DE VISITER LE CABINET GRAPHIQUE OÙ LE MAM PROPOSE UNE EXPOSITION SUR LE THÈME DE « LA DANSE », VU PAR PLUSIEURS ARTISTES.

LA COOPÉRATIVE-MUSÉE CÉRÈS FRANCO

À Montolieu dans l’Aude vient de ré-ouvrir « La Coopérative-Musée Cérès Franco ».
Installé depuis 2015 dans l’ancienne coopérative viticole du village, le musée a bénéficié d’une ré-invention remarquable menée par le cabinet d’architectes « Passelac & Roques », sous la maîtrise d’ouvrage de la Région Occitanie.
Plus qu’une rénovation, c’est une vraie création architecturale qui respecte et valorise le passé industriel du bâtiment, comme l’attestent ces trois cuves qui ont été conservées et sont devenues trois écrins d’exposition :

Romain Passelac et Lucas Jalbert, architectes du cabinet « Passelac et Roques »
nous ont fait partager leur passion pour ce lieu :

Lucas Jalbert et Romain Passelac


La Coopérative-musée Cérès Franco abrite l’incroyable collection d’oeuvres d’art de Cérès Franco : art naïf brésilien et européen, (Waldomiro de Deus, Elie Heil…) art populaire sud-américain, art brut, autodidactes, singuliers, outsiders, (Jaber, Caroline Mac Donald, Jean-Louis Bilweis…) artistes du mouvement CoBrA (voir « L’art d’être Curieux du 23/11/2021) et de la nouvelle figuration, (Corneille, Macréau, Chaïbia…).

Mais… Qui est donc Cérès Franco ?

Portrait de Cérès Franco par A.Baratta. 1965
(c) Archives Coopérative-musée Cérès Franco.

Née au Brésil en mai 1926, Cérès Franco suit des études d’histoire de l’art à l’université Columbia et à la « New School » de New-York.
En 1951, elle s’installe à Paris et devient critique d’art. Passionnée, elle acquiert de nombreuses œuvres et crée ainsi une collection inestimable de près de 2000 œuvres.
En 1963, elle organise sa première exposition de peinture à Paris pour faire découvrir des artistes qu’elle soutient. Elle leur avait passé commande d’oeuvres sur le format imposé rond, en opposition au format ovale, utilisé à une époque pour réaliser les portraits des bourgeois ! Elle intitulera cette exposition : « L’oeil de Boeuf ».
Plus tard elle ouvrira sa propre galerie qu’elle appellera… L’Oeil de Boeuf 🙂

En 1994, elle acquiert deux maisons à Lagrasse dans l’Aude – à quelques kilomètres de Montolieu – où elle installe sa collection qu’elle ouvre au public.
Elle décèdera en 2021 à Toulouse . Avant son décès, Cérès Franco fait don de sa collection au département de l’Aude. La municipalité de Carcassonne ayant refusé le don, un mécène achète l’ancienne cave coopérative de Montolieu, et ainsi l’intégralité de la collection de Cérès Franco est préservée à la « Coopérative-musée Cérès Franco ».

Pour sa réouverture, le musée propose une exposition hommage à Cérès Franco et aux 100 ans de sa naissance, réunissant près de 200 œuvres et 100 artistes, intitulée : « Les aventuriers de l’oeil de bœuf ».  
Cette première exposition est présentée en même temps qu’une exposition autour des poèmes de Chaïbia, Corneille (membre fondateur du groupe Cobra) et Cérès Franco et les deux expos sont accompagnées d’une programmation culturelle riche (conférences, ateliers, visites…).
Le musée entend ainsi rayonner en France et à l’international, tout en restant fidèle à l’esprit d’ouverture, de partage et d’innovation de Cérès Franco.

Salle de l’exposition « Les aventuriers de l’Oeil de boeuf » …
… On aperçoit au fond les trois cuves…
« Les aventuriers de l’oeil de boeuf »
Détail

Albert Féraud, sans titre, 1972 circa, collection La Coopérative-Musée Cérès Franco, ©Alain MachelCollection Ceres Franco.
Niki de St Phalle « Tir au soulier » 1961.
(c) Niki Charitable Art Foundation.
Benjamin Silva, sans titre, 1972, collection La Coopérative-Musée Cérès Franco © Alain Machelidon.
Collection Ceres Franco.
Alejandro Marcos, sans titre, 1965, collection La Coopérative-Musée Cérès Franco, © Alain Machelidon Collection Ceres Franco.

« Histoire de l’oeil de boeuf » par Jack Vanarsky
(« The oil of beef » Circa 1962. (c) Coopérative-musée Cérès Franco) :

Sympathique et enthousiaste, le Directeur de la Coopérative-musée Cérès Franco
a bien voulu se raconter un peu pour l’Art d’être Curieux….

Maximilien FORTIER

Coopérative-musée Cérès Franco
5 route d’Alzonne
11170 MONTOLIEU

DERRIÈRE « LE » PHOTOGRAPHE DE GUERRE AUX IMAGES LÉGENDAIRES, IL Y A UN HOMME ET DEUX HISTOIRES…

Les troupes américaines prennent d’assaut la plage d’Omaha Beach lors du Débarquement, Normandie, France, 6 juin 1944
crédit : robert capa/international center of photography/magnum photos

Le musée de la Libération de Paris / musée du Général Leclerc / musée Jean Moulin – propose, avec la collaboration exceptionnelle de l’agence « Magnum Photos », une relecture contextualisée de l’œuvre de Robert CAPA.
Plus de soixante tirages de presse d’époque sont présentés aux côtés de magazines, ouvrages, documents et objets personnels. Ensemble, ces cent soixante pièces retracent ainsi le parcours d’un jeune immigré hongrois devenu une icône de la photographie moderne.
En présentant l’œuvre de Robert Capa, l’exposition offre un regard historique sur une réalité toujours actuelle : celle du risque à prendre pour rendre compte de la guerre.
(Commissaire de l’exposition: Sylvie Zaidman, historienne, conservatrice générale du patrimoine, directrice du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin. 
Co-commissaire : Michel Lefebvre, journaliste et collectionneur de photographies.)

Le personnage « Robert Capa », photographe qui invente le photo-reportage de guerre est la seconde histoire de l’homme (1936-1954) qui – durant 18 ans – sera sur tous les fronts de guerre ou de conflits. Une histoire qui commence le 17 juillet 1936 avec la guerre civile en Espagne et qui se termine le 25 mai  1954 avec la guerre du Vietnam où il meurt en sautant sur une mine (Robert Capa sera le premier d’une longue série de reporters photographe à mourir au Vietnam). 

L’équipe des photographes de « Life » posant avant le débarquement, Londres juin 44.
Robert Capa : 4e en haut à droite.

  • 1913 – 1936 : LA PREMIERE HISTOIRE
    Endre Ernô Friedmann est né le 22 octobre 1913 à Budapest en Hongrie dans une famille juive de tailleurs pour dames. 
    En Hongrie, comme bon nombre de jeunes de sa génération, il fréquente les milieux progressistes opposés au nouveau régime autoritaire et, comme bon nombre de jeunes, il va connaître l’exil.

Sa famille l’envoie à Berlin en 1931 suivre des études de journalisme, qu’il abandonne rapidement car il a l’occasion de réaliser ses premiers reportages photographiques. 
Embauché par Simon Guttmann, directeur de l’agence photographique Dephot à Berlin, Endre Friedmann prend, à Copenhague, en novembre 1932, ses premières photographies publiées dans la presse. Muni de son appareil Leica, il réussit à s’approcher de Léon Trotsky lors d’un meeting. Malgré la mauvaise lumière, il parvient à réaliser quelques clichés et plusieurs d’entre eux paraissent dans le « Welt Spiegel ». 

Leica II Mod.D ayant appartenu à Robert Capa – 1932
Le discours de Trotsky  à Copenhague  27 novembre 1932

L’arrivée d’Hitler au pouvoir et l’antisémitisme ambiant l’incitent à partir à Paris où il va faire des rencontres marquantes et c’est là que va naître la seconde histoire avec un nouveau nom.
Quand il rejoint Paris, Endre Friedmann veut toujours être journaliste mais, c’est la vente de ses photographies qui va lui permettre de survivre.


Photo de Kati Horna: portrait d’Endre Ernô Friedmann (Robert Capa) 1933
  • 1936 –1939 : LA SECONDE HISTOIRE  – La naissance de la légende « Robert Capa » 

C’est en 1934, à Paris, qu’Endre Friedmann rencontre Gerta Pohorylle (1er août 1910 – 26 juillet 1937) dite Gerda Taro qui devient son assistante personnelle. Ils tombent amoureux mais elle refuse le mariage qu’il lui propose. Gerta Pohorylle va travailler chez « Alliance Photo » comme rédactrice photo.
Elle apprend à prendre des photos car c’était le seul moyen de légaliser sa situation : en effet, les autorités françaises accordaient, à l’époque, un permis de séjour aux photo-journalistes, ce qui lui permettrait de travailler. 

La légende attribue à Gerta Pohorylle l’idée d’inventer le personnage d’un photographe américain, «Robert Capa», et son agent «Gerda Taro», pour mieux vendre les photographies d’Endre Friedmann.
L’idée est bonne : le nom, simple et sans origine déterminée, se marie à un style particulier, « pris sur le vif », développé par Capa. 

Mais, ce n’est pas qu’un changement de nom, c’est un nouveau personnage qu’inventent alors les deux jeunes gens. Petit à petit, Robert Capa incarnera une personnalité originale qui s’imposera à tous.
Le subterfuge fonctionne. Ils sont engagés par l’Agence « Alliance Photo » à fournir trois reportages par semaine. Ils prennent tous deux des photos d’actualités qu’ils vendent comme étant l’œuvre du photographe «inexistant» Robert Capa. 
Gerda Taro et Robert Capa vont ainsi travailler ensemble pour faire des photos du Front Populaire en France en 1936 et rejoindre, la même année, la guerre civile espagnole.

Manifestation Front Populaire Paris -1936
Employé.es des Galeries Lafayette en grève – 1936

  • 1936 – 1939 : LE PHOTOGRAPHE DE GUERRE 

Gerda Taro va mourir le 26 juillet 1937 écrasée par un char. C’est la première femme journaliste de guerre qui va mourir sur le front.


Robert Capa : Gerda Taro se cachant derrière un républicain pendant le guerre civile espagnole 1936.

« Endre Freidmann a définitivement laissé la place à Robert Capa. Les évènements vont propulser sa carrière. Après la mort de sa compagne, Robert Capa se réinvente en un remarquable photographe de guerre. Il développe le métier, soucieux de produire des clichés diffusables par la presse, ainsi que le montrent les tirages et les magazines présentés dans l’exposition.

Si la mort de sa compagne est un véritable bouleversement c’est, paradoxalement, ce qui va le déterminer à poursuivre son travail de photographe de guerre et d’affiner le style qu’il a inventé : celui du photographe de guerre, l’œil rivé à l’objectif, le scoop toujours à l’esprit.
Témoin engagé, son regard va marquer durablement l’histoire du photojournalisme et façonner la figure nouvelle du photographe de guerre. » Extraits du Dossier de presse.


Robert Capa – Mort d’un soldat républicain sur le front de Cordoue, Espagne, début septembre 1936.

Death in the making ( Mort en préparation) , première édition – Robert Capa 1938 
Robert Capa : Cérémonie d’adieu pour les volontaires des Brigades internationales à Les Masies, près de Barcelone, Espagne, 25 octobre 1936.

John Fernhout : Robert Capa lors du tournage du documentaire Les 400 Millions de Joris Ivens, Chine 1938.
  • 1939 – 1945 : AU CŒUR DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE 

Willy Ronis :Robert Capa, Megève, France – 7 avril 1939.

Robert Capa : Camp d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées Orientales)
mars 1939.

L’exilé, sans le sou et riche d’enthousiasme, est devenu célèbre. Il a réussi professionnellement, mais sa vie privée est affectée par la mort de Gerda Taro. La déclaration de guerre le remet sur les chemins de l’exil, ses amis sont dispersés, son atelier parisien est fermé. «Je n’avais plus aucune raison de sortir de mon lit » écrit-il.
En 1940, il part pour New-York où vivent sa mère et son frère, mais les Etats-Unis ne sont qu’une étape. Comme il rencontre des difficultés à acquérir un statut,  il contracte un mariage blanc.

Il obtient du magazine « Life » des commandes de reportages en attendant le moment de retourner sur le terrain, porté par son engagement antifasciste. 
En 1941, il met fin à son contrat avec le magazine et part pour Londres où il travaille pour plusieurs journaux. Il photographie pour le « Saturday Evening Post » et pour « Illustrated ». Il fait aussi des images pour un ouvrage de Diana Forbes-Robertson.

Robert Capa : Un abri antiaérien, Londres, Angleterre, juin-juillet 1941.

En 1942, il revient aux Etats-Unis pour obtenir une accréditation en tant que correspondant de l’armée américaine. Cela lui permet, en 1943, de se rendre en Afrique du Nord, pour se joindre au débarquement en Sicile et remonter avec les troupes alliées jusqu’à Anzio, près de Rome. Il travaille à nouveaux pour le magazine « Life ».

Robert Capa lors de la libération de l’Italie par les Alliés,Naples, Italie – 1943.

« Des photographies de combats, de soldats, de blessés, de femmes éplorées jalonnent son parcours. Mais ce qu’il attend, c’est le débarquement en France et la libération de Paris, sa ville de cœur.
Il y assiste enfin, ce qu’il ressent comme un couronnement de sa carrière de photographe. »
Extrait Dossier de presse.

Libéré, le pays connaît un climat de vindicte populaire. A Chartres, Robert Capa photographie des tondues, dont une jeune mère accusée de collaboration, entourée de femmes souriantes. Selon les époques et les sensibilités, cette image a symbolisé un juste châtiment ou une humiliation genrée. 

Robert Capa : Une femme accusée de collaboration avec l’ennemi est raccompagnée chez elle après avoir été  tondue, Chartres, France, 16 août 1946.
Robert Capa : Les généraux Chaban-Delmas et Leclerc lors de la libération de Paris, France, 25 août 1944
Robert Capa : Membres de la Résistance accroupis derrière une Jeep lors de la libération de Paris, 25 août 1944 – Archives Magnum Photos.
Robert Capa : L’homme au fusil
Robert Capa : Foule de parisiens se mettant à l’abri lors d’une fusillade sur la place de l’Hôtel de Ville, Paris, France, 26 août 1944.
Robert Capa : Enfant sur un char pendant le discours de De Gaulle.
Le débarquement.
  • 1948 – 1954 : PHOTOGRAPHE DE GUERRE  

«  Quel que soit son désir de tenir la guerre à distance, Robert Capa est rattrapé par les conflits.
Ses moments aux courses, aux sports d’hiver, et ses périodes de photographies de plateau sont ponctués de voyages en Israël, entre 1948 et 1950. En tant que juif témoin de l’antisémitisme, il n’est pas insensible à la création de l’Etat d’Israël. Il y est blessé en juin 1948. »
Extrait Dossier de presse.

Robert Capa : L’Altalena en feu dans le port de Tel-Aviv, Israël, 1948 .
Robert Capa : Des membres des forces gouvernementales israéliennes (la Haganah, dans un bâtiment entourant la vieille ville de Jérusalem, tenue par les Arabes), Israël, 9 juin 1948.
  • LA DERNIÈRE PHOTOGRAPHIE

En mai 1954 – il a 41 ans – il part photographier la guerre d’Indochine, guerre de décolonisation opposant le corps expéditionnaire français au Viêt-minh. C’est la guerre de trop pour Robert Capa. 
À la demande du magazine « Life », il accepte de remplacer le photoreporter chargé de couvrir la guerre d’Indochine auprès de l’armée française, bien que cette proposition ne corresponde pas à ses convictions politiques.
Avec ses appareils, dont l’un est doté d’une pellicule couleur, Capa réalise des images des populations, des soldats, des atrocités. Les français viennent de perdre Diên Biên Phu.
Le 25 mai, aux alentours de Thài Binh, il avance dans un champs, en arrière des soldats, lorsqu’il marche sur une mine.

Robert Capa : Sur la route de Nam Dinh à Thài Binh, Indochine , Vietnam, 25 mai 1954.
La dernière photographie de Robert Capa dans l’exposition.

Le « style Capa », cette manière directe et immersive de photographier la guerre,
a profondément influencé la profession, toujours exposée aux dangers du terrain.
En 2024, selon « Reporters sans Frontières », cinquante-quatre journalistes

ont encore perdu la vie dans l’exercice de leur mission, pour la plupart dans des zones de conflit.

Musée de la Libération de Paris :
4 Avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy
75014 Paris

MYTHES ET LÉGENDES D’UNE CRÉATURE MYSTÉRIEUSE

LICORNES !

Même si vous pensez tout savoir sur la licorne, l’exposition au musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge à Paris (en coproduction avec GrandPalaisRmn et le musée Barberini de Potsdam, en Allemagne), « LICORNES ! » peut encore vous surprendre avec une centaine d’œuvres et d’objets d’art fabuleux qui retracent l’histoire de la représentation des licornes, de 2000 avant J.-C. jusqu’à aujourd’hui.

Musée de Cluny (Paris) Salle des Thermes.

Omniprésente dans la culture populaire contemporaine, la licorne a traversé les siècles et les continents. Être hybride à la fois symbolique, littéraire, religieux et même scientifique cet animal fantastique reste encore plein de mystères ! 
Connue depuis l’Antiquité, il faut attendre la période moderne pour que son existence soit remise en cause sans pour autant disparaître de l’imaginaire collectif. 

Quels sont les secrets de la licorne ?
Elles sont partout ! Parées des couleurs de l’arc-en-ciel ou rose flashy, les licornes se sont imposées dans notre quotidien, aussi bien au rayon enfants des grandes surfaces que sur les banderoles des militant.e.s LGBTQIA+.
Mais la connaissons-nous vraiment ? 

Au Musée de Cluny, La licorne est décryptée tout au long d’un parcours de visite composé de
9 sections thématiques qui déclinent les multiples aspects de la licorne.

Les multiples facettes des licornes.
  • Le Monocéros :

« La licorne mentionnée dans les textes depuis l’Antiquité, en Asie, au Proche et au Moyen-Orient revêt de nombreuses significations symboliques. Universelle, elle est réputée avoir des pouvoirs extraordinaires. 
L’origine du mythe de la Licorne (ou de l’unicorne selon les mythes) est ancienne et encore sujette à débats. De par ses caractéristiques, on a parfois pu la décrire comme une variante de l’antilope ou du rhinocéros. Les premières descriptions d’un animal semblable remontent à la Grèce antique, sous la plume du médecin Ctésias, qui officiait dans la cour impériale perse. Sans en avoir rencontré, il décrivait un animal des plaines de l’Inde appelé monokeros, une forme d’âne à la tête surmontée d’une grande corne dont la description faite des siècles plus tard par Pline l’Ancien s’approche de celle du rhinocéros (le nom scientifique du rhinocéros indien étant d’ailleurs Rhinoceros Unicornis). »
(Extraits du Dossier de Presse)
La licorne asiatique apparaît d’abord en Chine, puis est présente au Japon, où elle porte le nom de Kirin. Selon la croyance, c’est une créature pacifique qui regarde vers le ciel, pour guetter la venue d’un dirigeant sage. 

Le Monoceros – Merveilleuse licorne
Le Monocerote – Historia animallum – Conrad Gessner. 1551
Netsuké : Kirin assis (licorne assise) Epoque Edo (1603-1868)

Licorne voyageuse :

« Dès l’Antiquité, des voyageurs disaient avoir vu des licornes en Inde ou au Moyen-Orient. Peut-être ont-ils observé des  œuvres comme cet étendard ou enseigne aux deux bouquetins, qui, de profil, paraissent n’avoir qu’une seule corne.» Extrait du Dossier de Presse.
C’est au XVIIe siècle que la plupart des scientifiques admettent que la licorne terrestre n’existe pas, et que la « corne de licorne » est en fait une dent d’un mammifère marin vivant à proximité du Groenland, le narval. 

Etendard aux deux bouquetins – Bronze – 100 à 800 av. J.C.       Iran- Paris Musée du Louvre –
Licorne enseigne d’apothicaire
Salle avec l’Enseigne de pharmacie, tête de licorne – Avant 1720 – Dent de Narval, bois sculpté et doré.

Licorne amoureuse :
Depuis le Physio logos, bestiaire grec du IIe siècle de notre ère, il est dit qu’il n’est pas possible de capturer une licorne, sauf si une jeune fille vierge l’attire à elle. De là découle l’image de la licorne assoupie sur les genoux d’une femme et la thématique de la littérature courtoise dans laquelle la licorne incarne l’amoureux, attiré par la beauté de sa dame, blessé par son refus ou comblé par ses caresses.

Jeune fille et licorne – Giovanni delle Robbia (1469-1529)
terre cuite vers 1510
Femme à la licorne – Stalle du chœur de la chapelle Fugger d’Augsbourg (Allemagne) –
Hans Daucher et l’atelier (1486-1538)

Licorne merveilleuse :
En raison des vertus thérapeutiques de la « corne de licorne » et des légendes entourant la licorne depuis le Moyen Âge, la dent de narval est devenue un objet de collection dès le XIIIe siècle : elle est admirée dans des trésors d’église et recherchée par les princes et les rois, qui aiment la posséder, pour témoigner de leur puissance ou profiter de ses propriétés purificatrices. Dans les cabinets de curiosités des XVIe-XVIIIe siècles, les récipients en dent de narval côtoient de spectaculaires pièces d’orfèvrerie ou des coupes à boire en forme de licorne. Parfois même, c’est une défense d’éléphant qui est réinterprétée comme une corne de licorne précieuse.

 
Ci-dessous: la Qilin a la tête relevée et semble se tourner vers le spectateur. Elle est paisible car elle incarne la bonne fortune et la fécondité. Selon la tradition, une qilin est apparue à la mère de Confucius avant sa naissance :

Tibet – Gazelle unicorne – XVIII°- bronze doré – (Bouddha aurait prêché dans le parc aux gazelles à Bénarès.)
La Qilin, Licorne couchée –  dynastie Ming (1368-1644) –               Chine – Bois, Bronze – 
Chope à couvercle et figures de licornes et d’Inuits – Jakob Jensen Nordman (après 1656) et Défense d’éléphant
Aquamanile en forme de licorne – Bronze XIV°.
(récipient contenant de l’eau pour se laver les mains)

Licorne symbolique :
Symbole de pureté, la licorne représente aussi des qualités comme la rapidité, la valeur, mais elle peut également être une image de l’orgueil. Elle a pris place dans les armoiries de familles nobles en France, dans l’Empire germanique, ou dans celles des rois d’Écosse au XVe siècle. Les humanistes de la Renaissance ont exploité les multiples résonances de la licorne, par exemple dans la série de gravures de Jean Duvet ou dans les livres d’emblèmes.

Licorne tenant l’Ecu de Robert de Croÿ – Graduel (livre contenant les chants exécutes pendant la messe) Enluminure sur parchemin – 1540 – Marc Lescuyer (peintre)
 Conversation amoureuse Roman de la Dame à la licorne
et du beau chevalier (milieu du XIV°)
Le corps de Saint Etienne exposé aux animaux sauvages – Cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre –
Tapisserie Paris, Gauthier de Campes ? (1468-apr. 1530, peintre – Guillaume de Rasse, lissier .
Une chasse à la licorne par un roi et sa cour au XVI°-
Jean Duvet, orfèvre et graveur vers 1560

Licorne symbolique et emblématique : L’exemple de l’Ecosse. 
La présence de la licorne en Écosse remonte au Moyen Âge, et plus précisément au règne de Guillaume Ier d’Écosse au XIIᵉ siècle. Ce dernier aurait utilisé cet animal mythique sur ses armoiries personnelles. Mais c’est à partir du XVᵉ siècle, sous le règne de Jacques III, que la licorne devient véritablement emblématique. Elle figure alors sur les pièces de monnaie royales et devient un symbole récurrent des armoiries du royaume d’Écosse. À cette époque, la licorne est considérée comme une créature noble, forte et indomptable. Si vous observez les armoiries du Royaume-Uni, vous remarquerez un détail troublant : la licorne écossaise y est enchaînée, contrairement au lion anglais qui est libre. Ce n’est pas un hasard. Cette représentation est apparue après l’union des couronnes en 1603, lorsque Jacques VI d’Écosse devient aussi Jacques Ier d’Angleterre. En fusionnant les deux royaumes, on décide de réunir leurs symboles : le lion pour l’Angleterre, la licorne pour l’Écosse. Mais alors pourquoi enchaîner la licorne ? La réponse est avant tout symbolique : dans la mythologie médiévale, la licorne est si puissante et indomptable qu’elle doit être retenue par des chaînes pour ne pas devenir incontrôlable.
Cette chaîne exprime à la fois la force de la licorne et la volonté de l’État britannique d’unifier les royaumes sous une même autorité.
Ainsi, les armoiries deviennent le reflet politique de cette union, où la majesté du lion cohabite avec la fougue bridée de la licorne.

Les armoiries de l’Écosse.

Licorne inspirante:
La présentation de La Dame à la licorne au musée de Cluny en 1883 et la vogue de l’esthétique médiévale au XIXe siècle signent le retour de la licorne dans la création artistique depuis la fin du XIXe siècle. La grâce de la licorne, associée à des figures féminines inspire les artistes symbolistes. 
Cette magnifique tapisserie composée de 6 tentures est visible au musée de Cluny à Paris.

La salle de « La Dame à la licorne ».
« L’entendement »

La Relecture et la Réinterprètation de l’image de la licorne  XIX°, XX° et XXI° siècle :

Femme et licorne huile sur toile vers 1885-1898 – Gustave Moreau (1826-1898)

Gustave Moreau a été un visiteur assidu du musée de Cluny et la licorne a fait partie de son univers, surtout à partir de l’accrochage de la tenture de la Dame à la licorne dans les salles du musée en 1883.
Il réinterprète le couple de la femme et de la licorne avec mystère et sensualité.

De nos jours, la licorne reste une figure particulièrement inspirante. Les réinterprétations se sont multipliées, certaines sont étranges, oniriques ou minimalistes, colorées ou monochromes. Les femmes artistes sont nombreuses à revisiter l’image de la licorne, de façon personnelle et militante.
Au XXIe siècle, la licorne revêt de nouvelles significations : elle est le symbole des minorités sexuelles ou d’une nature menacée par la surexploitation des ressources naturelles. 
L’exposition présente ainsi :

  • Deux portraits de licornes, une licorne blanche et une licorne noire (teinte vedette des décennies 1980 à 2000)de Marie Cécile Thijs – Licornes de la série « Chevaux » 2012 – Impression sur papier baryté inspirée d’un tableau de l’artiste anversois Maerten de Vos :
  • Une Licorne de Niki de Saint Phalle 
    Quelle licorne extraordinaire ! Une licorne noire avec une corne dorée qui porte un manteau bleu à motifs rouges. Sa cavalière est bien petite. Elle ressemble à une écuyère de cirque en équilibre instable. Pour Niki de Saint Phalle, l’échange entre la licorne et la femme est très joyeux.  
    Cette œuvre fait partie de la série des fameuses « Nana » :
Niki de Saint Phalle (1930_2002) La Licorne – Polyester, polyuréthane, métal, peinture, vernie, vers 1994.
  • La tapisserie de Suzanne Husky 
    Réinterprétation de l’une des paisibles tapisserie de La Dame à la licorne. Les arbres qui encadraient les personnages principaux sont ici tronçonnés par un énorme engin de chantier. L’habitat de la licorne est chamboulé par la surexploitation des ressources naturelles de la terre, au bénéfice à court terme d’une humanité inconsciente de la beauté fragile du vivant :
Suzanne Husky (1975-) La noble pastorale – Tapisserie, coton, laine, fibres synthétiques – 2017. 
  • Le tableau de Julien des Monstiers 
    Julien des Monstiers réinterprète une peinture de 1572, un « portrait » de licorne créé par le peintre anversois Maerten de Vos pour les ducs de Meckdenburg.
    La licorne peut-elle survivre dans le monde contemporain qui ne fonctionne que grâce aux énergies fossiles où à la technologie nucléaire ?
Julien des Monstiers (1983-) Le Réel , huile sur toile – 2021.
  • La performance de Rebecca Horn (1944-2024)
    Rebecca Horn transforme une étudiante en licorne, en créant ce dispositif qui s’apparente à des bandages que la jeune femme portait, à travers champs et forêts, lors d’une performance :
Rebecca Horn (1944-2024) Unicorn –
Bois, lin, métal vers 1970-1972

Musée de Cluny :
28 rue du Sommerard 75005 PARIS

JEU DE MÉMOIRE : le 1er mai…

Ré-interprétée, vidée de sens, instrumentalisée… La journée du 1er Mai est devenue une fête « traditionnelle » , sans que l’on ne sache plus vraiment d’où vient ce jour férié…

Ce très bon documentaire d’Arte retrace l’historique de cette journée,
fête des travailleuses et des travailleurs.

Il dure 27 minutes, et comme vous êtes en congé, prenez le temps de le regarder 🙂

Au hasard des rues ensoleillées d’un village catalan, une belle surprise , en forme d’hommage :
« La Boutifanfare »

BON WEEK-END À TOUTES ET TOUS !

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COUP DE COEUR À LODÈVE

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Vue de Lodève.

LODÈVE

Au sortir du tunnel de l’Escalette, sur l’autoroute A75, Lodève est nichée entre le Larzac et le lac du Salagou, au confluent de deux rivières.
Ancienne cité épiscopale et grand centre textile, labellisée “Ville et Pays d’art et d’histoire”, vous prendrez plaisir à découvrir son patrimoine architectural et culturel exceptionnel : la cathédrale St Fulcran, l’Apothicairerie de l’hôpital St Jean, la Manufacture Nationale de la Savonnerie et, bien sûr, le Musée…

Un grand coup de coeur pour l’exposition exceptionnelle que nous offre le musée de Lodève jusqu’au 30 Août !….

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Rassemblant plus d’une centaine d’œuvres réalisées entre les années 1990 et 2000, l’exposition invite à découvrir l’art des Aborigènes d’Australie à travers un parcours mêlant peintures et sculptures. Cette culture immémoriale nous enseigne qu’une autre relation au territoire et à la Terre est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec celle-ci.
L’art aborigène est bien plus qu’une tradition picturale. Il s’agit d’un système de connaissance, d’une structure de croyances et d’un modèle de vie qui ont guidé les communautés depuis 65 000 ans.
Dans les cultures aborigènes, l’art, le récit, la loi et la survie sont indissociables.
La peinture, la cérémonie et le chant constituent des modes de pensée, des formes de transmission du savoir, de renouvellement des relations et de préservation de la vie.





Grâce à une sélection d’œuvres provenant de différentes régions, cette exposition rappelle que le continent aujourd’hui nommé Australie n’a jamais constitué un pays unique.
Avant la colonisation, il se composait d’environ 250 communautés distinctes, chacune dotée de ses propres langues, lois, traditions et histoires. Ces différences se reflètent dans la grande diversité régionale de l’art aborigène, des œuvres abstraites et vibrantes des déserts occidentaux et centraux aux traditions anciennes de peinture sur écorce de l’Arnhem Land.

Dans la première salle, au sol…
… Et au plafond.


Pour faciliter la compréhension de cette vision du monde complexe, l’exposition est organisée autour de trois thèmes profondément imbriqués :

  • COUNTRY (pays, territoire, Terre mère) se trouve au cœur de la vie culturelle aborigène.
    Il ne s’agit pas d’une propriété, mais d’une entité vivante à laquelle les individus appartiennent et dont ils prennent soin.
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Détail
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Détail
  • CREATION renvoie aux récits fondateurs – appelés Tjukurrpa en Australie centrale et Wangarr en Arnhem Land – qui décrivent comment les êtres ancestraux ont façonné la terre, établi les lois de l’existence et laissé leur présence dans le monde naturel.
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2009. 38 gravures sur papier.
Centre d’art Papunya Tula Artists – collectif d’artistes aborigènes.

  • CEREMONY évoque la danse, le chant, la peinture corporelle et la performance rituelle qui maintiennent le bien-être de Country et assurent la transmission de la mémoire culturelle.
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….
Détails….
…

Pour terminer ce parcours, vous pourrez vous installer dans une alcôve sonorisée pour écouter des récits aborigènes en admirant des oeuvres disposées autour :

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Ils et elles sont toujours présent.e.s dans les musées, déambulant calmement dans les salles, observant visiteurs et oeuvres d’art, à l’image de Chérif TABTEN , responsable de la sécurité incendie au musée de Lodève :

interview Chérif TABTEN
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Chérif TABTEN
Chef Sécurité incendie au musée de Lodève.

Le musée de Lodève est situé
Square Georges Auric
34700 LODÈVE
(grand parking gratuit à proximité)
Horaires : 10h30-13h et 14h-18h

Fermé les lundis et le 1e Mai

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