CES PEINTRES QUE J’AIME TANT

Une belle exposition qui me fait remonter les souvenirs doux-amers de l’adolescence …

Salle d’accueil de l’exposition « Paul Valéry et les peintres » Musée P.Valéry à Sète

Au Musée Paul Valéry à Sète vous pourrez voir cette exposition lumineuse, installée jusqu’au 10 janvier 2021, pour fêter les 50 ans du Musée.

Quelle joie de quitter un musée en ayant la sensation trépidante d’avoir appris plein de choses!
J’avoue en toute simplicité que je connaissais mal Paul Valéry et que cette exposition m’a permis de rencontrer un personnage passionnant: poète, écrivain et peintre aussi.
Ami d’artistes très connus comme Odilon Redon, Degas, Renoir, Monet, Courbet … De poètes comme Mallarmé…
Tous ces peintres que j’aime tant et ce poète qui inquiéta mon adolescence!

« La fileuse endormie » Gustave COURBET

Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.
Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite s’incline.
Un arbuste et l’air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.
Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.
Mais la dormeuse file une laine isolée ;
Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.
Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse…
Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.
Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir… Tu es éteinte
Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

Paul Valéry « La fileuse » 1927.

Une salle de l’exposition « Paul Valéry et les peintres » au musée P.Valéry à Sète (34) Photo: Sylvie Maugis

Dans cette exposition vous retrouverez Monet, Matisse, Picasso, Renoir et beaucoup d’autres.. Quelques un.es peu connu.es…

« Julie Manet ou l’enfant au chat » Renoir
« Les nymphéas » Monet
« La leçon de piano » Matisse
« Sainte Agathe » Zurbaran
« Portrait de Stéphane Mallarmé » Renoir

C’est trop difficile de « commenter » plus ce moment de découverte et de rencontre!
Il faut que vous y alliez et que vous vous laissiez porter par l’ambiance doucement feutrée… Regardez, lisez, goutez!
Et n’oubliez pas de visiter les Collections permanentes du Musée.

Avant de quitter le musée, je suis passée à la librairie et j’ai trouvé la ré-édition d’un ouvrage étonnant: la correspondance entre Paul Valéry et Stéphane Mallarmé « Autour de moi et la main »
Éditions Fata Morgana et Musée Paul Valéry.
Cerise sur ce beau gâteau: les pages ne sont pas coupées et, à la maison, j’ai pu utiliser le coupe papier en bronze de mon papa…

Le curieux Pratique

Le musée Paul Valéry se trouve au 148 rue François Desnoyer à Sète dans l’Hérault
0499047616
museepaulvalery@ville-sete.fr

Le musée est fermé les lundis, puis ouvert tous les autres jours de 10 heures à 18 heures.

Le curieux intello-gourmand

Ne quittez pas le musée sans faire un tour à la librairie du Musée bien achalandée et au petit restaurant/bar niché dans les pins, face à la mer: « Brasserie des Arts » … Pas donné mais bon et très sympa!

LES DERNIERS IMPRESSIONNISTES

À Lodève…

Le Musée de Lodève, dans l’Hérault, propose jusqu’au 28 février 2021 l’exposition: « Derniers impressionnistes. Le temps de l’intimité » qui vous fera découvrir les artistes de la « Société nouvelle de peintres et de sculpteurs », cercle d’artistes – masculins – considérés comme les derniers représentants du courant impressionniste.
« L’intimisme » est un mouvement qui s’attachera à représenter la nature: portraits, paysages de campagne ou urbains, bords de mer en Bretagne, scènes de travail champêtre, bourgeoisie paisible dans des jardins parisiens ou sur la plage de Cabourg, en Normandie.
« Ayant appris qu’il y avait, à Cabourg, un hôtel, le plus confortable de toute la côte, j’y suis allé. Depuis que je suis ici, je peux me lever et sortir tous les jours, ce qui ne m’était pas arrivé depuis six ans. (…)
Cette salle à manger apparaissait nue, emplie de soleil vert comme l’eau d’une piscine. A quelques mètres de celle-ci, la marée pleine et le grand jour élevaient, comme devant la cité céleste, un rempart indestructible et mobile d’émeraude et d’or. »

Marcel PROUST ( « À l’ombre des jeunes filles en fleurs »)

« Terrasse à la fenêtre » Henri Martin (Copyright Galerie A.Pentcheff)
« Port de Bretagne » C.Cottet. Collection Ville d’Évian-les-Bains (copyright BR)

Ils nous racontent des histoires…

Il est amusant de constater que les impressionnistes sont exposés un peu partout en France et à l’étranger en ce moment: Paris, Montpellier, Lodève, Sète, Montréal, Ottawa etc.
Pour essayer de comprendre cet engouement actuel, revenons rapidement sur ce mouvement important de l’Histoire de l’Art.
On situe l’Impressionnisme dans la deuxième moitié du XIX° siècle.
À cette période, l’art était très « académique », c’est à dire respectant la fidélité parfaite au sujet, presque photographique!
Les artistes impressionnistes ont préféré exprimer des impressions et des émotions ( J’aurais aimé, moi, qu’on les appelle les « émotionnistes »!).
Leur trait est moins précis, plus enjoué, les couleurs émergent de juxtapositions de taches au couteau ( de peintre) et – surtout – les sujets s’évadent des traditionnels portraits en chambre ou des scènes d’évocations religieuses ou historiques.
Ils privilégient les scènes de la vie quotidienne dans les villes, les campagnes, les bords de mer… Fascinés par le travail des ouvrier.es autant que par les riches bourgeois des stations balnéaires.

Détail d’un tableau impressionniste
Une salle de l’exposition « Les derniers Impressionnistes » Photo Christian Avenel.

« Tous ces peintres sont morts ou vont mourir, laissant après eux ce que la France a produit de plus original, peut-être depuis la fin du moyen-âge. La seule considération de l’ensemble de leurs travaux contemporains impose l’idée d’une variété des visions et des partis pris d’exécution tout à fait extraordinaire, se déclarant au même lieu, en même temps »
Paul Valéry.

André Dauchez « Fumées de goémon ». Coll. part. Ph.O. Dauchez

Mon professeur de dessin, au Lycée de Sèvres dans les années 70, nous suggérait soit de plisser les yeux, soit d’enlever nos lunettes de myopes pour appréhender la vision des Impressionnistes! Expérience absolument étonnante… Essayez…. Ça marche: ce que vous regardez vous arrive sans contour net, sans détail… Une.. IMPRESSION…. Tiens donc?

Les Impressionnistes nous parlent de nous – riches ou pauvres – racontent nos histoires, nos journées de travail, de labeur, nos week-ends de farniente au bord d’une rivière ou d’une plage, sous le soleil ou la tempête.
Chacun.e de nous peut se retrouver, encore aujourd’hui, dans ces représentations.
À Lodève vous allez rencontrer des peintres moins connus et moins représentés dans les ouvrages sur l’Impressionnisme.

Plus tard, d’autres artistes vont – de nouveau – bousculer ces codes, car c’est cela la magie de l’Histoire de l’Art: inventer toujours ! Ces artistes vont faire appel à nos ressentis, plus charnels et plus intuitifs… L’Art Moderne sera né… Ce sera un autre article du Curieux!

Henri Martin « Petite fille en bleu » Collection particulière Photo M.Maket

Salle des dessins.  » Les derniers Impressionnistes » Musée de Lodève. Photo: Sylvie Maugis.

Aller vers les plus jeunes…

Je voudrais souligner le travail vraiment très innovant et très réussi fait par le Musée de Lodève vers les plus jeunes visiteurs: sous certaines oeuvres un court texte explicite le tableau, la vie de l’artiste ou la technique utilisée… Un livret est aussi à leur disposition dès l’accueil pour les aider à mieux apprécier et dynamiser leur visite.

« Pont à Londres » Émile CLAUS.
Panneau explicatif sous le tableau d’Émile Claus.
Salle du Musée de Lodève. Panneau explicatif pour les enfants sous un tableau d’H.Martin. Photo Christian Avenel.
Agrandissement du panneau explicatif sous le tableau d’Henri Martin.

Il est primordial et plus qu’urgent d’éveiller les enfants et les ados, voire les adultes aussi, à ressentir l’Art, les entrainer à être curieux des courants de création artistiques.
Si on veut « changer la société » c’est par l’accès à la Culture et à toutes les richesses d’invention, loin des « fake news », des complotismes, des négationnismes de tous genres qui polluent le regard et tétanisent l’analyse…

Le Curieux a rencontré Myriam Chollet, responsable de l’animation jeunes publics au Musée de Lodève qui nous parle de son métier.

Myriam CHOLLET Musée de Lodève.
Photo Sylvie Maugis
Podcast:
interview de Myriam CHOLLET


Raconte moi…

Parcours « Raconte moi » . Musée de Lodève

Le Musée de Lodève consacre plus de mille mètres carrés à trois parcours permanents, ludiques et interactifs pour petit.es et grand.es
(J’ai expérimenté: génial!):
« Raconte moi la préhistoire »: avec humour et poésie, découvrez la vie quotidienne des femmes et des hommes du néolithique,
« Raconte moi la vie sur terre »: ce parcours relate l’histoire de la Terre depuis 540 millions d’années,
« Raconte moi Paul Dardé »: découvrez l’univers de ce sculpteur et les différentes techniques de la sculpture de l’époque.

Pratico Pratique

Musée de Lodève
Square Georges Auric à Lodève
Grand parking à proximité.
04 67 88 86 10
museelodeve@lodevoisetlarzac
Tarif Pass, tarifs plein et réduits.
www.museelodeve.fr

Ne quittez pas Lodève sans voir :

  • La somptueuse Cathédrale Saint Fulcran
  • Incontournable aussi : « La Manufacture Royale de la Savonnerie » annexe des Gobelins de Paris où sont fabriqués les tapis qui orneront les salles des ministères, de l’Elysée etc. Impasse des Liciers/ Visites guidées uniquement les jeudis et vendredis à 14 heures.
  • L’étonnante et passionnante Apothicairerie de l’Hôpital de Lodève. 13 bd Pasteur.
  • Le grand marché du Samedi matin en Centre-ville.
  • Le Lac du Salagou …
Vue de Lodève… Qui mérite bien un petit séjour!

IMPRESSIONNISTES CANADIENS

Affiche de l’exposition

C’est au Musée Fabre à Montpellier (du 19 septembre au 03 janvier 2021) que l’exposition « Le Canada et l’impressionnisme, nouveaux horizons » termine sa tournée européenne organisée par le Musée des Beaux-Arts du Canada, par cette seule ville en France.

D’OTTAWA…

Le musée des Beaux-Arts du Canada, à Ottawa (la Capitale du Canada) a été fondé en 1880. Après plusieurs déménagements et aménagements, son architecture actuelle est l’oeuvre de l’urbaniste et architecte Moshe Safdie.
Ce musée abrite une très importante collection d’oeuvres passées et contemporaines d’artistes canadiens, bien sur, mais également d’artistes du monde entier: Chagall, Warhol, Dali ( « Gala et l’Angélus de Millet »… voir mon article sur Dali !), Gauguin, Klimt, Magritte, Mondrian, Picasso, Van Gogh et d’autres encore…

Visite guidée du Musée des Beaux Arts d’Ottawa

Avec plus de 100 œuvres par 35 artistes, l’exposition « Le Canada et l’impressionnisme. Nouveaux horizons » présente un nouveau point de vue sur l’impressionnisme dans l’art canadien. Organisée par le Musée des beaux-arts du Canada à partir d’œuvres de collections particulières et publiques, elle a entamé une tournée européenne en 2019, d’abord à Munich, puis à Lausanne, enfin à Montpellier, présentant ainsi à un auditoire international de célèbres œuvres d’art canadien.

À MONTPELLIER….

Carte du Canada et repères historiques. Hall du musée Fabre Montpellier


Je ne suis pas peu fière d’être LA première visiteuse de cette exposition en France, le samedi 19 septembre à 10 heures pile au musée Fabre à Montpellier!

L’exposition s’articule autour de plusieurs thèmes :
« Paris et la modernité » : Plusieurs jeunes artistes canadiens viennent à Paris suivre une formation académique et se trouvent confrontés à des courants artistiques comme l’école de Barbizon, par exemple, rencontrent des artistes français, les impressionnistes, comme Monet…

Panneau de la salle « Paris et la modernité »

« À la campagne » : La vie parisienne n’est pas facile (déjà !) pour ces jeunes étudiants et à la fin de l’année scolaire, ils fuient vers la campagne environnante, sur les bords de Seine et du Loing… Ils découvrent la lumière particulière de ces rives et les reflets de l’eau et du soleil dans les feuillages.Certaines de leurs ouvres seront envoyées au Canada et remportent un vif succès.
« Sur les côtes françaises » : Dans la deuxième moitié du XX° siècle, certains artistes canadiens visitent les stations balnéaires normandes et bretonnes, reliées à la capitale par les nouveaux réseaux ferroviaires. Ils seront séduits par l’engouement des riches citadins pour les bains de mer, et préfèreront les scènes de plage aux reproductions des paysages.

Salle sur le thème des côtes françaises


« Jeunesse et soleil » : Il n’est pas étonnant que les peintres canadiens se passionnent pour les portraits d’enfants, à la campagne ou à la mer, tant l’enfant a toujours eu une place particulière dans la société canadienne, encore de nos jours !
« Univers féminins » : Français ou Canadiens, les impressionnistes ont donné une place nouvelle aux portraits féminins. Chez les intellectuels canadiens, la figure de l’américaine cultivée et émancipée par ses voyages en Europe devient l’incarnation de la « Nouvelle Femme », »the New Woman». Les femmes peintres sont elles-mêmes l’exemple des nouvelles ambitions féminines et des obstacles auxquels elles se heurtent.

Panneau de la salle: « Univers féminins »


« Nouveaux horizons » : De nombreux artistes canadiens vont pousser leur voyage en Europe vers les pays du Sud, comme l’Italie ou l’Espagne, voire l’Afrique du Nord. Mais la première guerre mondiale les obligera à rentrer au Canada.
« Retour au Canada » : Rentrés au pays, les artistes impressionnistes vont en quelque sorte porter un nouveau regard sur les paysages qui les bercent depuis leur enfance…
« La vie urbaine » : Ces impressionnistes seront vite passionnés, comme les impressionnistes français, à immortaliser les rues, les quartiers, les scènes urbaines qui sont leur quotidien.
« De l’impressionnisme au modernisme » : La première Guerre mondiale a laissé l’Europe exsangue et propulsé la jeune nation canadienne sur la scène internationale. Dans la décennie qui suit, le pays connait un développement économique et industriel spectaculaire, dont les transformations urbaines sont le reflet. Sur la scène artistique, face au conservatisme dominant émerge une nouvelle esthétique moderniste, ambitionnant de créer un art original et propre à la nation. Les Impressionnistes, et particulièrement Maurice Cullen qui depuis son retour poursuit ses explorations malgré les résistances du public, offrent un modèle de liberté esthétique aux jeunes peintres.Une nouvelle génération artistique émerge, à qui le voyage formateur en Europe permet d’assimiler les courants post-impressionnistes, l’Art nouveau ou le fauvisme. Deux groupes s’affirment en 1920 : le Groupe des Sept à Toronto et le Groupe de Beaver Hall à Montréal. (extrait du Dossier de Presse)
« Le groupe des Sept » : Vers 1910, un groupe de 7 jeunes artistes va se constituer afin de mener ensemble des recherches picturales autour de l’idée de créer un art réellement canadien, mettant en valeur les paysages enneigés, les arbres, le scintillement de la neige sur la glace, les lacs blancs etc.
Voilà pour le résumé du parcours de l’exposition, rédigé avec l’aide du superbe Dossier de Presse!

Le drapeau canadien et le drapeau québécois

Adoptée depuis plus de trente ans par une famille Québécoise, j’avoue que j’ai été très émue tout au long de cette exposition!
J’avais déjà pu admirer certaines de ces oeuvres au musée des Beaux-Arts de Montréal, mais les voir, là « chez moi », retrouver ces paysages qui me manquent tant en ce moment où la pandémie nous éloigne un peu plus, c’était très étrange comme sensation… Je souriais derrière le masque en retrouvant les lieux connus et parcourus à Montréal ou Ottawa, peints au XIX° siècle…
J’ai été particulièrement frappée par l’évolution de la peinture de ces artistes entre Paris, les côtes françaises, le Sud de l’Europe et leur retour au Canada.
Tant en Europe le poids de la formation académique ou l’influence pesante des « maîtres » impressionnistes français donnent une certaine rigidité d’exécution et de tons à leurs oeuvres, autant celles réalisées à leur retour sont pétillantes!
Comme si, délivrés des enseignements figés, ils magnifiaient enfin à leur guise leur pays, leurs paysages, leurs concitoyens.nes! Les couleurs sont éclatantes, les reflets du soleil sur la neige ou sur la glace sont subtilement lumineux et les scènes de rues enneigées nous feraient presque sentir une baisse de la clim et on entend vraiment siffler le train qui traverse les paysages glacés!
Comme vivre au Québec, il fait bon se promener dans ces salles, passer de l’Europe au Canada, puis revenir sur mes pas pour comparer les factures, les luminosités, les cadrages!


Je tiens à noter là, la particulière gentillesse du personnel du musée qui, malgré les contraintes sanitaires qui l’oblige à maintenir le public pour éviter plus de 3/4 personnes par salles, surveiller le port du masque… Reste avenant et enjoué!
Jusqu’à la gardienne de la dernière salle avec qui j’ai échangé sur la peinture impressionniste et qui conseille aux visiteurs de monter au deuxième étage pour re-voir les collections de peintures impressionnistes du musée Fabre 🙂
Ce que j’ai fait! Grand merci à elle!
Quel délice de revoir tous ces tableaux et découvrir F.Bazille que je connaissais moins… Et pas pu m’empêcher de traverser les salles « Soulages » bien sur!

Projection sur Frederic Bazille. Photo Sylvie Maugis

Ne manquez sous aucun prétexte cette exposition sur Les Impressionnistes Canadiens et profitez-en pour visiter ( ou revisiter) ce très beau musée qu’est le Musée Fabre.

Avant de quitter le musée, entrez donc dans la petite librairie, trésor de richesses et de découvertes! Livres, affiches, cartes, jeux etc.
Le professionnalisme de Lucile ( et de ses collègues) vous convaincra à jamais de boycotter « À ma zone »!
La librairie « Sauramps au Musée » est ouverte aux mêmes horaires que le Musée Fabre.

Librairie « Sauramps au Musée » au Musée Fabre
Pratico-Pratique

Musée FABRE:
39 bd Bonne Nouvelle à Montpellier ( après l’Esplanade) Tel:0467148300
L’exposition  » Le Canada et l’impressionnisme. Nouveaux horizons » est installée jusqu’au 3 janvier 2021. Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis. Plein tarif: 8 euros ( beaucoup de réductions possibles)
Audio guide: 3 euros.
En vous connectant: https://fabre.montpellier3m.fr
vous accédez à la plateforme: « Fabre dans mon canapé ».

Curieux alentours

À Montpellier, proche du Musée Fabre, découvrez LA NEF:
Chapelle de la Visitation
41 rue de l’Université, qui propose jusqu’au 31 Octobre la très intéressante exposition: « Esprit Tatouage » du mardi au samedi de 10h à 13 h et de 14h à 18 h. Entrée libre.

Sculptures de Manon Lacoste. La NEF.
Le curieux s’envole!

À Ottawa, ne manquez pas de passer une journée au Musée canadien de l’Histoire, si vous devez séjourner dans ce beau pays! Cette immersion vous laissera un souvenir incroyable et vous permettra d’apprécier la richesse de l’histoire du Canada.

Grande galerie du Musée canadien de l’Histoire

ET VOUS SAVEZ QUOI?
Le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente en ce moment une exposition : « PARIS AU TEMPS DU POST-IMPRESSIONNISME, SIGNAC ET LES INDEPENDANTS »
https://www.mbam.qc.ca/fr/expositions/paris-au-temps-du-postimpressionnisme-signac/

ESPACE GEORGE BRASSENS

L’Espace Georges Brassens à Sète. Photo: Dossier de Presse Espace G.Brassens.

L’amoureux des mots


C’est à Sète , pratiquement en face du cimetière où est enterré le chanteur, que l‘Espace Georges BRASSENS ouvrit ses portes en 1991.
En 2006, le musée s’agrandit et consacre aujourd’hui 800 mètres carrés à ce grand poète.
L’espace propose un parcours chronologique dans dix salles thématiques: « L’enfance à Sète », « De Sète à Paris », « Les cabarets », « Inspiration jazz », « Le plaisir des mots », « Poésie et musique », « Éloge de la femme », « L’homme de scène », « Brassens libertaire » et « Terminus gare de Sète ».
Un audiophone à l’oreille, cette visite ressemble à un entretien privé et, au fur et à mesure de ma progression dans l’univers de Brassens, je me sens devenir presque de ses intimes.

La scénographie est tout simplement magistrale : sensible, drôle et remarquablement documentée. Je parie que les plus fins connaisseurs du chanteur apprennent encore des choses!
Dans chaque salle, des films, photos, chansons, manuscrits, presse… Illustrent la thématique, et découvrent un aspect particulier de la vie de l’artiste.
Nous sommes accompagnés par la voix du chanteur dans l’audiophone, qui raconte son enfance à Sète, Paris et les débuts aux cabarets, son amour pour les femmes et celui, unique, pour sa compagne… Entre deux salles, une place est aménagée avec des bancs et, dès que vous serez assis, deux petits hauts parleurs diffusent « Les amoureux sur les bancs publics »: savoureux!

La Covid obligeant, la jauge est très minime dans l’Espace et je me prends à fredonner, à danser et à rire dans des salles quasi vides!

Vers la fin de la visite, installés dans une petite salle de projection, nous pourrons voir le très beau documentaire de François Chatel sur un tour de chant de Georges Brassens à Bobino.
Quelle jubilation de voir l’oeil pétillant, le sourire mi-amusé du chanteur et son émotion intense quand la salle applaudit frénétiquement et que le réalisateur fait un gros plan sur Raymond Devos hilare ! Pour ma part, j’avais la gorge serrée… Car je réalise que je ne l’ai jamais vu sur scène et que c’est trop bête d’avoir loupé ça…
J’ai pu admirer Claude Nougaro et Jacques Higelin : des moments magiques inoubliables!
Allez applaudir vos chanteurs préférés, c’est un précieux partage: il y a peu je suis allée écouter Michel Jonasz au Domaine d’O à Montpellier…
On prend conscience que l’on connaît tout son répertoire…
À un moment du spectacle il chante « Super nana » …
Alors, le public applaudit, chante la chanson, se lève… L’artiste salue…
Et la salle entonne: « Super Jonasz ».. Là, il revient, étonné, ému et son pianiste filme la salle, tous et toutes debout …

SACREBLEU ET CORNEGIDOUILLE … QUELS BEAUX MOMENTS!

Espace G.Brassens. Salle 2: « De Sète à Paris ». Photo Dossier de Presse Espace Georges Brassens
Espace G.Brassens. Salle 6: « Poésie et musique ». Photo Dossier de Presse.
Espace G.Brassens. Salle 9: « Le libertaire ». Photo Dossier de Presse

Brassens: sa vie, son oeuvre 🙂

Que dire de nouveau sur Georges Brassens, à part qu’il a eu la très mauvaise idée de mourir pendant que j’accouchais, en Octobre 1981!
On sait tout ou presque tout sur lui …
J’ai envie de m’arrêter un peu sur l’engagement politique du chanteur, car la salle consacrée à ce thème est un peu étriquée à mon goût, alors que son militantisme, pour moi, sous-tend toute son oeuvre.
Georges Brassens fut un militant anarchiste « actif » (contrairement à Léo Férré, qui – lui – choisit de rester un « sympathisant », et aida financièrement le mouvement anarchiste en donnant des concerts de soutien).
Georges Brassens rejoint la Fédération Anarchiste en 1946.
Il participait aux réunions du groupe anarchiste de son quartier du XV° arrondissement de Paris, dont il fut secrétaire à un moment, payait sa cotisation, comme les autres militant.es, et écrivait dans le journal « Le Libertaire » où il fut aussi parfois correcteur.
Comme beaucoup de contributeurs au journal de la Fédération Anarchiste, et/ou à Radio Libertaire plus tard ( dès 1981..) le chanteur écrivait sous un pseudo. (Non qu’ils/elles ne revendiquent pas leurs engagements, mais certain.e.s juste pour rire et d’autres pour les préserver d’éventuelles violences émanant de mouvements et/ou d’individus d’extrême droite!)
Dans ses articles, il va pouvoir exprimer différemment les thèmes de ses chansons: anti-cléricalisme, anti-militarisme, défiance de la police (« la maréchaussée ») , dégout de la justice…
Il participera également régulièrement à l’écriture du bulletin de la CNT (Confédération Nationale du Travail) syndicat anarcho-syndicaliste.
Quand Georges Brassens fut moins actif, il resta néanmoins proche du mouvement anarchiste en participant à des concerts de soutien pour la presse libertaire.
« L’Anarchie est pour moi une philosophie et une morale dont je me rapproche le plus possible dans la vie de tous les jours, j’essaie de tendre vers l’idéal. L’anarchisme, ce n’est pas seulement de la révolte, c’est plutôt un amour des hommes. La révolte n’est pas suffisante, ça peut mener à n’importe quoi, au fascisme même. »
« Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de n’avoir pas à discuter avec la maréchaussée! »

La visite de l’Espace se termine par la petite librairie, où vous pourrez trouver de belles photos, affiches, boîtes à musique, CD et DVD…

Hall Librairie Espace Georges Brassens à Sète. Photo Sylvie Maugis.

Le 30 Octobre 1981, à l’age de soixante ans, Georges Brassens décède des suites d’un cancer.
Il est enterré au cimetière de la Py à Sète, le cimetière des pauvres, comme il disait… À quelques mètres du carré militaire… Humour noir?
Et, comme il l’avait souhaité, un pin a été planté derrière sa tombe et ce bel arbre le protège de son ombre !
Tous les ans, fin Octobre, des files de gens viennent lui rendre hommage, en déposant des mots, des fleurs, des pipes, des briquets…

La tombe de Georges Brassens. Cimetière de la Py . Sète
Photo: Sylvie Maugis
Hommage anonyme. Tombe de Georges Brassens.
Cimetière de la Py . Sète.
Photo Sylvie Maugis.
Le podcast du Curieux


Voici le lien de la bande annonce de la réouverture de l’Espace Brassens après confinement: une sympathique réussite !

Pratico Pratique

L’ESPACE GEORGES BRASSENS est situé au
67 bd Camille Blanc à Sète ( Hérault)
Ouvert tous les jours de 10 h à 17 h.

Le Cimetière de la Py est un petit plus bas sur ce même boulevard.

Dédicace

Je dédie cette page à mon ami d’enfance Roland DYENS, grand guitariste, concertiste et professeur au Conservatoire de Musique de Paris, qui nous a quitté lui aussi une fin de mois d’octobre, à l’age de soixante et un an….

Roland avait enregistré deux CD de chansons françaises et, dans le volume 2, il y interprète: « La ballade des dames du temps jadis » de G.Brassens:

Pochette du CD de Roland DYENS: « Chansons française volume2. »

SALVADOR DALI

DALI intime à Portlligat

Depuis très jeune ado, j’ai toujours été attirée par le surréalisme…
Je me trouve incapable de mettre des mots sur ce ressenti.
Magritte, Dali, Miro, Ernst et Mallarmé ont été mes premiers émois artistiques… Peut-être cette possibilité offerte d’être accompagnée dans mes rêves? Ou l’incapacité de pouvoir s’exprimer?
Les peintres surréalistes sont tous des « personnages » au sens théâtral du terme, et Salvador Dali une icône…
Mon séjour en Catalogne – à Figueres et Portlligat – ont totalement modifié mon regard sur cet homme incroyablement exaspérant et qui se trouvera finalement si proche de moi… Ou dont je me trouve finalement si proche?

Dans cette fastueuse résidence de Portlligat, proche de Cadaquès en Espagne, le peintre surréaliste Salvador DALI ( 1904-1989) a travaillé régulièrement jusqu’au décès de sa femme Gala en 1982.
Ils s’y installent dans les années 30, fasciné.es par la lumière et par le calme de ce petit port catalan. Pendant quarante ans, il va construire petit à petit son lieu de vie et de création, avec l’aide de quelques habitants du village, heureux de voir s’animer cet endroit isolé et curieux de rencontrer cet étrange personnage, qui se montre si chaleureux et amical.
« À chaque nouvel élan de notre vie correspond une nouvelle cellule, une nouvelle pièce » disait-il …
Quand un journaliste s’étonne de ses participations à des films publicitaires (pour rappel celles des chocolats Lanvin) il lui montra d’un geste ample, une main posée délicatement sur le pommeau de sa canne, une aile de la maison et lui répondit juste: « Pour cela ».

Dans cette maison extra-ordinaire, il aménagera plusieurs espaces:
Les espaces intimes de leur vie de couple, au rez de chaussée, où Salvador avait installé dans la chambre un jeu de petits miroirs pour que les premiers rayons du soleil viennent l’éveiller le matin et où Gala tressait des couronnes d’immortelles pour décorer le faîte des armoires… Émouvant contraste que ces vestiges d’une vie simple, quand on connaît les côtés fantasques du peintre!

Petit salon des Dali à Portlligat
La chambre des Dali à Portlligat

L’atelier où l’artiste passait de longs moments de travail et de réflexion, les yeux perdus vers la mer qu’il voyait de la fenêtre percée derrière son chevalet. Un étrange système de « passe-plats » permettait de faire descendre les tableaux au sous sol près de la rue!

L’atelier de Salvador DALI, et son dernier tableau inachevé…

Et les espaces extérieurs comme l’oliveraie, le pigeonnier, la piscine et les cours, plus spécifiquement tournés vers la vie publique et dont la décoration ressemblait bien à ce que les journalistes et autres hôtes attendaient de Dali…

L’oliveraie de la maison Dali
Mur d’enceinte
La piscine de Dali
Près de la piscine..
Une toiture
« Gala » le bateau des Dali

Photos: Sylvie Maugis et Christian Avenel.

DALI et « L’Angélus » de Millet

Lors de ma visite à Portlligat, j’ai appris une bien étrange histoire…
Salvador Dali était très intrigué par le tableau de Jean-François Millet « l’Angélus » ( 1857).
Dans ce tableau, deux paysans ont déposé leurs outils pour prier, alors que l’on imagine l’angélus sonner au loin.
À leurs pieds se trouve une corbeille de fruits…

« Angélus » J-F Millet 1857

Or, Salvador Dali était très agacé par cette corbeille qu’il jugeait totalement anachronique dans ce tableau, car pourquoi prier au-dessus d’une corbeille de fruits?
Grâce à sa notoriété de peintre, il obtint de faire réaliser par le Louvre un scanner du tableau original… À ses frais!
La radiographie révéla que sous la couche de peinture qui représentait la corbeille de fruits, s’était trouvé à l’origine du tableau, un caisson noir, que Dali interprète comme un cercueil d’enfant..
Visionnaire de génie!
Plus tard, Dali applique son procédé d’interprétation « paranoïaque critique » à ce même tableau de Millet et y lit une symbolique érotique ( la fourche plantée, le chapeau de l’homme qui cacherait son érection etc.) Je vous conseille la lecture de son ouvrage: « Le mythe tragique de l’Angélus de Millet » écrit en 1938 et paru en 1963…

DALI théâtral à Figueres

La façade du Théâtre-Musée Dali à Figueres

Au théâtre-musée de Figueres toute l’excentricité du peintre explose! Construit sur les vestiges d’un ancien théâtre, ce musée présente la plus belle collection d’oeuvres de Salvador Dali.
L’artiste y a absolument TOUT conçu, jusqu’au moindre détail, pour nous plonger entièrement dans son univers surréaliste… Même la place de son tombeau dans la grande salle du rez-de-chaussée!
A ce propos, je ne peux m’empêcher d’exprimer un réel sentiment de dégoût, quand, en 2017, une illuminée a revendiqué être la fille de l’artiste et que le tribunal, sans aucun élément de preuve, a ordonné l’exhumation du corps de Dali…
Obligés de fermer le musée au public en plein mois de Juillet, puis de recouvrir la verrière pour éviter les indiscrétions d’éventuels drones, de soulever une pierre d’une tonne et demi, les spécialistes ont donc ouvert le cercueil clos depuis près de 30 ans… Le corps embaumé présenta les moustaches absolument intactes de l’artiste et les prélèvements donnèrent tort à la cartomancienne …
Quelle tristesse!

Le dôme verrière
Détail du Dôme
La grande cour
La grande cour
Mur de la cour

Décors, installations, galeries… Pendant plusieurs heures, sur trois étages, vous allez oublier l’extérieur et le quotidien… Là, rien pour s’accrocher à la réalité: trompe-l’oeil à foison, délires de couleurs, formes détournées, perspectives déformées… Retenez votre respiration…
Plongez!

Le seul petit bémol que je mettrais à cette visite intense est l’autorisation de faire des photos…. Certes, cela me permet de vous faire partager ma passion, mais j’ai vu quelqu’un se poser tranquillou entre un tableau et moi pour canarder l’oeuvre avec son smartphone et passer au tableau suivant… En courant!

Dernier petit moment subtilement « bling bling« : l’exposition permanente « DALI BIJOUX » à une centaine de mètres du Théâtre-Musée.
Trente neuf bijoux en or et/ou pierres précieuses, mis en scène par l’architecte Oscar Tusquets qui magnifie ces petites merveilles dans une ambiance mi-sombre, accompagnées des dessins-esquisses de ces bijoux que Dali a réalisé entre 1941 et 1970.

Une rue de Figueres

Photos Dali à Figueres: Christian Avenel

Il ne vous sera pas forcément aisé d’aller en Espagne par ces temps de pandémie!
En France, deux lieux étonnants vous permettront d’admirer l’oeuvre du peintre:

DALI privé à Paris

Devanture de la galerie « DALI PARIS »

Dans la galerie « DALI PARIS » – dans le quartier Montmartre à Paris – on peut découvrir des oeuvres totalement inédites, provenant de la collection Beniamino LEVI, grand collectionneur et marchand de Salvador DALI.
« Le génie de Dalí déborde largement du cadre classique de l’art. Préfigurant l’époque contemporaine, il s’invite à toutes les nouvelles voies de la création : le design, l’édition, la mode, le théâtre et le cinéma, la publicité. Chaque fois une rencontre déterminante, Albert Skyra, Elsa Schiaparelli, Alfred Hitchcock, Jacques Daum, l’encourage à créer des formes innovantes.
Tout au long de l’exposition, il est question de formes et de déformations, d’abstraction et de matière en fusion : la métamorphose des objets dans les toiles du peintre, comme les « formes mobiles de ces rochers immobiles » du Cap Creus, trompent les sens du spectateur. L’illusion dans la peinture de Dalí rend le visible invisible et l’invisible visible.
L’architecte-scénographe Adeline Rispal redessine les volumes du musée et imagine une scénographie qui dévoile un aspect essentiel de la créativité de Dalí en racontant les multiples facteurs historiques, humains, techniques, esthétiques, qui concourent à l’élaboration d’une collection. » Texte: Galerie DALI PARIS

En déambulant dans ce très bel espace clair , j’ai découvert des illustrations de Dali pour « La Divine Comédie » de Dante et pour « Alice au pays des Merveilles » de Lewis Caroll.
J’ai vu des sculptures méconnues aussi, mon éléphant préféré
et bien d’autres merveilles, commandes d’éditeurs, de ministères, de Musées…
J’ai été charmée par la simplicité aimable des collaborateurs de la galerie qui ont répondu à nos questions – parfois très naïves – sur l’historique des oeuvres en vente, sans mépris et sans condescendance… Rare!

DALI PARIS
DALI PARIS
DALI PARIS
DALI PARIS
DALI PARIS
Un grand merci à la galerie
DALI PARIS pour les textes et les
photos de Marc DOMAGE

DALI en immersion
aux Baux de Provence

L’affiche de l’exposition immersion aux Baux de Provence

Au Sud de la France, près des Baux de Provence, les CARRIÈRES DE LUMIERES présente une installation vidéo à partir de l’oeuvre de Salvador DALI et GAUDI, intitulée : «  Dali, l’énigme sans fin ».
Réalisation: Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto, Massimiliano Siccardi. Collaboration musicale de Luca Longobardi.
« À travers un parcours thématique, le visiteur se promène dans des paysages surréalistes et métaphysiques et se retrouve au coeur des oeuvres surprenantes de l’artiste à l’imagination débordante. Exposées à travers le monde (Fondation Gala-Salvador Dalí à Figueres, Dalí Museum en Floride, Musée Reina Sofía à Madrid, MoMA à New-York…) ces œuvres, aux multiples niveaux de lecture, illumineront les Baux-de-Provence. Déployées et animées sur le sol et les murs jusqu’à 16 mètres de haut, elles laissent apparaître les détails des coups de pinceau, des traits et des jeux de matières. Peintures, dessins, photographies, sculptures, gravures, films et images d’archives rappellent la personnalité unique du peintre à la moustache célèbre mais également ses obsessions pour l’étrange et le surnaturel ainsi que sa fascination pour sa femme Gala, sa véritable muse. »
Texte: Culturespace.

L’expérience des immersions proposées par « Culturespace » aux Carrières de Lumières (ou aux Ateliers de Lumières à Paris et aux Bassins de Lumières à Bordeaux) est un moment difficilement descriptible! J’essaye quand même….

Les Carrières des Baux de Provence

Dans les immenses carrières des Baux de Provence, qui servirent de décor à Jean Cocteau pour « Le testament d’Orphée » en 1978, une centaine de vidéoprojecteurs retranscrivent des images sur 7000 mètres carré de sol et de parois de pierre…
Certains tableaux s’animent et une musique ( en l’occurence pour Dali, les Pinks Floyds) nous enveloppent entièrement pendant une quarantaine de minutes (en boucle). Puis une projection court métrage prend le relai ( Dans « Dali, l’énigme sans fin », sur Gaudi ).
Quand on rentre pour la première fois on est pris d’une sorte de vertige, tant l’espace est monumental et totalement recouvert d’images éblouissantes! On s’habitue lentement à l’espace, au temps, aux lumières, pour se promener dans les oeuvres présentées…
On monte des escaliers pour embrasser une vision d’ensemble, on redescend pour regarder de plus près l’animation d’un détail de tableau, on s’arrête un peu, on repart … Marche avant, marche arrière… On se sent faire partie des oeuvres, c’est ennivrant!
On se prend d’envie de courir comme les gosses et on n’ose pas… Oh! Et puis si… Et même danser un peu…
Quand la projection se termine, je me retrouve un peu assommée et le coeur un peu serré, je me dirige vers la sortie… NOOOON! …. J’y retourne!

« Dali, l’énigme sans fin »
« Dali, l’énigme sans fin »
« Dali, l’énigme sans fin »

Photo: Dossier de Presse Culturespaces.

« Dali, l’énigme sans fin »
« Dali, l’énigme sans fin »
« Dali, l’énigme sans fin » : GAUDI.

Photos: Sylvie Maugis

Le Curieux lit…

« Le DALI de DRAEGER » de Max Gerard.
Draeger est un imprimeur français qui met un soin particulier aux publications d’oeuvres peints. Un ouvrage magnifique!

« DALI. L’Oeuvre peint » de Robert Descharnes et Gilles Neret
Ed. TASCHEN
Indispensable et très accessible tant par le contenu que par le prix
( 15 euros le pavé!)

« Le catalan immortel »
Hors série hommage du journal « L’Indépendant ».
Très bien documenté et intéressant… Sauf quand ils parlent de DALI « anarchiste », ce qu’il n’a jamais été !

« Salvador DALI, Pensées et anecdotes » Ed. Cherche Midi.
SA-VOU-REUX!!
Quelques extraits:
« Autour de Dali, tout est vrai sauf moi »,
« L’unique différence entre un fou et moi,
c’est que, moi, je ne suis pas fou »
etc. etc. etc.
À consommer sans modération!

Les p’tits curieux lisent aussi

« DALI » Ed. Quelle histoire
« Livre d’activités Dali » Ed. Palette
« Comment parler de Dali aux enfants » de S.Andrews.



Pratico Pratique

Maison Musée à Portlligat. 10h30 à 18 h
Théâtre Musée et Dali Bijoux à Figueres. 9h à 18h et à 20 h l’été.
www.salvador-dali.org
Dali Paris. 11 rue Poulbot 75018 Paris. 10h à 18h30 ts les jours.
www.daliparis.com
Les Carrières de Lumières

Sur la D27 13520 Les Baux de Provence. 9h30 à 19 h.
ww.carriere-lumieres.com

Film curieux: la publicité de la marque Lanvin par Salvador DALI !

Curieuse dans l’oeuf de Dali à Portlligat

Vous pouvez joindre Le Curieux: lartdetrecurieux@gmail.com
ou laisser un commentaire sur cette page!

La VILLA MÉDICIS Rome

Rome vue de la terrasse de la Villa Médicis

Si vous avez pris des vacances et si vous avez du boulot, aujourd’hui
vous retournez surement au travail, masqué.es…
Pour prolonger un peu cet été pas comme les autres, le Curieux vous emmène rêver à Rome en visitant la villa Médicis!

La façade arrière de la villa Médicis

Un peu d’histoire…

Ce palais renaissance, qui abrite l’Académie de France à Rome, est propriété de l’État français.
Créée en 1666 par Colbert, sous Louis XIV, l’Académie de France à Rome – Villa Médicis a pour mission d’accueillir des artistes et des chercheurs pour leur permettre de poursuivre sereinement leurs travaux, études et recherches.
Ingres, Berlioz, Carpeaux, Debussy ou encore Garnier, entre autres, y ont séjourné…
La Villa est aujourd’hui ouverte internationalement à tous les champs de la création artistique, de l’histoire et de la théorie des arts, ainsi qu’à la restauration des œuvres d’art et des monuments.
Le parc de sept hectares est planté de pins qu’il faut maintenant « démonter » un par un, car ils tombent de vieillesse ! Crève-cœur pour tout le personnel, car ces pins assuraient la symétrie élégante des jardins, parfois depuis plusieurs siècles…

Un pin du jardin de la Villa Médicis

Résidence d’artistes

La villa Médicis est un lieu de résidence de jeunes artistes déjà engagé.es dans la vie professionnelle, pour un an ou deux maximum (restrictions budgétaires obligent : il y a encore peu le séjour durait 4 ans!), sélectionnés par concours – sur un projet précis – chaque année.
Une quinzaine d’artistes y séjourneront cette année, dégagés de tous soucis matériels, voire avec leurs familles.
Elles et ils sont plasticien.nes, scénaristes, auteur.es, historien.nes d’Art, auteur de BD, photographes, compositeurs, architectes, designers…
« Logés-nourris-blanchis », ils disposent d’un atelier et n’ont pas obligation d’offrir leur œuvre en partant…
Un rêve… !
Pour infos : Les jurys des résidences se réunissent chaque année en juin. La limite de dépôt des candidatures est fixée fin mai.

André Malraux (Ministre de la Culture de 1959 à 1969. « Père » de la décentralisation, il est à l’initiative du statut des intermittents, qui a permis à un grand nombre d’artistes de cinéma et de de théâtre de pouvoir vivre correctement entre deux contrats…) confiera au peintre Balthus la mission de rénover et réactiver la Villa…
Frédéric Mitterand (neveu de François et lui aussi Ministre de la Culture de 2009 à 2016) y assurera également la direction plusieurs années.
Depuis peu , et après un long moment sans direction, c’est Sam Stourdzé, qui vient d’être nommé par le gouvernement français.

S.Stourdzé

Lui même pensionnaire à la Villa Médicis en 2007-2008, spécialiste de l’image et commissaire d’expositions, il a dirigé le festival de photographie « Les Rencontres d’Arles » depuis 2014.

Entrons dans ce lieu mythique…

Dès l’entrée dans la villa, l’ambiance « rêve et mystère » saisit doucement, même si – comme partout à Rome – sont stationnés à l’entrée les carabinieri et l’armée italienne. (Qui ont souri quand je leur ai demandé si c’était l’armée française ou italienne… Mais moi… J’aime savoir où passent mes impôts!)
Le personnel est d’une gentillesse au delà du commercial et parle français avec cet accent italien si glamour.
En attendant la visite guidée en français, direction la caffetteria/ristorante « Colbert » accessible au public sans billet d’entrée .
… « Mamma mia ! » … Saisissant : feutré, sobre… Une terrasse dans un jardin planté de plusieurs espèces de citronniers, les caffè gelato trop bons et une vue époustouflante sur Rome.
Tiens… Toutes les statues masculines sont émasculées… Pas de zizis dans ton martini!

La caffètteria du restaurant Colbert
Le jardin de citronniers de la terrasse du restaurant Colbert.

La visite est une déambulation tranquille dans la villa par l’escalier en colimaçon auto-porté…
Notre jeune guide – étudiante française en histoire de l’Art à Rome – nous raconte avec enthousiasme l’aménagement et les transformations successives des chambres et des appartements par les différents directeurs, les meubles rares et les oeuvres offertes par les résidents de tous les temps, puis nous fait découvrir les terrasses, les jardins aux mille recoins perdus, les pavillons aux plafonds peints où sont entreposées des œuvres …
« Magica parentesi della cultura francese » *

L’escalier en colimaçon auto-porté

Déambulation dans le jardin…

On ne peut malheureusement pas visiter les ateliers d’artistes le jour de ma venue…
Je m’amuse donc à me perdre dans les allées, j’entre sur la pointe des pieds dans les pavillons au fond du parc pour admirer les plafonds peints et les oeuvres qui semblent un peu délaissées, je contourne les fontaines pour revenir sur l’esplanade arrière de la Villa…

Tout est BEAU!

Fontaine du Parc
Une allée…
Au fond du jardin….
Plafond d’un pavillon du Parc.
Étude de plâtre
Scène champêtre cachée dans le jardin!
Façade arrière et esplanade de la Villa Médicis
Pratico-Pratique

Villa Médicis : Viale della Trinità dei Monti. Rome
Visites guidées en français plusieurs fois par jour. (6 et 12 euros )
La visite des ateliers des artistes n’est possible que certains dimanches.
La Villa propose aussi des programmations autour de la culture française toute l’année :https://www.villamedici.it/fr/en-ce-moment-a-la-villa-medicis-2/

* » Parenthèse magique de la culture française »

Photos: Sylvie Maugis

MARSEILLE AUX MUSÉES

Incontournable MUCEM!

Esplanade du Mucem

Le MUCEM a été inauguré en 2013 à l’occasion de la nomination de Marseille « Capitale de la Culture 2013 ».
Sa belle architecture en dentelle de béton de Rudy Ricciotti ouvre sur les ports, la mer et la ville.
Le grand hall d’accueil dessert deux lieux d’exposition permanentes et deux autres au Niveau 2, pour les expositions temporaires.
Après avoir réglé 11 euros (pas de réductions pour les « séniors » : on sait bien qu’ils sont aisés ici…) on traversera les deux premières expositions du rez de chaussée au pas de courses dans des salles où la clim affiche 17°, parce que, vue la température caniculaire de l’extérieur, vous vous êtes peu couvert.es !
De toutes façons, le trio « photos/maquettes/reconstitutions » proposé par tous les musées patrimoniaux de France est tellement éculé, qu’il ne m’a pas incité à flâner… ( « Ruralités » : les fondements de l’agriculture et de l’élevage en Méditerranée et « Connectivités » : l’histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée au XVI° et XVII° siècles) .

Expositions temporaires du MUCEM:

Une belle découverte sera l’installation d’Alexandre Périgot :
« Mon nom est personne » :
Alexandre Périgot a disposé au sol 1300 reproductions en 50×70 cm de tableaux d’artistes connus ou inconnus…
Cette étonnante « fresque » qui permet de parcourir tranquillement des siècles d’art, fait réfléchir sur la notion de notoriété artistique !
En vidéo-projection des improvisations de deux musiciens dont nous ne retrouverons le nom nulle part dans les brochures du Mucem : peut être leurs noms sont personne ?
J’avoue une certaine amertume quant au traitement un peu « à l’économie » de cette installation très originale !

« Mon nom est personne« 

Au même étage, l’exposition « L‘Orient sonore, musiques oubliées, musiques vivantes » nous emmène, à travers la projection simultanée de douze documentaires, vers des traditions orales « en voix » d’extinction…
Passionnée par la musique expérimentale et électro-acoustique, je ne peux m’empêcher d’utiliser à son propos le mot « cacophonie » pour décrire l’ambiance de cette salle où il est impossible de se concentrer sur l’écoute de telle ou telle musique et d’apprécier les images, envahis par le son du documentaire proche ! Plusieurs visiteurs fuient, excédés et déçus ! La qualité de ce travail de recherche aurait mérité les conditions d’une écoute privilégiée…

Exposition Orient sonore…
Exposition Orient sonore…

Au Fort Saint-Jean…

Avant de rejoindre le Fort Saint Jean, je me dirige vers le restaurant « Le môle Passédat » : menus à 55 et 75 euros. De l’autre côté de l’eau, leur « café école » est à peine moins cher , quant au snack du RC il propose des sandwichs à 8 euros… Ces tarifs m’interrogent sur la population ciblée par le MUCEM ?
Au Fort Saint Jean deux expositions sur la flore et le vêtement donnent, malheureusement, encore une impression de « millefoisvus »…
Ma visite se terminera par la Galerie des Officiers qui présente dans ses petites salles une reconstitution en 3D de l’histoire du Fort particulièrement réussie et passionnante..

Je sors alors avec le sourire 🙂

Reconstitution en 3D de l’histoire du Fort St Jean

Château-musée BORELY

Chateau Borély

Où aller à Marseille en cas de canicule ? Pas sur les plages bondées mais au Parc Borély…
En entrant par l’avenue du Clot Bey on débouche près du très imposant château du XVIII° siècle qui devint « Musée des Arts Décoratifs, de la Faïence et de la Mode » en 2013.
Il nous fait découvrir gratuitement une des plus belles collections de faïences et de verreries qu’il m’ait été donné de voir, et l’exposition temporaire (également en accès libre) est savoureuse : «L’héritage surréaliste dans la mode » est une présentation pleine d’humour de 30 modèles – chaussures, chapeaux, gants, robes, tenues etc. – des collections du musée Borély, accompagnée de documentaires vidéo de défilés.

Verreries
« L’héritage surréaliste dans la mode »
Vase
P’tits curieux d’art

Le MUCEM propose aux enfants à partir de 8 ans un parcours d’activités sur les extérieurs du musée grâce à un fascicule de coloriages, quizz etc.

Curieux alentours

Le très beau Parc Borély, majestueux et ombragé où vous pourrez apprécier l’accueil souriant du Café du Lac et déguster une glace plus un café pour .. cinq euros !

Le lac du parc Borély

La promenade en bateau « Les essentiels des calanques » .
Le long des côtes jusqu’à Cassis, le nez au vent, le soleil qui tape et la mer … Un régal !

Vers les Calanques…
Pratico-Pratique

MUCEM :
Ouvert de 10h à 20h
1 Esplanade J4 13002 Marseille
www.mucem.org

MUSEE BORELY :
Ouvert de 9h à 18 h/ Accès Gratuit jusqu’au 03 janvier 2021.
132 avenue du Clot Bey 13008 Marseille

INTERVIEW de Benoit DECRON, directeur du Musée Soulages à Rodez.

À propos de l’exposition :

 » FEMMES ANNÉES 50, AU FIL DE L’ABSTRACTION, PEINTURES ET SCULPTURES »

Prolongation jusqu’au 31 Octobre 2020

L’exposition « Femmes Années 50, au fil de l’abstraction, peintures et sculptures » est une exposition majeure ( Mon dictionnaire des synonymes m’a proposé aussi « remarquable » ) orchestrée par l’équipe du Musée Soulages.
Benoît DECRON, directeur du musée Soulages à Rodez nous présente les 43 oeuvres de femmes artistes, ou d’artistes femmes, très peu connues … et reconnues !

Une salle de l’exposition « Femmes années 50 »
Benoît DECRON à l’entrée de l’exposition « Femmes années 50 »
Podcast

Interview de Benoît DECRON

Photos: Christian AVENEL

portrait de Pierre Soulages CH BOUSQUET don des amis du musee Soulages

Pierre Soulages

Le «géant noir» de l’art contemporain à Conques.

Les bandes translucides et noires qui s’animent grâce au travail du relief du verre et du soleil transperçant ces vitraux, dans le calme un peu solennel de l’abbaye, m’ont fasciné…

J’ai lentement fait le tour de l’abbatiale, la bouche entr’ouverte et les yeux vrillés vers le ciel!

Souvenir aussi d’un grand éclat de rire, lorsque l’amie qui m’accompagnait avait eu cette réflexion tout à fait hilarante: «Ils auraient quand pu mettre quelque chose de plus gai en attendant les vrais vitraux!».
Ce fut à peu près les réactions essuyées par l’artiste le jour de l’inauguration de ces nouveaux vitraux en 1994… Les curés avaient dû enlever de l’église le cahier des intentions de prières parce qu’il était plein de plaintes et d’insultes. Certains croyants avaient lancé des pétitions pour que l’on repose les anciens vitraux colorés de 1952.

Aujourd’hui, ces détracteurs reconnaissent qu’ils magnifient l’architecture médiévale de l’Abbaye !

C’est le Ministre de la Culture Jack Lang qui avait commandé à l’artiste cette tâche de rénover la centaine d’ouvertures de l’abbaye, qui a nécessité sept ans de recherches et de travail à Pierre Soulages et Jean-Dominique Fleury, maître verrier.

Abbaye de Conques
Carton d’études des vitraux de Conques
Carton d’étude des vitraux de Conques

Rodez…

Et puis, en 2014, ce fut le choc – réel – lors de ma visite au Musée Soulages, à Rodez.
Parce qu’il est né à Rodez, il y a 100 ans, Pierre Soulages a choisi d’y faire construire «son» musée.

Musée Soulages à Rodez

Beau cadeau à sa ville natale qui a vu près de cinq cent mille visiteurs s’y précipiter depuis ! (Je me suis laissé dire que la ville de Sète, où il réside, n’a pas saisi cette opportunité… Mais je suis mauvaise langue!)

Dans cet immense bâtiment roux au sud de Rodez, on plonge avec jubilation dans tout son univers : les premières œuvres figuratives, la progression de son travail du brou de noix à l’ « outrenoir » , toutes les planches de recherche de Conques, les films passionnants et les si belles photos… (Son portrait à l’entrée me donne envie de l’embrasser!) La pénombre du musée incite à se laisser porter à ressentir.

S’assoir et voir.
«Tu aimes ou pas?»
Quelle étrange question !
Juste se laisser aller, vibrer… ou pas… Et ce n’est pas grave…

«L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire.»

Pierre Soulages

Musée Soulages Coll. permanente
Musée Soulages Coll. permanente

Au Musée Soulages, vous retrouverez régulièrement des expositions temporaires 

«Femmes années 50. Au fil de l’abstraction, peintures et sculptures Reprise de l’exposition jusqu’au 31 octobre 

Dans la publication suivante vous pourrez écouter la présentation de
cette exposition par Benoît Decron, directeur du Musée Soulages à Rodez.

Montpellier…

Pierre Soulages a également offert des œuvres au Musée Fabre de Montpellier, où, dans plusieurs salles dédiées, vous pourrez admirer de très grands formats.

Pierre Soulages Musée Fabre Montpellier
Pierre Soulaghes Musée Fabre Montpellier
Pierre Soulages Musée Fabre Montpellier
Pierre Soulages Musée Fabre Montpellier
Michel HILAIRE, conservateur du Musée Fabre, lors de la
présentation de l’hommage à Pierre Soulages. 2019.
P’tits curieux d’art

Comment sensibiliser les enfants aux œuvres de Pierre Soulages ? Question qui concerne bien des artistes… Et bien des parents !

À la librairie « Sauramps » au musée Fabre, j’ai découvert :
«  Pierre n’a plus peur du noir » de Michel Pastoureau et Laurence Le Chau Éditions Privat.

Cette BD raconte que Pierre, un petit garçon qui avait peur du noir, a mis KO ses frayeurs nocturnes quand son père l’emmena voir les peintures de Soulages au musée… Là, Pierre se rend compte que le noir est une très belle couleur !

Adepte de «l’éduc’action», j’ai posé négligemment l’ouvrage sur la table de nuit de mon petit-fils aux dernières vacances… Dévoreur de mots, je savais qu’il la lirait !

L’air de rien, je lui ai demandé le lendemain s’il avait aimé cette BD…
Devant son approbation:
– «Tiens! Alors on va aller au Musée Fabre les voir ces peintures toutes noires!»
J’habite à 30 km de Montpellier, c’est donc simple… Je vous l’accorde!

Et là, j’ai vu le gamin courir, sauter, s’arrêter, regarder attentivement devant et derrière les peintures, totalement rayonnant!
Il a pris mon appareil photo et s’est amusé à les photographier… Puis il a voulu se promener dans TOUT le Musée pour faire des photos…
Moment magique… Qu’il a souhaité partager avec ses copains de CE2 à son retour à l’école !

Gaston au musée Fabre à Montpellier
Rodez alentour:

– Le Musée Fenaille : ce musée abrite LA plus belle collection de statues-menhir d’Europe ainsi que d’autres trésors que vous pourrez découvrir avec vos enfants lors de visites-ateliers.
Y sont aussi programmés des concerts, des rencontres, conférences etc.

Statue menhir au musée Fenaille à Rodez

– La cathédrale :

Cathédrale de Rodez
Montpellier alentour:

– Le Pavillon Populaire : lieu exceptionnel d’expositions de photos de grandes qualités (toujours gratuites).
– Pavillon Bagouet : petit lieu d’exposition d’artistes contemporains ( gratuit aussi)

Le pavillon Bagouet
Pratico-pratique

À Conques

L’Abbatiale de Conques, en Aveyron, est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
 Horaires de visite :
– Abbatiale : tous les jours de 7h-22h en basse saison et de 7h-22h30 en haute saison 

– Musée du Trésor : Ouvert tous les jours  de 10h à 12h et de 14h à 18h oct.-mars ; De 9h30 à12h30 et 14h à18h30 avril-sept

À Rodez :
Musée Soulages:Jardin du Foirail, Avenue Victor Hugo, 12000 Rodez
Ouvert du mardi au vendredi 10h/13h-14h/18h, samedi et dimanche : 10h/18h
Juillet-Aout : lundi au dimanche : 10h/18h

Musée Fenaille : 14 place Raynaldy, Rodez
Courriel : accueil.fenaille@rodezagglo.fr
Mardi au vendredi : de 10h à 13h et de 14h à 18h
Samedi & dimanche : de 10h à 18h
Du 1er juillet au 31 août : Tous les jours de 10h à 18h

À Montpellier :
Musée Fabre :39 Boulevard Bonne Nouvelle
Le musée Fabre est ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf le lundi.

Pavillon populaire :Esplanade Charles-de-Gaulle.

Espace Bagouet :Esplanade Charles de Gaulle .


Podcast :

Interview d’Aurélie CADOT de l’Agence Observatoire

Aurélie Cadot de l’Agence Observatoire.
Remerciements…

Je tiens à remercier chaleureusement

Aurélie CADOT de l’Agence Observatoire pour son attention.(www.blog.observatoire.fr)

Yoan Martoglio UX/UI designer pour son patient soutien technique! (yoan.martoglio@gmail.com)

Olivia Mahieu «La fille de l’encre» pour m’avoir transmis le virus du blog.(www.lafilledelencre.fr)

Christian Avenel auteur des visuels photos et dessins (www.empreintesdefeu.fr)

Vous pouvez communiquer avec L’ART D’ÊTRE CURIEUX : blogart@orange.fr

La curieuse!