« RONGER SON FREIN… »

« Ronger son frein »: contenir avec peine son impatience ; être dépité ; être contraint de retenir sa colère ; s’impatienter ; supporter avec peine l’inactivité ; contenir son impatience ; contenir sa colère ; retenir sa colère ; refouler en soi son dépit ; mâcher le mors…
Imaginez que vous ne puissiez exprimer votre colère… Alors quoi de mieux que de descendre de votre voiture, installer le cric, démonter une roue et vous mettre à ronger, au choix, un disque, une plaquette ou un tambour ? Une chose est sûre, en vous occupant ainsi, vous devez certainement vous calmer. Et faire plaisir à votre dentiste…
Mais cette expression datant de la fin du XIVe siècle, ce n’est pas aux véhicules motorisés qu’il faut penser, mais à la plus belle conquête de l’homme :  le cheval.
En effet, le ‘frein’ est ici le mors, cette pièce généralement métallique placée dans la bouche de l’animal et qui, reliée aux rênes, sert à le diriger.
Or, que fait un cheval qui s’impatiente en attendant le retour de son maître? il mâchouille son mors (son frein), faute de choses plus intéressantes à faire.
Dans cette métaphore, le ‘frein’ c’est ce qui bloque l’élan de celui qui aimerait bien exprimer ses sentiments. Et ‘ronger’ est associé à cette énergie contenue qui devient corrosive et mine l’intérieur. 
Cette expression pouvait aussi vouloir dire « être condamné à l’ennui », mais elle est très peu utilisée avec ce sens. Pourtant, on peut imaginer que le pauvre cheval qui attend trompe son ennui en « rongeant son frein ». 

Voilà un peu l’état dans lequel vous me trouvez aujourd’hui!
Je piaffe d’impatience, les oreilles tournées vers les déclarations sanitaires et les oeillères rivées sur les chiffres de la pandémie… La fumée me sort des naseaux quand je vois tous ces gens porter le masque sous le nez, voire pas du tout et je rue dans les brancards en pensant aux soignant.es éreinté.es qui doivent assumer l’imbécilité de tous ceux et celles qui ne pensent qu’à leur pauvre petite personne…

Attendre…

Et décider de s’en amuser!

Comme on ne peut plus entrer dans les musées, regardons les autres le faire! Voilà deux fictions très différentes:

« LA NUIT AU MUSÉE »
Fiction de Shawn Lévy, film de 2006, qui raconte les déboires d’un gardien de musée, la nuit…
Vous y retrouverez – entre autres – Ben Stiller, Robin Williams, Dick Van Dycke ( le petit ramoneur de  » Mary Poppins)
https://www.youtube.com/watch?v=fY8F6Ymg2B8

« BELPHEGOR »
Série française de 1965, en 4 épisodes de 70 mn, écrite et réalisée par Claude Barma (« Les cinq dernières minutes ») avec Juliette Gréco, Yves Rénier etc.
Un bijou de la télévision de l’époque, filmé avec finesse et où l’on sent que les comédien.ne.s prenaient un grand plaisir dans ce partage d’une intrigue tout à fait étonnante…
J’étais môme quand on regardait ça sur le poste familial, mais je ressens encore les petits frissons et j’entends mon père me rassurer:  » N’aies pas peur, c’est du cinéma! »
AllezÀ-musée vous... 🙂

VISITES VIRTUELLES…

À bientôt et… Restons prudent.e.s !

LES PEINTURES MURALES DANS L’ART ROMAN

« Ange du jugement dernier ». Abbaye Sant’ Angelo in Formis. Capoue

Les représentations médiévales illustrent et enseignent les dogmes essentiels de l’Église et de la Bible.
Au Moyen Âge, l’ensemble de la société est chrétienne. Cela signifie que ces croyants reconnaissent que Jésus est le fils de Dieu, qu’il est mort sur la croix et ressuscité pour assurer le salut de l’humanité. Le livre de l’Apocalypse (dernier livre du Nouveau Testament) est une source d’inspiration majeure. De nombreux Christs en gloire célèbrent la victoire du bien sur le mal.
Seule une part minime de la population médiévale dispose de capacités de lecture. L’accès à l’éducation est limité aux élites, même si l’Église et certains souverains se préoccupent de l’instruction du peuple.
L’une des fonctions des scènes religieuses, commandées par les clercs, est donc pédagogique : il s’agit d’initier les fidèles aux mystères de la religion, de les instruire et de les amener à méditer sur ces modèles de piété. Elles matérialisent la liturgie et le divin. Mais si l’art a pour mission d’enseigner, il ne se refuse pas d’émouvoir, et si l’art roman est un art de symboles, c’est aussi un art humain. Aussi, ces peintures murales sont représentatives de l’univers mental et culturel de la population de l’âge roman.
Dans beaucoup d’édifices, on note une influence byzantine à travers le hiératisme des figures, l’allongement des corps et les costumes.
Dans les peintures murales, les couleurs utilisées relèvent de la gamme des ocres rouges et jaunes et des verts. L’usage du bleu, pigment plus rare et plus coûteux, est souvent réservé aux vêtements de Jésus ( le Christ) et Marie (sa mère) .

Quand on parle des peintures de l’époque romane, on emploie souvent le mot: « fresques »…
Mais ce n’est pas tout à fait correct!
Pour faire simple: les fresques sont des peintures délayées à l’eau, qui se font très rapidement sur un enduit frais ( on dit « a fresco ») alors que la peinture murale sera réalisée sur un enduit sec ( on dit « a secco »).

Un bel exemple de fresques romanes:
la chapelle des Moines de Berzé la Ville

La chapelle Saint-Pierre de Montbazin dans

l’Hérault.

Carte postale représentant la Chapelle St Pierre.

C’est par un dimanche pluvieux et froid, comme seul l’Hérault en a le secret, que j’ai eu le privilège de pouvoir admirer les peintures murales de la Chapelle Saint-Pierre de Montbazin dans l’Hérault.

Intérieur de la chapelle St Pierre de Montbazin.
Photo : (c) Sylvie Maugis
Les peintures murales de la Chapelle St Pierre de Montbazin.
Photo: CRPM

J’ai été accueillie par Daniel Beauron, Président du « Cercle de Recherches du Patrimoine Montbazinois » (CRPM) et Marie-Antoinette Fisher, adjointe au Maire de Montbazin, chargée du Patrimoine, que vous pourrez écouter tous deux en podcast à la fin de la page.

Dans cette très belle chapelle, tout est là pour porter à la sérénité: les proportions « magiques » de cet édifice, les pierres d’une étonnante qualité, une luminosité feutrée et ces peintures murales rares, représentant le Christ et les douze apôtres
Enfin … Seulement 10 apôtres, car un architecte de génie du XV° siècle a ouvert une fenêtre à l’emplacement de deux peintures d’apôtres!
Comme s’il avait joué aux quilles: « Allez tiens! Deux de moinsss!  »
Bon…

On se dira qu’il ne l’a pas fait exprès le bougre, car peut-être n’étaient-elles pas visibles à ce moment là! Mais quand même… Ça fait mal!

L’ouverture pratiquée sur les fresques.
Vitrail contemporain de Claude BAILLON.

Photo: (c) Christian Avenel.

« Une vaste composition se déployait à l’origine sur les cinq pans de la voûte. Les douze apôtres y étaient représentés debout, imberbes, nimbés et drapés à l’antique, leurs mains présentant une taille démesurée. Tenant d’une main un rouleau ou un livre, ils semblent désigner de l’autre le Christ en majesté, inscrit dans une mandorle (ovale) et dont seule la sinopie (dessin avec pigment rouge) est encore visible dans le panneau central.
Tous sont de grande taille (1.90 m environ) ; les traits sont vigoureusement dessinés : visages ronds, nez busqués, lèvres charnues, sourcils jointifs sur le front au-dessus d’yeux globuleux. Leurs positions sont différentes, chaque port de tête a une inclinaison différente. Vêtus de longues tuniques et d’amples manteaux dont les plis sont soulignés par des traits noirs, ils se détachent sur un fond blanc, traités dans une palette réduite : ocre jaune, ocre rouge et brun. Côté Nord, les six apôtres sont relativement bien conservés ; côté Sud, un seul subsiste car une partie de ce décor a été détruite au XVe siècle lors de l’ouverture d’une large fenêtre dans la voûte sud de l’abside.
Ces fresques romanes sont d’autant plus précieuses qu’il s’agit de l’unique exemple, en bas Languedoc, d’une peinture murale dont les couleurs ocre jaunes, bistre et brun ne soient pas totalement délavées.
Un expert a reconnu dans ces personnages les caractéristiques des icônes byzantines.
Ce modèle oriental pourrait avoir transité par l’Italie et avoir été peint à Montbazin par un artiste toscan. »
Extrait du bulletin du CRPM.

Détail d’un apôtre, côté sud.
Photo: (c) Christian Avenel
Cinq apôtres. Photo:(c) Christian Avenel

PODCASTS

Interview de Marie-Antoinette FISHER
Adjointe au Maire de Montbazin, déléguée au Patrimoine.

Interview de Daniel BEAURON,
Président du Cercle de Recherche du Patrimoine Montbazinois

Sources documentaires:

https://www.citedelarchitecture.fr/sites/default/files/documents/2017-04/dossier-pedagogique_les-peintures-murales.pdf

« La peinture romane » de J. Pichard. Edtions Rencontre / Lausanne.

LA BASILIQUE SAINT-SERNIN à TOULOUSE

Partie du toit de la basilique St-Sernin à Toulouse.
Photo: (c) Sylvie Maugis

« L’église Saint-Sernin illumine le soir
d’une fleur de corail que le soleil arrose… »
Claude Nougaro.

Basilique Saint-Sernin la nuit. Toulouse

Bien qu’installée en Occitanie depuis plus de vingt ans, j’avoue que je ne connaissais Toulouse et la basilique Saint-Sernin qu’à travers les paroles de « Toulouse », la chanson de Claude Nougaro…
La météo promet un beau soleil ce week-end, alors partons à la découverte de ce « joyau de l’Art Roman », comme se plaisent à écrire les guides et les fascicules!

Basilique St Sernin. Photo: (c) Sylvie Maugis
Basilique Saint Sernin. Photo: (c) Christian Avenel

À l’âge de 14 ans, mes parents m’emmenèrent visiter la basilique romane de Vézelay, en Bourgogne, et depuis, j’ai toujours été fascinée par cette époque de l’histoire de l’Architecture… D’ailleurs, je ne peux pas m’empêcher de faire un détour pour revoir Vézelay, pour peu que je passe à moins de 100 km!
Est-ce la simplicité des formes et des représentations peintes qui pose un voile de quiétude sur ces édifices? Les proportions majestueuses qui portent le regard au-delà des allées de colonnes?
Peut-être un peu de tout cela…

Dès l’entrée dans la basilique Saint-Sernin, ce même calme serein m’enveloppe de nouveau et j’ai presque du mal à faire des photos, tellement j’ai juste envie de m’imprégner de cette étrange ambiance…

Basilique St Sernin
Photos: (c) Sylvie Maugis
Choeur et Transept de la basilique St Sernin. Photo: (c) Sylvie Maugis
Travée dans la basilique St Sernin. Photo: (c) Sylvie Maugis
Intérieur Basilique St Sernin
Photos: (c) Christian Avenel et Sylvie Maugis

L’Art Roman, 1° partie.

En résumé, ce que l’on désigne par « Art Roman » est la période de l’Histoire de l’Art qui se situe entre le XI° et XIII° siècle (au même moment que le Moyen-Âge).
Essentiellement religieux, l’art roman est très riche en inventions, aussi bien dans les petites églises de campagne que dans les cathédrales et les basiliques.
Ce qui caractérise cette période de l’architecture ce sont les arcs « en plein- cintre », c’est à dire semi-circulaires.
Cette particularité joue un rôle primordial: la sobriété des formes géométriques, apaisantes pour l’oeil et l’esprit, porteraient à la méditation et à l’élévation de l’âme…
N’oublions pas que les édifices religieux avaient pour buts d’honorer Dieu et d’y conduire les fidèles!
À Vézelay, un jour, j’ai assisté à une « prise de voile » (Cérémonie pour des jeunes-filles qui décident d’entrer au couvent comme religieuses) … L’ambiance épurée de la basilique ajoutée à toutes ces jeunes filles face contre terre et la musique de l’orgue… Et bien ça secoue, même un.e athée!

Un arc en plein cintre

Les bâtiments religieux romans ont la forme d’une croix latine et les voûtes sont en pierre au lieu d’être en bois.
La basilique Saint-Sernin de Toulouse est la plus grande basilique romane de France, voire d’Occident, elle mesure 110 m de long sur 64 m de large et 20 m de hauteur!

Plan d’un édifice religieux roman
Tympan de la basilique St Sernin. Photo: (c) Sylvie Maugis


Les murs sont recouverts de fresques représentant des histoires de la religion chrétienne et les chapiteaux (le haut) des piliers sont sculptés de scènes bibliques, afin d’enseigner la religion aux fidèles, souvent illétrés, en racontant la Bible de façon simple et accessible à tous.
La basilique St Sernin appartient aux « églises de pèlerinage »: les pèlerins de St Jacques de Compostelle pouvaient circuler dans les doubles travées de chaque côtés, puis dans le déambulatoire situé derrière la Nef centrale, sans perturber les offices.

Chapiteaux à l’entrée de la Basilique St Sernin. Elle en contient plus de 700!
Photo: (c) Christian Avenel
Fresque de la résurrection. Fin du XI° siècle, restaurée en 2019.
Basilique Saint-Sernin . Toulouse
Photo: (c) Sylvie Maugis

Une autre particularité de cette basilique est le nombre impressionnant de reliques qu’elle contient! Il paraîtrait qu’il y en a plus qu’au Vatican, bien que beaucoup d’elles aient disparu à la Révolution…
Tous ces morceaux d’os ou de tissus reposent dans des ouvrages en orfèvrerie qui sont regroupés dans la crypte, au sous-sol.

Descente vers la crypte de St Sernin.
Photo: (c) Sylvie Maugis
Reliquaire. Photo: (c) Sylvie Maugis

Le jour où j’ai visité Saint-Sernin, l’organiste était venu répéter.
MA-GNI-FI-QUE!
S’asseoir et fermer les yeux pour savourer cet étonnant moment…

Les grandes orgues de la basilique St Sernin. Photo: (c) Christian Avenel

Et comment résister au plaisir d’écouter « Toulouse » de Claude Nougaro, une belle mise en images…

Quelques édifices romans remarquables:

Cathédrale Saint-Lazare d’Autun, abbaye Saint-Philibert de Tournus, abbaye de Cluny, basilique de Paray-le-Monial, abbaye Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, basilique Saint-Andoche de Saulieu, abbaye de Cîteaux, abbaye de Fontenay, abbaye de Saint-Bénigne, abbaye de Charlieu.

Vient de sortir…

LA TOUR EIFFEL…

…GUITARE DU CIEL!

Maquette de la Tour Eiffel
Photo:(c) RMN-Grand Palais

Que l’on soit parisien.ne ou pas, qu’on l’aime ou pas… Cette Tour Eiffel nous est affectueusement proche!
Seul.es les parisien.ne.s ne vont pas la visiter 🙂 Parce qu’ils/elles ont ce sentiment étonnant qu’elle fait partie de leur ADN…

Scène de la vie parisienne!
Photo: (c) Sylvie Maugis


Et d’ailleurs, même si on raille ce symbole du « tourisme de masse », n’empêche que l’on ira rue de Rivoli acheter portes-clefs, sacs ou T-Shirts pour les enfants de nos ami.es étranger.es et que l’on sourira, un peu fièr.es, devant leurs yeux ravis, car on aura le sentiment de leur offrir un peu de nous…

Revenons aux fondamentaux: c’est une tour conçue par Gustave Eiffel sélectionnée au milieu d’une centaine de dossiers, en réponse à un concours de projets lancé en 1886 par la Mairie de Paris, pour représenter la France à l’Exposition Universelle de 1889, année du centenaire de la Révolution Française.
Ce projet très contesté sera un chantier incroyable et très mouvementé!
La tour restera après l’Exposition Universelle et deviendra un emblème… Resteront aussi de cette Exposition Universelle les Petits et Grands Palais.

« Dans les ateliers Eiffel de Levallois-Perret ont été construites les pièces métalliques de la plus grande poutre au plus petit rivet. Ces pièces étaient assemblées avec des rivets temporaires de façon à former des éléments qui répondaient à un critère simple : peser moins de 3 tonnes. Ensuite ce sont les assembleurs qui entraient en jeu pour les les assembler définitivement. Aux ateliers d’Eiffel ils étaient plus d’une centaine d’ouvriers à travailler. Il y avaient un peu toutes les professions de la métallurgie car il y avait beaucoup de travaux différents à réaliser. Au total durant la période de fabrication des pièces de la tour Eiffel, c’est plus de 18 000 pièces qui sont sorties des ateliers. Au rayon des chiffres, précisons la quantité astronomique de dessins qui ont été faits : 1 700 dessins d’ensemble et 3 629 dessins pour exécution. La surface de ces 5 300 dessins dépasse 4 000 m2 ! Pour dessiner tout ça, il fallut pas moins de 30 dessinateurs qui oeuvrèrent pendant 18 mois.
Un rivet est une petite pièce d’assemblage de deux éléments métalliques. Il s’agit d’une sorte de gros clou que l’on faisait passer à travers un trou perçé sur les deux éléments à assembler. Il était préalablement chauffé, ce qui permettait d’écraser la tête pointue de l’autre côté des éléments.Le nombre total des rivets posés sur place, a été de 1 050 846. Le nombre posé par semaine a été très variable; il a atteint, en août 1889, le chiffre important de 22 000 par semaine, avec 20 équipes de riveurs. »
Extrait du site « Monuments du Monde« 

Détail de la Tour Eiffel vue de dessous.
Photo: (c) Sylvie Maugis


Ces pièces rivetées étaient donc fabriquée en fer, extrait en Lorraine.

Document du Musée de l’Histoire du Fer en Lorraine…

La Tour Eiffel dans l’Art…

La tour n’a pas fait que des fans! À peine sa construction démarrée, un groupe d’artistes s’est élevé violemment contre sa réalisation:

Extraits du journal « LE TEMPS » du 14/02/1887 :
« Les artistes contre La Tour Eiffel » .
(…) Au-dessus de ses rues, de ses boulevards élargis, du milieu de ses magnifiques promenades, surgissent les plus nobles monuments que le genre humain ait enfantés. L’âme de la France, créatrice de chefs-d’œuvre, resplendit parmi cette floraison auguste de pierre. L’Italie, l’Allemagne, les Flandres, si fières à juste titre de leur héritage artistique, ne possèdent rien qui soit comparable au nôtre, et de tous les coins de l’univers Paris attire les curiosités et les admirations. Allons-nous donc laisser profaner tout cela ?
La ville de Paris va-t-elle donc s’associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d’un constructeur de machines, pour s’enlaidir irréparablement et se déshonorer ? Car la Tour Eiffel, dont la commerciale Amérique elle-même ne voudrait pas, c’est, n’en doutez point, le déshonneur de Paris. (…)
Enfin lorsque les étrangers viendront visiter notre Exposition, ils s’écrieront, étonnés : «Quoi ? C’est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si fort vanté ?» Et ils auront raison de se moquer de nous, parce que le Paris des gothiques sublimes, le Paris de Jean Goujon, de Germain Pilon, de Puget, de Rude, de Barye, etc., sera devenu le Paris de M. Eiffel. (…) »

La Tour Eiffel vue du XV° arrondissement de Paris.
Photo: (c) Sylvie Maugis.

Mais d’autres artistes, peintres, sculpteurs, écrivains et cinéastes font précocement de la Tour un sujet de prédilection, et les artistes contemporains continuent de la prendre pour modèle.
Georges Seurat la peint en 1888, avant même son achèvement. Par la suite, le Douanier Rousseau, Signac, Bonnard, Utrillo, Gromaire, Vuillard, Dufy, Chagall célèbrent la Tour.
Robert Delaunay lui donne des facettes cubistes dans tout une série de toiles peintes à partir de 1910. 

Marc CHAGALL « Paris par la fenêtre »


« L’Exposition est le triomphe du fer, non seulement au point de vue des machines mais encore au point de vue de l’architecture. Et cependant l’architecture est au début en ce sens qu’il lui manque en art une décoration homogène avec sa matière. Pourquoi à côté de ce fer, rude, sévère, des matières molles, comme la terre à peine cuite ; pourquoi à côté de ces lignes géométriques d’un caractère nouveau, tout cet ancien stock d’ornements anciens modernisés par le naturalisme ? Aux ingénieurs-architectes appartient un art nouveau de décoration, tel que boulon d’ornement, coin de fer dépassant la grande ligne, en quelque sorte une dentelle gothique en fer. Nous retrouvons cela un peu dans la tour Eiffel.« 
Paul Gauguin. Le Moderniste illustré, 4-11 juillet 1889

Raoul Dufy « La Tour Eiffel »
Raoul Dufy « Tour Eiffel »
Delaunay « Tour Eiffel »

« Infatigable, à un train d’enfer, Robert procède par bonds, des bonds surprenants qui vont le projeter dans le futur. Avec ses natures mortes, ses paysages du Pont-Aven, ses premiers autoportraits, il a vite tourné la page du néo-impressionisme. Météore, il traverse le cubisme, il l’escalade et le satellise autour de la Tour Eiffel, muse d’acier d’un monde nouveau qu’il observe, contemple et adore sous tous les angles avec des jumelles prismatiques de visionnaire. La Tour n’est pas un phare isolé, répète-t-il avec enthousiasme. « Une inspiration nouvelle travaille avec la Tour, les ponts, les maisons, l’homme, la femme, les joujoux, les yeux, les livres, New York, Berlin, Moscou. » Sonia Delaunay 1978.

Le douanier Rousseau « La Tour Eiffel »
Maurice Utrillo « La Tour Eiffel »
Seurat « La tour Eiffel »
Delaunay « Tour Eiffel »


« Zazou le peintre de la Tour Eiffel »
Photo de Marc RIBOUD 1953.
Finir en chanson…

Site officiel de la Tour Eiffel: https://www.toureiffel.paris

LES LIBRAIRIES DES MUSÉES

« Le Dali de DRAEGER »
L’ Oeuvre de Dali, édité chez Draeger, grands imprimeurs de livres d’art.

Quand je vais dans un musée, je dois toujours résister au plaisir d’aller dans la librairie AVANT de voir l’expo, comme j’ai hâte aussi de pouvoir m’asseoir au café/restaurant du musée dès ma visite achevée!
Les librairies et les cafés des musées sont des lieux un peu à part dans une ville…
J’ai des souvenirs émus du magnifique café et de la librairie disparue du Petit Palais, de celui en terrasse du musée Picasso, du restaurant du musée Maillol, de la grande librairie et du très chic, très cher et très bon resto du 6° étage du Centre G.Pompidou et même du self très « cheap » de la Fondation Miro!
L’ambiance y est plus feutrée et les gens y sont plus souriants, les yeux brillants et un peu vagues de leurs découvertes artistiques…

Au musée Fabre à Montpellier:

« Sauramps au musée »

Le musée Fabre à Montpellier accueille une très jolie librairie,
 » Sauramps au Musée », gérée par « Sauramps », la grande librairie de la Place de la Comédie.
C’est là que je suis allée rencontrer Lucile Vanhoreebeck, qui va partager avec vous ses passions des livres d’art…

Lucile Vanhoreebeck dans la librairie Sauramps du musée Fabre à Montpellier
Photo: (c) Sylvie Maugis

PODCAST

Interview de Lucile Vanhoreebeck réalisée par Sylvie Maugis.

LES LIVRES CONSEILLÉS PAR LUCILE

Pendant que vous écoutez Lucile, vous pouvez regarder les photos des livres qu’elle a sélectionnés pour vous:

H.Loyrette. « L’Art français au XIX° siècle« 
Photo: (c) S.Maugis
« Soulages » Édition du Centre Pompidou
Photo: (c) S.Maugis
Catalogue de l’exposition du musée Fabre:
« Le Canada et l’Impressionnisme »

Photo: (c) S.Maugis
« Peut-on expliquer Soulages? » de Y.Fumat.
Éd. Presses Universitaires de la Méditerranée »

Photo: (c) S.Maugis
Section Jeunesse de la librairie Sauramps
au musée Fabre
Photo: (c) S.Maugis
Livres pour enfants autour du Canada
Photo:(c) S.Maugis
Pour les enfants: « Femmes peintres »
Photo: (c) Sylvie Maugis

Les Coups de Coeur de Lucile:

Un grand merci à

Lucile et à

« Sauramps au

Musée » !

PALAIS INHABITABLES

Le « Palais idéal  » du facteur Cheval en construction au XIX° siècle.
Photo: (c) Coll. du Palais Idéal-Mémoires de la Drôme.

Le « Palais Idéal » du facteur Cheval

Situé à Hauterives, dans la Drôme, cette drôle de construction a été entièrement réalisée avec des cailloux et du mortier par Ferdinand Cheval, facteur de son état.
Un jour, Ferdinand butte sur une pierre qu’il trouve très belle et lui vient alors l’idée de construire un palais de rêve dans son jardin…
Pendant 33 ans, il va parcourir la campagne avec sa brouette et collecter des pierres qu’il amalgamera pour créer les formes étranges des tourelles, des couloirs et des murs de son palais.
Il puise son inspiration dans les cartes postales et les articles des gazettes qu’il distribue, où il découvre les paysages et les demeures des nations colonisées, et les photos des expositions universelles.
Unique au monde, « Le Palais Idéal du Facteur Cheval » sera classé « Monument historique » en 1969 par André Malraux, alors Ministre de la Culture, comme chef-d’oeuvre de l’Art Naïf.

Échafaudage pour le tournage du film « L’incroyable histoire du Facteur Cheval »
de Nils Tavernier. Photo: (c) Christian Avenel.
Le Palais Idéal du Facteur Cheval. Photo: (c) Christian Avenel.
Le Palais Idéal du Facteur Cheval. Photo: Christian Avenel.
Détail du Palais Idéal. Photo: (c) Christian Avenel
Détails du bestiaire du Palais Idéal.
Photos: (c) Christian Avenel

« Facteur rural, comme mes 27 000 camarades je déambulais chaque jour de Hauterives à Tersanne (dans une région où la mer a laissé des traces évidentes de son séjour), courant tantôt dans la neige et la glace, tantôt dans la campagne fleurie. Que faire ? en marchant perpétuellement dans le même décor, à moins que l’on ne songe ? C’est justement ce que je faisais ; je songeais. Et à quoi ? me demanderont mes lecteurs. Eh bien ! pour distraire mes pensées, je construisais en rêve, un palais féerique dépassant l’imagination, tout ce que le génie d’un humble peut concevoir, (avec grottes, tours, jardins, châteaux, musées et sculptures) cherchant à faire renaître toutes les anciennes architectures des temps primitifs ; le tout si joli, si pittoresque que l’image en demeura vivante pendant au moins 10 ans dans mon cerveau. Toutefois mon projet ainsi conçu devenait pour moi presque irréalisable. Du rêve à la réalité, la distance est grande n’ayant jamais touché ni la truelle du maçon, ni le ciseau, ni l’ébauchoir, et j’ignorais absolument les règles de l’architecture.
J’avais alors dépassé depuis 3 ans ce grand équinoxe de la vie qu’on appelle quarantaine.
Cet âge n’est plus celui des folles entreprises et des Châteaux en Espagne. Or au moment où mon rêve sombrait peu à peu dans les brouillards de l’oubli, un incident le raviva soudain, mon pied heurta une pierre qui faillit me faire tomber je voulus voir de près, ma pierre d’achoppement ; elle était de forme si bizarre que je la ramassai et l’emportai ; je retournai le lendemain au même endroit et j’en trouvai de plus belles qui rassemblées sur place faisaient un joli effet, cela m’enthousiasma ; c’est alors que je dis : « Puisque la nature fournit les sculptures, je me ferai architecte et maçon (du reste qui n’est pas un peu maçon) et je pensais tout en cheminant à Napoléon 1er qui disait que le mot « impossible » devrait ne pas exister. En effet, depuis lors je dis avec lui.
C’est alors que le long charroi commença et il dura 27 ans parcourant pendant tout ce laps de temps des dizaines de kilomètres en plus de ma tournée quotidienne, je remplissais mes poches de pierres puis ensuite, j’employai des paniers ce qui accrut ma peine, car j’avais une tournée de 32 kilomètres à effectuer chaque jour. (…) C’est alors que les langues se délièrent dans le pays et les environs, l’opinion fut vite faite :« C’est un pauvre fou qui remplit son jardin de pierres. »
Extraits du Cahier n° 3 des mémoires de Ferdinand Cheval
(Dossier de Presse du Palais Idéal.)

Le Palais Idéal du Facteur Cheval filmé par un drone.
Les pépites du Curieux

Le Palais Idéal a séduit de nombreux artistes, comme les surréalistes… Aujourd’hui il offre sa majesté comme écrin à des concerts prestigieux.
Le Curieux vous invite à écouter et à voir Manu Diango et Jacques Higelin !

Lieux imaginaires et merveilleux!

Hauterives a le Palais Idéal, Chartres a la Maison Picassiette! À peu près à la même époque, Raymond Isidore, lui, ramassera des petits morceaux de faïence et de verre et recouvre ainsi sa maison de mosaïques incroyables…
Dans la région parisienne, c’est Jean-Michel Chesné qui s’inspira plus récemment de Ferdinand Cheval pour imaginer un Jardin Idéal et farfelu.
Enfin, en Mayenne, Robert Tatin entre 1962 et 1983 a construit une maison réellement impressionnante…


PODCASTS 2020

BONNE ANNÉE 2021 !

Malheureusement,
les musées resteront fermés encore un bon moment…
Je vous propose donc de démarrer cette nouvelle année en ré-écoutant
les très intéressantes interviews de professionnels de l’Art,
proposées par « L’Art d’être Curieux » en 2020.

ANNE

Détail. Cité de l’Architecture et du Patrimoine.
Photo : (c) Sylvie Maugis


Anne est Docteure en Histoire de l’Art Médiéval:

HUGUES

Hugues Péterelle. Photo: (c) Sylvie Maugis

Hugues est mouleur statuaire:

PHILIPPE

Philppe Geluck au Musée Soulages.
Photo: (c) Sylvie Maugis

Philippe est dessinateur:

Hugues:
huguespeterelle.jimdofree.com

Philippe:
lechat.com

JOAN MIRO

Vue sur Barcelone de la terrasse de la Fondation Joan Miro
Photo: (c) Sylvie Maugis

Pour terminer joyeusement cette incroyable année, nous allons retrouver « l’esprit enfantin » du peintre Joan Miro.
Considéré comme l’un des représentants majeur du courant surréaliste, Joan Miro, peintre, sculpteur et céramiste catalan est né à Barcelone en 1893 et il décédera 90 ans plus tard, le jour de Noël…

Confiné!

Jeune adulte, Joan Miro, atteint du typhus, doit rester confiné à la campagne. Il découvre alors la région de Tarragone et ses couleurs très particulières de terres ensoleillées et d’oliviers… Et c’est là qu’il va commencer son Oeuvre.

« Paysage catalan » Joan Miro.1924


Il s’invente un monde de symboles étranges et multicolores autour de thèmes comme le ciel et les planètes, la maternité, les oiseaux etc.
Comme il le dit lui-même, il veut s’abandonner à « la dictée de l’inconscient ».
Joan Miro n’a jamais souhaité imposer de « clefs » à la lecture de ses tableaux. Il préférait que chacune et chacun puissent se fabriquer son propre monde imaginaire coloré!
En 1920, à la fin de la terrible guerre de 14-18, il s’installera à Paris où il rencontre les Surréalistes et participe activement à ce mouvement .
(cf paragraphe sur le Surréalisme et le podcast.)

« Série bleue I II , III » Joan Miro 1960

Dès les années 1940, il va se consacrer plus particulièrement à la sculpture, à laquelle il donnera la force des couleurs primaires éclatantes qu’il chérissait tant!

Joan Miro a réalisé près de 2000 peintures, 5000 dessins, 500 sculptures et 400 céramiques!

« Sculpture » (c) Fondation Miro Barcelone

La Fondation Joan Miro à Barcelone

Barcelone me manque beaucoup en ce moment et particulièrement ce lieu unique que l’on peut visiter et revisiter sans jamais se lasser!
Les grandes salles claires baignées de lumière et les nombreuses terrasses accueillent les oeuvres multiples de l’artiste, qui pétillent devant nos yeux!

Parvis de la Fondation Joan Miro à Barcelone.
Photo (c) Christian Avenel.
Entrée de la Fondation Joan Miro à Barcelone.
Photo: (c) Christian Avenel.

La Fondation Joan MIRO  a ouvert à Barcelone, en 1975. Elle regroupe un important fonds d’oeuvres offert par l’artiste.
D’autres lieux possèdent d’importantes collections d’œuvres de Miró, comme la Fondation Pilar et Joan Miro de Palma de Majorque, où le peintre a terminé sa vie, le Musée National d’Art Moderne de Paris et ceux de Lille et de New-York.

Une salle de la Fondation Miro. Photo:(c) Christian Avenel
Fontaine sculpture. Fondation Miro
Photo: (c) Christian Avenel
 » Tapisserie de la Fondation » de Joan Miro
Photo:(c) Sylvie Maugis
Préparation de l’espace de la « Tapisserie de la Fondation »
Photo: O.Clavera (c) Fundacio Joan Miro
Une salle de la Fondation Joan Miro. Photo: (c) Sylvie Maugis
Quelques affiches d’expositions de l’Oeuvre de Joan MIRO

LE SURRÉALISME

Couverture du manuscrit du Manifeste du Surréalisme.

« Il y eut la guerre, celle de 14-18.
Une génération entière sacrifiée à des fins incertaines.
Dans ce contexte de sang et de boue naît le Surréalisme.
Littérature et peinture se rejoignent pour remettre en cause activement une civilisation faite de contraintes et d’exclusions.
Entre le rêve et l’action, entre la création poétique et la tentation révolutionnaire, les surréalistes veulent transformer le monde.
De provocations en expériences psychiques, de déclarations en manifestes, le groupe est traversé par les luttes politiques et les ruptures tonitruantes.
Sur les pas des poètes – Breton, Soupault, Éluard, Péret – il y eut des peintres, des photographes et des cinéastes : Dali, Ernst, Tanguy, Magritte, Man Ray, Bunuel »

Texte de présentation du petit ouvrage indispensable de Jean-Luc Rispail:
« Les surréalistes. Une génération entre le rêve et l’action »
Éditions Découvertes Gallimard

PODCASTS

Le premier podcast est un petit documentaire sur Joan Miro à Paris.
Le second une animation sur l’oeuvre de Miro pour les « ninos »…
En espagnol 🙂

Petit clin d’oeil:
Improvisation de fin de séjour à Barcelone , Juillet 2012...

BONNE FIN D’ANNÉE

À TOUTES ET TOUS!

Plongeon dans l’Art Nouveau

Le stand de « René Lalique » à l’exposition Universelle de 1900

Confinés, déconfinés, reconfinés … Déconfits!
J’avais prévu plein de visites de musées passionnants pour vous faire rêver en cette fin damnée…
Mais là, c’est derrière vos ordis que je dois vous faire voyager!
Alors, je ne peux que vous inviter à relire les précédents articles du Curieux pour savourer tous les joyaux de l’Art que je vous ai présentés depuis sa création…

Tiens…
Joyaux… J’ai écrit « Joyaux »?
Bijoux, pierres précieuses, cristal, verre, meubles aux formes incroyablement douces et rondes, flacons de parfum, rambardes de balcons, libellules, paons…
D’un clic, je vais vous transporter dans les temples de la folie Art Nouveau…
C’est durant un séjour de fin de printemps que mon « amie-belle-soeur » m’avait concocté sur le thème de : « La Lorraine Art Nouveau », que j’ai découvert les façades étonnantes de Nancy, visité la Villa Majorelle et le Musée Lalique…

La « Villa Majorelle »

La Villa Majorelle est une maison emblématique car elle est la première maison entièrement Art nouveau de Nancy.
Elle est l’oeuvre de l’architecte Henri Sauvage pour l’artiste Louis Majorelle . Elle fut construite vers 1901-1902 et est classée Monument Historique.
Ouverte au public depuis 1997, rénovée dernièrement, la Villa Majorelle témoigne toujours, tant dans son architecture extérieure que dans sa décoration intérieure, de la notion d’unité de l’art prônée par les artistes membres de « l’École de Nancy ».

« L’École de Nancy »:
Ses fondateurs définissent l’école de Nancy comme une « sorte de syndicat des industriels d’art et des artistes décorateurs, qui s’efforce de constituer en province, pour la défense et le développement des intérêts industriels, ouvriers et commerciaux du pays, des milieux d’enseignement et de culture favorables à l’épanouissement des industries d’art »
L’inspiration majeure de ces artistes est puisée dans les formes végétales et animales: libellules, ombelles, cucurbitacés etc.
Réalisées en verre, cristal, fer, bois ou acier, ces oeuvres permettront à l’art d’entrer dans les maisons.

Intérieur de la Villa Majorelle à Nancy.
Photo: Sylvie Maugis
Villa Majorelle à Nancy: un petit salon.
Photo: Sylvie Maugis
Villa Majorelle à Nancy: détail de décoration.
Photo: Sylvie Maugis
Villa Majorelle à Nancy: détail d’un vitrail.
Photo: Sylvie Maugis

Le Musée Lalique…

René Lalique (c) Lalique SA.

Puis, niché entre l’Alsace et la Lorraine, le magnifique Musée LALIQUE m’a ouvert ses portes!
René Lalique:
Né en 1860 à Aÿ en Champagne et décédé en 1945 à Paris, René Lalique a marqué de sa personnalité l’Art nouveau puis l’Art Déco, aux styles diamétralement opposés.

L’inventeur du bijou moderne
Puisant son inspiration dans la nature et ayant l’audace d’utiliser le corps féminin comme élément d’ornementation, René Lalique apporte à la joaillerie des renouveaux imprévus. Il n’hésite pas à associer à l’or et aux pierres précieuses des matières jusque là peu utilisées et peu considérées, telles que la corne, l’ivoire, les pierres semi-précieuses, l’émail et bien entendu le verre. A ses yeux, mieux vaut la recherche du beau que l’affichage du luxe… L’esprit reprend le pas sur la matière. À ses débuts, les bijoux avant-gardistes de René Lalique plaisent principalement à une élite intellectuelle et artistique, éloignée des conventions, capable d’apprécier la beauté d’un objet malgré la relative pauvreté des matériaux utilisés. Entre 1891 et 1894, la grande comédienne Sarah Bernhardt lui achète diadèmes, colliers, ceintures et autres accessoires de scène aux dimensions spectaculaires, conçus en fonction de ses rôles.
Ainsi assure-t-elle à la fois la gloire et la notoriété à René Lalique!

Broche « La nymphe Rose » (c) Shuxiu Lin
Pendentif 4 libellules (c) Studio Y Langlois

L’Exposition Universelle de 1900
René Lalique connaît un triomphe sans égal à l’Exposition universelle de 1900!
Son stand fait sensation, ses œuvres novatrices sont unanimement admirées et le voilà promu Officier de la Légion d’honneur. Dès lors, il reçoit des commandes du monde entier!
Qui dit succès, dit également tentatives d’imitation. Mais René Lalique est loin d’en être flatté: inventeur qui ne veut suivre personne, il déteste être suivi. Las d’être plagié, il va progressivement se tourner vers d’autres horizons. Le verre l’attire depuis quelques temps déjà. Une nouvelle carrière se profile…

« La femme ailée » Musée Lalique (c) Studio Y Langlois
Cette sculpture de bronze servit de garde-corps
au stand Lalique de l’exposition universelle de 1900.

L’attrait magique du verre
Les premières expérimentations de René Lalique dans le domaine du verre remontent aux années 1890. Les procédés de fabrication des bijoux le familiarisent avec les matières vitrifiables, et c’est sans doute grâce à l’émail qu’il découvre le verre. Le gravant et le sertissant, il l’utilise progressivement pour remplacer les gemmes ( pierres fines). Translucide et transparent comme elles, le verre a l’avantage de pouvoir être conçu et fabriqué en fonction du projet final.
René Lalique crée également de petits objets, vases et sculptures, selon la technique de la cire perdue. Un peu plus tard, il expérimente la technique du soufflage dans un moule, mais un moule précieux, en argent ciselé, restant solidaire du verre qu’il enserre pour devenir monture.

Vase Languedoc
(c) Coll. Privée. Dépot au Musée Lalique
Ensemble de flacons de parfum
(c) K.Faby Coll. Musée Lalique

Peu à peu, René Lalique diversifie ses productions.
En 1912, maîtrisant parfaitement les techniques, il décide de se consacrer de façon exclusive au verre. Il organise alors sa dernière exposition de bijoux et le grand public le découvre maître-verrier.
Bijoutier d’avant-garde, René Lalique, en devenant verrier, se démarque également de ses prédécesseurs. Il délaisse le verre multicouche aux couleurs variées au profit de la limpidité et de la transparence, qualités naturelles du verre. Au niveau des formes aussi, il affirme sa différence.

Vase Bacchantes
(c) K.Faby Coll. Musée Lalique
Arts de la table (c) D.Desaleux. Musée Lalique
Table tactile Musée Lalique. (c) D.Desaleux.
Le Curieux remercie très chaleureusement
Anne-Céline DESALEUX Directrice adjointe du Musée Lalique, pour le prêt des textes et des photos.
Pratico-Pratique

Rue du Hochberg à Wingen-sur-Moder ( 67)
tel: 03 88 89 08 14 / www. musee-lalique.com

PODCASTS

L’École de Nancy

L’Exposition Universelle de 1900/ Document INA:

Mona Lisa…

Cour du Louvre. Paris. Photo: Sylvie Maugis

… Les yeux dans les yeux!

Dans un musée quasi désert, j’ai pu approcher la Joconde et la regarder dans les yeux.
Paris s’était vidé ce mois d’Octobre ( Enfin… Les musées, parce que pour les cafés et les restos , c’était autre chose… Chaque patron sortant son exception: brasserie ou café? resto ou brasserie? Et le flou avait rempli les terrasses et les arrières salles des brasseries… )
J’ai terminé mon voyage par la visite du Louvre.

La Joconde. Léonard de Vinci.
Musée du Louvre
Photo: Sylvie Maugis

C’est quand même incroyable que ce petit tableau (77 cm x 53 cm) soit aussi mondialement connu et que les amateur.es se précipitent par centaines, font la queue parfois très longtemps, juste pour l’apercevoir et tenter de la photographier!
D’ailleurs c’est ce que j’ai fait: en sortant de « La Petite Galerie » du Louvre (voir article précédent) j’ai réussi à me perdre – avec délectation, je l’avoue – dans les grandes salles vides où de magnifiques tableaux avaient presque l’air d’avoir une vie propre, à l’abri des foules bruyantes habituelles…
Où les sols des salles de mosaïques pouvaient profiter de la lumière des plafonds de verre.

Salle de mosaïques. Musée du Louvre.
Photo: Sylvie Maugis
Détail du sol en mosaïque. Musée du Louvre.
Photo: Sylvie Maugis.

On peut avancer plusieurs hypothèses quant à cet engouement pour cette « Gioconda »:
– Le mystère entourant sa création: le « Portrait de Mona Lisa », de Léonard de Vinci, a été réalisé – d’après les expert.es – entre 1503 et 1506 ou entre 1513 et 1516, voire peut-être même 1519 (!!). Il représente très surement Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, (d’où son nom « La Joconde » puisque « femme de.. » ) 🙂
– Son vol, au début du XIX° siècle par un italien qui voulait le rendre à son pays (cf le podcast en fin d’article) qui fit l’objet d’articles de Presse dans le monde entier, et la rendit célèbrissime,
– Ses particularités: c’est un portrait de femme et non d’icône religieuse, Mona Lisa sourit délicatement, et c’est le seul portrait de l’époque où une femme sourit, le paysage en arrière-plan à perte de vue et ce regard bienveillant qu’elle pose rien que sur moi!

La Curieuse et Mona Lisa. Musée du Louvre
Photo: Kadia Rachedi
« La salle d’exposition de la Joconde comme vous ne l’avez jamais vue! »
Photo: Sylvie Maugis
« Mona et Corona ». Musée du Louvre.
Photo: Sylvie Maugis

N’empêche: « Waouh! Elle est trop belle! »
Et on se précipite à la librairie du rez de chaussée, sous la verrière de la pyramide de l’entrée, pour ramener un magnet ou un cahier ou une affiche…
… Quelque chose de ce sourire, de ce regard et de ce si délicieux moment!

Plafond du RdC de la pyramide du Louvre.
Photo: Sylvie Maugis

PODCASTS:

« La Joconde » par Barbara

Découverte

Le Curieux a fait une découverte: « ARTIPS »: http:/artips.fr
Des anecdotes savoureuses et authentiques sur l’Art, gratuitement, chez vous…

Et ARTIPS nous propose un lien vers un document incroyable: l’inauguration de l’exposition de la Joconde à Washington, en présence de JF et Jackie Kennedy et André Malraux:

https://newsletters.artips.fr/Joconde_Voyage/

Et cette très courte vidéo sur Youtube: