JUILLET À PARIS

Notre-Dame de Paris vue de l’Institut du Monde Arabe
Photo:(c) Kadia Rachedi.

Deux expositions à ne pas manquer

si vous êtes à Paris en Juillet:

« Le décor impressionniste » Aux sources des nymphéas, au musée de l’Orangerie.

Cette exposition très originale et réellement agréable, nous permet d’explorer une facette méconnue du travail des artistes et, là, des impressionnistes: les commandes « alimentaires ».
Comme beaucoup, les impressionnistes ont du exécuter des oeuvres de commande pour pouvoir vivre et continuer à peindre ce qu’ils désiraient!
Jugés peu valorisant, car contraignant, ces travaux aiguisent néanmoins leur créativité et leur permettent d’expérimenter des techniques et des sujets…
Décorations de murs, de hauts de porte, objets comme les éventails… Les amateurs aisés s’offrent des oeuvres pour décorer leurs intérieurs.
Leurs thèmes privilégiés seront les fleurs, en bouquets ou dans des jardins et le Japon mine d’inspiration très à la mode à cette époque.

G.Caillebotte. Panneaux d’une porte
Monet. Haut de porte.
Éventails divers
Diaporama sur « Les quatre saisons »
de Cézanne
Détails « Les quatre saisons » de Cézanne

Photos de l’exposition « Le décor impressionniste » (c) Kadia Rachedi.

Le travail de commande de Monet… Extrait du film de Marie-Christine Courtès.

« Notre-Dame de Paris, l’exposition augmentée »
au Collège des Bernardins.

Depuis quelques temps, on voit fleurir un grand nombre d’expositions « virtuelles », « en immersion » etc. Ce nouveau style, s’il attire un public non initié vers les musées, risque de devenir un peu mécanique et empêcher le contact émotionnel direct avec l’oeuvre…

Mais là… C’est absolument enthousiasmant!
Les tablettes (« Histopad ») de visites virtuelles nous embarquent dans l’histoire de la cathédrale jusqu’à l’incendie de 2019.
Reconstitutions, documents d’archives nous plongent d’une façon très ludique auprès des tailleurs de pierre, des créateurs de vitraux, des sculpteurs et… des pompiers…
Chacun.e déambule à son rythme dans la grande salle du Collège des Bernardins, en flashant un code qui donne accès à chaque étape de la construction de Notre-Dame. Une course aux trésors va inciter des plus jeunes à suivre très sérieusement ce parcours historique, et les voir retourner sur certaines étapes, commenter leurs découvertes est un vrai plaisir!

En plus d’un moment magique, vous visiterez un lieu magnifique, le Collège des Bernardins, rénové et ré-ouvert depuis peu.
N’hésitez pas à vous asseoir à « La table de Cana » restaurant géré par une entreprise d’insertion et accueilli par le Collège des Bernardins, où vous dégusterez des plats délicieux et ridiculement pas chers, servis avec de beaux sourires dans un superbe décor!

Déambulations…
… Dans l’exposition…
Projections dans la chapelle…

Et puis, bien entendu, quand vous quitterez cette expérience, en quelques enjambées vous serez devant la Cathédrale pour admirer l’avancée incroyablement rapide des travaux et en découvrir les étapes sur la BD affichée sur les palissades du chantier, sur le parvis!

La Cathédrale Notre-Dame de Paris en chantier de rénovation
Pratico-Pratique

« Notre Dame, l’exposition augmentée »
Jusqu’au 17/07 se trouve au Collège des Bernardins
20 rue de Poissy 75005 Paris
Les lundis, mercredis, vendredis et samedis de 10h à 18h, les jeudis et les dimanches de 14h à 18h. Nocturne les mardis de 10h à 21h30.
ENTRÉE LIBRE, « HISTOPADS » INCLUS!

« Le décor impressionniste » est au musée de l’Orangerie jusqu’au 11/07.
Jardin des Tuileries Place de la Concorde 75001 Paris
Du lundi au Dimanche de 9h00 à 18h, sauf le mardi.
Entrée: 12,50 et 10 euros.

DESTINATION: ORSAY

Un musée dans une gare

L’histoire du musée, de son bâtiment, est peu banale. Situé au cœur de Paris, le long de la Seine, face au jardin des Tuileries, le musée a pris place dans l’ancienne gare d’Orsay, un édifice construit pour l’exposition universelle de 1900. Ainsi le bâtiment est, en quelque sorte, la première « œuvre » des collections du musée d’Orsay qui présente l’art des quelques décennies qui s’écoulent entre 1848 et 1914. (Extrait de la présentation du musée: https://www.musee-orsay.fr/fr/articles/histoire-du-musee-60)

Ce qui frappe dès l’entrée au Musée d’Orsay, c’est la lumière qui baigne la grande nef où sont exposées des sculptures. De part et d’autre de cet axe central sont distribuées des salles dédiées aux artistes ou aux courants artistiques du XIX° et XX° siècle, auxquels est consacré le musée.

Hall du musée d’Orsay. Photo: (c) Sylvie Maugis


Cet été, le Musée d’Orsay propose
deux expositions: Gaudi et Maillol.

Antoni GAUDI

Gaudí est un architecte catalan né en 1852 près de Tarragone, en Espagne. Il fera des études d’architecture à Barcelone où il se distingue par sa grande maîtrise de la géométrie et des arithmétiques. Il abandonne rapidement le style néogothique et laisse libre court à sa fantaisie et son originalité dans un style architecturale alors en vogue en Europe, l’Art Nouveau ou le Modernisme. La nature et la matière organique prennent le pas dans l’imagination de l’architecte.
De nombreuses commandes d’immeubles et de mobilier lui permettront de « pousser » à fond son imagination créative et de magnifier le style « Art Nouveau ».
En 2026 devrait s’achever la construction de la Sagrada Familia, monument le plus visité de Barcelone et réalisation absolument époustouflante!

Intérieur de
la Sagrada Familia à Barcelone.
Photo: (c) Sophie Crépy.
Photo:(c) Sophie Crépy
Photo: (c) Sophie Crépy.
L’atelier de Gaudi. Capture doc. vidéo
Photo: (c) Kadia Rachedi
Projet patio du Conseil Provincial de Barcelone
Détail mosaïque
Vitrail Cathédrale de Majorque
Mobilier du Palais Guell.

Aristide MAILLOL

Maillol aussi était catalan!
Sculpteur, peintre et graveur, il est né à Banyuls-sur-Mer en 1861.
Il a été l’un des sculpteurs le plus réputé de son temps. On connaît de son oeuvre les nus aux formes pleines et simplifiées qui ornent les jardins des Tuileries:

« Action enchaînée » 1908.
« Pomone » 1910.

De Maillol, je ne connaissais que les sculptures qu’il avait réalisées avec Dina Vierny comme modèle.
Je suivais les cours aux Beaux-Arts et je rêvais d’être sculpteure…
Mon père m’avait emmenée rencontrer Dina Vierny, qui était une amie à lui.
Cette très belle petite femme toute ronde et avenante nous a reçu dans sa galerie et je l’entends encore me dire que je devrais plutôt m’orienter vers la décoration, car être artiste serait trop dur pour une femme!

Dina Vierny
A.Maillol: « L’air ». Modèle: Dina Vierny

L’exposition du Musée d’Orsay m’a permis de découvrir avec jubilation l’ensemble de l’oeuvre de Maillol et la diversité de ses créations.
Les salles présentent un foisonnement de sculptures, de peintures, de dessins, des documents vidéos etc.
Cette déambulation joyeuse permet de faire connaissance avec cet artiste mal connu qui traînait une réputation honteuse, car il avait accepté d’assister au vernissage d’un artiste proche du régime du III° Reich…
Pour en savoir plus: https://www.liberation.fr/culture/2000/06/15/maillol-le-vrai-du-faux_329972/

Les photos de l’exposition Maillol ont été réalisées par Kadia RACHEDI

Le musée d’Orsay est ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18 h
1 rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris

Entrée: 16 euros (voir les nombreuses réductions sur le site)
Gratuit le 1° dimanche de chaque mois.

« REGARDS »
à la Maison de Victor Hugo à Paris.
Cette très étonnante exposition est prolongée jusqu’au 19 juin.


Née d’une collaboration entre Paris Musée, le Groupe Hospitalier Paris Psychiatrie et Neurosciences, et le groupe d’entraide mutuelle « Le Passage ». Ce collectif a créé une commissaire d’expo fictive qui nous emmène avec beaucoup d’humour dans les méandres du regard et de ses symboliques… J’ai beaucoup aimé l’accent sur ces expressions : « Cela ne te regarde pas », « Il/elle est mal vu.e », « En mettre plein la vue » … Que nous n’analysons jamais!
Et si, à travers des oeuvres de peintres ou de dessinateurs, nous regardions le monde autrement?

Daumier: « Narcisse ».
Marco Melgrati: »Social média:Narcisse ».

LE LOUVRE…

La pyramide du Louvre au couchant. Photo (c) Musée du Louvre.

… Sans bouger de chez vous!

C’est LE musée qui m’attire à chaque fois que je séjourne à Paris!
Et comme je piétine d’impatience d’y retourner, je vous emmène avec moi à travers quelques documentaires vidéos…

Mais d’abord, un peu d’histoire:
Le Louvre est un château.
Cet ensemble de bâtiments est situé sur la rive droite de la Seine, à Paris, et c’est l’un des monuments les plus symboliques de la capitale française. Inauguré à la fin du XXe siècle, le Musée du Louvre est le musée le plus important de France et le plus visité au monde.
La collection du Louvre comprend près de 300 000 œuvres produites avant 1948, mais seulement 35 000 y sont exposées. 
Cette immense collection est organisée par thèmes et divisée en différents départements : antiquités orientales, antiquités égyptiennes, antiquités grecques, romaines et étrusques, histoire du Louvre et du Louvre médiéval, peinture, sculpture, objets d’art, arts graphiques et arts de l’Islam. La collection permanente constitue un des fonds muséographiques les plus riches au monde, rassemblant différentes collections d’œuvres d’art provenant de civilisations, de cultures et d’époques variées. 
Depuis sa construction, il y a huit siècles, l’actuel musée est agrandi, détruit puis reconstruit, et c’est de 1981 à 1999, lors du projet du grand Louvre initié par le président François Mitterrand que le palais se voit transformer en musée.
Parmi ses pièces les plus célèbres figurent La Joconde, la Vénus de Milo, Le Scribe accroupi, La Victoire de Samothrace …

BIEN INSTALLÉ.E?

En route pour la visite virtuelle que

je vous ai concoctée!

Et, bien entendu, la « mia » Gioconda:

Saviez-vous que Le Louvre s’est aussi installé dans le Nord, à Lens?
Cette magnifique réalisation accessible facilement en train de Paris, vaut une visite! En attendant:

Pratico-pratique

Le musée du Louvre se trouve Rue de Rivoli à Paris.
Accès métro et bus, arrêts: « Louvre ».
Le musée est ouvert tous les jours sauf les mardis, de 9h à 18h
Entrée: 17 euros.
Gratuit pour les moins de 18 ans, minima sociaux, demandeurs d’emploi, visiteurs handicapés, personnel hospitalier…
ET pour toutes et tous le 14 juillet 🙂
Le site: https://www.louvre.fr/

Le musée de Millau et des Grands Causses

Une richesse insoupçonnée…

Vous connaissez probablement Millau dans l’Aveyron, car, depuis décembre 2004, la traversée du viaduc le plus haut du monde a éradiqué les bouchons exaspérants, refrains en ritournelles des JT de l’été.

Cette ville toute serrée autour du Tarn, que vous admirez avant de payer le péage, abrite un des musées les plus étonnants de la Région!
Derrière la façade un peu austère de l’hôtel de Pegayrolles se nichent de véritables trésors.
Au rez de chaussée le personnel d’accueil vous expliquera les différents parcours possibles en accès libres:

  • Au sous-sol la collection de protohistoire, de l’antiquité gallo-romaine et du Moyen-Âge,
  • La paléontologie et les expositions temporaires au Rez de Chaussée,
  • La mégisserie, la ganterie et la salle dédiée à Emma Calvé au premier étage.

Les collections et les vestiges

Dans la semi obscurité, je descends avec précaution vers le sous-sol, pour « revisiter l’histoire », comme me promet le fascicule, avec une certaine appréhension de tomber sur des vitrines poussiéreuses et mal éclairées…

UNE BELLE SURPRISE!
De salles en salles, je vais m’émerveiller devant une scénographie lumineuse et intelligente, à la fois didactique et ludique.
Panneaux explicatifs clairs et concis, projections vidéo rythment la visite.

Les nombreux fossiles et empreintes de reptiles présentés, datant du Cambrien au Jurassique, les vestiges d’artisanat du bronze de la protohistoire, les céramiques sigillées de l’époque gallo-romaine jusqu’aux éléments de nécropoles médiévales me permettent de retracer les sources de la vie des Grands Causses.

La plupart des objets exposés proviennent des fouilles du site archéologique de la Graufesenque, proche de Millau et visitable également.

Époque Gallo romaine:Reconstitution d’un atelier et d’un four de potier

Mosaïque et vestiges de poteries

PODCAST 1

Katia FERSING, Directrice du musée, nous parle de son métier:

Mégisserie et ganterie

Je suis et resterai toujours fascinée par les écomusées!
Ces traces de l’histoire ouvrière, du travail, des savoirs-faire et des luttes me passionnent et, au musée de Millau, j’ai découvert un nouveau pan de cette histoire: la ganterie.

Dans une première salle on entre dans une mégisserie où sont présentés les différents aspects du travail de la transformation des peaux brutes en peaux fines, puis le tannage et la teinture.
Au contraire du « tanneur » qui travaille le gros cuir des gros bovins, avec acharnement et obstination – d’ailleurs ne dit-on pas « être tanné » quand on sature de quelque chose? – le « mégissier » traite les peaux souples de petites dimension destinées à la ganterie.
Le métier demande de la persévérance et de la précision pour affiner la peau qui servira les gantiers. Les dures conditions de travail font des 21 étapes de la transformation de la peau, une aventure difficile et rude.

Labo de coloration des peaux

Une fois les peaux tannées, entre en scène le travail des gantiers.


« L’odeur du cuir est là: subtile, douce, pénétrante… Si quotidienne sans doute aux narines du gantier, qu’il ne la sent même plus, paraît-il… L’ambiance de l’atelier est celle d’un harmonieux désordre. Nous sommes dans un univers pluriel où tous les éléments matériels s’organisent en équipes (…)
Extrait de « Un métier dans la peau » de Élisabeth Baillon.

Au sein des espaces de l’exposition permanente où l’on retrouve des reconstitutions d’ateliers, des projections vidéo, et beaucoup de photos, sont abordés les multiples aspects techniques, fonctionnels, esthétiques ou symboliques du gant ainsi que l’histoire économique et sociale de cette industrie peaussière ayant contribué à faire de la ville de Millau, au début du XX° siècle, la Capitale européenne de la ganterie.

Étapes et outils
XVIII° et XIX° siècle
La haute couture
Un atelier de fabrication….
… Qui embauchait du personnel à majorité féminin qui a su s’organiser!

Avant de quitter le « Musée de Millau et des Grands Causses », je vais fouiner dans la toute petite librairie pour dénicher deux ouvrages vraiment passionnants:
« Un métier dans la peau » d’E.Baillon
« Paroles ouvrières, Paroles gantières » de M.Fournier et M.Delmouny

Contact musée: www.millau.fr

PODCAST 2

Katia Fersing nous présente la prochaine exposition temporaire et les animations autour:


Il fait beau sur Millau et après ce moment suspendu dans l’histoire, mon humeur va me porter – bien entendu – vers le Viaduc 🙂

HÉROÏNES ROMANTIQUES

Qui sont-elles?

Qui sont les héroïnes du romantisme et comment sont-elles représentées dans les arts au XIXe siècle ?
Le Musée de la Vie Romantique explore ces questions en ouvrant, le 6 avril 2022 et jusqu’en septembre, l’exposition: « Héroïnes romantiques« . 
Rendez-vous au 16 rue Chaptal à Paris, dans la maison d’Ary Scheffer qui abrite, depuis 1987, le Musée de la Vie Romantique.
C’est là, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes », nom donné, au 19e siècle, à cette partie du 9ème arrondissement de Paris lorsque l’élite intellectuelle et artistique parisienne (écrivain·es, comédien·es, musicien·es, peintres·es…) s’y installe et y fait construire de somptueux hôtels particuliers, qu’émerge le mouvement artistique Romantique, symbolisé aujourd’hui par la maison d’Ary Scheffer, peintre hollandais disciple de Delacroix, qui s’y installa en 1810.

Le Musée de la Vie Romantique
Photo: (c) Kadia RACHEDI
La verrière du Musée.
Photo:(c) Kadia RACHEDI

L’exposition, riche d’une centaine d’œuvres – peintures, sculptures, manuscrits et objets d’art – consacre ainsi successivement les héroïnes du passé, les héroïnes de fiction et les héroïnes en scène et interroge le regard sur les femmes dans une société qui leur laisse, à cette époque, peu de place.

C’est un parcours en trois temps et en quatre salles auquel nous sommes convié·es puisque les deux premières salles sont en effet réservées aux héroïnes du passé, l’une dédiée aux héroïnes mythologiques et la seconde aux héroïnes iconiques.
Des petites salles, des bibliothèques dans lesquelles sont exposés des livres, des dessins des sculptures. Dans la première salle, un piano recouvert d’un tissu de velours foncé occupe les 2/3 de la surface et un petit poêle très ancien.
Dans la seconde salle et dans la troisième toujours des bibliothèques et des vitrines contemporaines dans lesquelles sont exposés des livres. Dans la troisième salle, un élément en métal qui fait penser à un élévateur. C’est en réalité un petit escalier en colimaçon qui nous permet accéder à la quatrième salle… Pas d’inquiétude, il y a aussi un ascenseur !

L’escalier en colimaçon.
Photo: (c) Kadia RACHEDI

Une exposition que l’on doit à Gaëlle Rio, directrice du Musée de la Vie Romantique, à Élodie Khun, directrice adjointe et à Cécile Degos pour la scénographie.

Présentation de l’exposition par Gaëlle RIO,
Directrice du Musée de la Vie Romantique
:

Si les noms des plus grands peintres et sculpteurs du début du XIXe siècle défilent (Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Antoine-Jean Gros…) balisant un monde artistique – gouverné par les hommes – qui joue un rôle majeur dans la diffusion d’un héroïsme féminin aux accents tragiques, l’exposition s’intéresse également aux femmes du XIX ème siècle qui mettent en scène des héroïnes dans leurs œuvres.
Sont ainsi mises à l’honneur les artistes Marie d’Orléans, Félicie de Fauveau, Frédérique O’Connell, les écrivaines Madame de Staël, George Sand, Sophie Cottin ou encore les interprètes Harriet Smithson, Rachel et Mademoiselle Mars, qui portent à la scène les grands rôles féminins de l’époque.

V.A Genève-Rumilly: « La mort d’Antigone »
(c) Musée de Grenoble
Frederique O’Connell: « Rachel dans le rôle de Phèdre »
Photo:(c) Kadia RACHEDI

Héroïnes du passé

Les héroïnes mythologiques, Sapho, Antigone, Cléopâtre… Les héroïnes iconiques, Marie Stuart, Jeanne d’Arc… et leurs représentations dans « le style troubadour », ce mouvement artistique qui émerge sous la Restauration française et qui s’épanouit dans la première moitié du 19e siècle. Ce mouvement tend à réinventer et à s’approprier par les différents arts, une atmosphère idéalisée du Moyen-Âge et de la Renaissance.

« Jeanne d’Arc »
Photo: (c) Kadia Rachedi
Gros Antoine-Jean, Baron (1771-1835). Bayeux, musée d’art et d’histoire Baron-Gérard (MAHB).

PODCAST:
Présentation des « héroïnes du passé »
par G.Rio directrice du musée et E.Khun, directrice adjointe:

Héroïnes de fiction, héroïnes de scène

  • Des héroïnes shakespeariennes ou « le goût du drame » que les artistes romantiques, essentiellement des hommes, se réapproprient, réinventent, redécouvrent et mettent en scène dans leurs tableaux comme Desdémone, Juliette et Roméo, Ophélie…
  • Des héroïnes « inventées » ou, la représentation de l’idéal féminin, de l’amour et de la mort.
    Au 19ème, le genre du roman est en plein essor. Des écrivains et des écrivaines (Madame de Staël, George Sand, Sophie Cottin pour ne citer que des femmes) inventent des figures féminines (Lélia, Corinne ou l’Italie…) qui seront représentées en peinture et qui deviennent des héroïnes de fiction.

Dans cette salle, comme dans la salle des héroïnes du passé, un lien entre l’accrochage et des ouvrages exposés dans la vitrine contemporaine.

Steuben Charles de, Baron (1788-1856). Nantes, musée des Beaux-Arts. INV1182.

Héroïnes de scène, héroïnes incarnées

Le 19 eme siècle est aussi une époque où le théâtre, le ballet et l’opéra attirent un public nombreux. La scène devient un espace de diffusion des héroïnes romantiques.
Mademoiselle Rachel, célèbre pour ses rôles de tragédienne, Mademoiselle Mars, interprète adulée, deviennent de véritables icônes que les artistes représentent dans leurs rôles les plus prégnants.
« Vêtues de vaporeux tutus blancs et chaussées de pointes », les danseuses comme Marie Taglioni diffusent une nouvelle manière de danser caractéristique du ballet romantique.

Photos: (c) Kadia RACHEDI

PODCAST:
« Les héroïnes de fiction et les héroïnes de scène »
G.Rio et E.Khun

Pour terminer la visite, et en contrepoint de la représentation des héroïnes romantiques, une citation…

Ballade à Paris, au milieu d’un cadre de verdure,
Prendre une bouffée d’oxygène,
Puis, à la fin de la visite,
Prendre un petit thé sur un air de campagne dans la maison où Ary Scheffer reçut Delacroix, Listz, Rossini, Sand, Chopin

Pratico-pratique:
MUSÉE DE LA VIE ROMANTIQUE:
Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal
75009 Paris
Téléphone :01 55 31 95 67

Horaires d’ouverture :
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis et le 1° mai.
Tarifs: 9 et 7 euros.


JULES PERAHIM

Jules Pérahim

Au musée Cantini, à Marseille

Jusqu’au 24 avril, le musée Cantini à Marseille – en collaboration avec le MASC (Musée d’Art Contemporain des Sables-d’Olonne) – présente une exposition consacrée à Jules Perahim, peintre surréaliste roumain né en 1914 à Bucarest et décédé à Paris en 2008, et figure importante de l’avant- garde en Roumanie dans les années 30.
Pérahim a fui son pays natal , vers Prague puis Paris, à cause des dérives d’un gouvernement trop autoritaire.
« Ce n’est pas de cela dont on avait rêvé » disait-il en quittant Bucarest.
Plus tard, dans les années 70, ses voyages en Afrique vont enrichir son univers mythologique.


C’est un magnifique voyage onirique que l’on fait en parcourant les nombreuses salles de l’exposition à la rencontre d’un artiste que peu d’entre nous connaissent et qui nous emmène entre cruelle vérité et visions étranges…
On plonge dans un monde peuplé de figures et de personnages cousins de Miro ou de Dali…
Dramatiquement d’actualité, la peinture de Pérahim, d’un humour grinçant, résonne particulièrement à l’heure actuelle!

L’ange du foyer
Danse de la mort
Lumpenprolétariat et démocratie
La mitraillette
Paradis sans hommes
Ville

Marina Vanci-Perahim, épouse du peintre et historienne de l’Art:


Une époustouflante collection permanente

Une salle de la collection permanente. Photo: (c) Sylvie Maugis

Le musée Cantini abrite dans les étages une collection permanente d’oeuvres d’art contemporain absolument remarquable : Dufy, Derain, Signac, Fernand Léger, Geneviève Asse, Picasso, Chagall, Giacometi, Bacon, Max Ernst…
Laissez vous emporter dans une déambulation savoureuse!

Une salle de la collection permanente. Photo: (c) Sylvie Maugis
Une salle de la collection permanente. Photo: (c) Sylvie Maugis

Le musée Cantini se trouve 19 rue Grignan,
à deux pas du vieux port de Marseille.

Ouvert du mardi au dimanche de 9h à 18h
Contact:
04 13 94 83 30
musée-cantini@marseille.fr
Tarifs: 6 et 3 euros pour les expositions temporaires
Gratuit pour la collection permanente

À noter l’accueil sympathique et
la grande gentillesse de tout le personnel!

LA GIOCONDA

« Léonard se mit à faire, pour Francesco del Giocondo, le portrait de Monna Lisa, sa femme.
On peut dire qu’elle fut peinte d’une manière à faire trembler et craindre tout grand artiste, quel qu’il soit.
Il y avait un sourire si agréable que c’était une chose plus divine qu’humaine à voir, et elle était tenue pour une chose merveilleuse, sans différence d’avec la vie »
Giorgio Vasary (Vie de Léonard de Vinci 1550)

On l’aime, on l’ignore ou on la déteste…
En tous cas, chacun.e de nous est convaincu.e de bien la connaître et elle nous paraît une évidence…
Qui imaginerait qu’elle puisse ne pas – ne plus – exister?
Depuis sa création, elle a inspiré de nombreux peintres, designers, publicistes et suscité bien des convoitises!
Abîmée, kidnappée… Elle est toujours revenue au Louvre, sa terre d’adoption, où elle est chérie, protégée, choyée.
On pensait que tout avait été dit, écrit, commenté…

Immersion

Jusqu’au 21 Août 2022, au Palais de la Bourse de Marseille, Le Louvre et la Réunion des Musées Nationaux/Grand Palais immersif proposent une relecture de cette oeuvre majeure de Léonard de Vinci : « LA JOCONDE, EXPOSITION IMMERSIVE ».

Enveloppé dans une « peau-paysage » de 70 mètres, décor mouvant et sonore, le visiteur est immergé dans un dispositif composé de cinq modules de projections et d’une trentaine d’écrans interactifs, offrant plusieurs récits visuels: « L’origine du mythe », « Un portrait vivant », « Sous observation », Obsession Joconde », « On a volé la Joconde! » et « Jocondomania ».

Regarder… Rêver… Jouer… Prendre le temps d’un autre regard, d’une déambulation jubilatoire… S’émerveiller d’un détail ignoré ou méconnu… Se délecter d’une anecdote…

PODCAST

Interview de Vincent Delieuvin,
Conseiller scientifique de l’exposition et Conservateur en chef de la peinture italienne du XVI° siècle au Musée du Louvre:
Quand l’érudition se marie avec l’humour..


La Joconde – Peau Paysage (4)
Simulation projection immersive, 2021 © Mardi8-Artisans d’idées / GPI / Rmn-GP / Musée du Louvre, 2022

La Joconde – Peau Paysage (2)
Simulation projection immersive, 2021 © Mardi8-Artisans d’idées / GPI / Rmn-GP / Musée du Louvre, 2022

Extrait visuel, Le vol de la Joconde
© Mardi8-Artisans d’idées / GPI / Rmn-GP / Musée du Louvre, 2022
Photo © Albert Harlingue / Roger-Viollet

Extrait visuel (2)
© Mardi8-Artisans d’idées / GPI / Rmn – GP/ Musée du Louvre, 202


En sortant du Palais de la Bourse, j’ai été abordée par deux jeunes filles qui m’ont demandé: « De quoi parlait l’expo? », quand je leur ai dit « de la Joconde », j’ai bien vu une sorte de moue blasée sur leurs visages! puis : « Ça veut dire quoi immersif? »
J’ai tenté une explication, leur ai dit qu’elles ne l’avaient jamais vu comme cela et qu’à travers un dispositif numérique elles pourraient presque entrer dans le tableau et le redécouvrir… Leurs yeux se sont écarquillés et elles m’ont dit que « C’était troooo bien et qu’elles iraient dès ce week-end! »

Cette exposition numérique est peut-être la clé d’un accès facilité à l’histoire de l’art, et par là, un formidable outil pédagogique, à utiliser sans modération!


La Joconde tactile
© Mardi8-Artisans d’idées / GPI / Rmn-GP / Musée du Louvre, 2022

Jeu proposé sur une borne tactile: « Créer sa Joconde »
Vue par « l’Art d’être Curieux »

Pratico-Pratique

« La Joconde, exposition immersive » se trouve au Palais de la Bourse
9, La Canebière à Marseille
De 10h à 20 h (sauf les lundis et mardis en mars et avril) les vendredis jusqu’à 22 h.

Tarifs
14,50 euros
11 euros ( moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, handicapés)
5 euros (RSA/ASS)
Gratuité : moins de 6 ans, Handicap 80%, carte Sésam, Icom.

C’est là le bémol: un couple avec deux gamins de 10 et 14 ans = 51 euros
Cela peut être un sacré frein pour une famille aux revenus modestes 🙁

AU MUSÉE EN FAMILLE!

« Muséofête », une belle initiative!

Signataire de la charte des « 10 droits des petits visiteurs », mise en place par l’association Môm’Art ( cf vidéo en fin de page) , NARBO VIA à Narbonne (Aude) fait le pari d’un musée joyeux, ouvert aux plus jeunes et à leurs familles.
C’est dans ce cadre que, ce mercredi 2 mars, le Musée a donné l’occasion au jeune public de découvrir et d’expérimenter la visite d’un lieu culturel de manière ludique et en toute autonomie, durant un après-midi de fête.

Cécile Lebreton, chargée de Communication à Narbo Via, raconte:
« De 14 heures 30 à 15 heures s’est déroulée devant le mur lapidaire une présentation animée par Jennifer, médiatrice chargée de projets éducatifs au musée de Narbo Via, qui a servi d’exemple aux adultes (présents à cette animation avec les enfants) pour rendre ludique une visite muséale.

Démarrage de Muséojeux devant le mur lapidaire

Puis de 15 heures à 17 heures 30, les enfants, accompagnés d’adultes, se rendaient dans le salon de lecture, puis visitaient le parcours permanent du musée.
Deux médiateurs, avec leur chariot de médiation mobile, leur distribuaient des cartes, qui étaient des défis à relever : dessiner, répondre à une question… En cheminant dans le musée… Puis les visiteurs revenaient ensuite vers les médiateurs et montraient le.s défi.s réalisé.s.

Le « Kit Défis » MuséoJeux

Au bout de cinq défis réalisés, ils pouvaient se rendre dans l’espace « jeux de société antiques et frappe de monnaie », où ils pouvaient frapper leur monnaie et repartir avec leur pièce en souvenir. »

Frappe de monnaie

Photos: C.Lebreton © Narbo Via.

Faisons connaissance avec l’association Môm’Art:

Une autre Muséofête est programmée le 27 avril 2022 à NARBO VIA.
Pour toute la tribu – conseillé à partir de 3 ans.
Gratuit avec le billet d’entrée. Entrée gratuite pour les – de 26 ans et les allocataires des minimas sociaux.
Renseignement au 04 68 90 28 90.
Narbo Via: 2 avenue André Mècle à Narbonne.

DEPARDON À MONTPELLIER

Le Pavillon Populaire de Montpellier expose jusqu’au 24 avril 2022, les photos de Raymond DEPARDON prises durant l’été 2020, dans des villages du Gard, de l’Hérault, de la Lozère… Cette exposition reprend une large sélection des photographies éditées dans l’ouvrage « Communes » publié en 2021.

QUELS COMMUNES ET POURQUOI?

Le 1er mars 2010, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le Ministère de l’écologie, de l’énergie et du développement durable accorde à une société texane, et pour une durée de 3 ans, un permis de recherches de mines d’hydrocarbures, liquides ou gazeuses, dit « Permis de Nant ».
Le périmètre d’exploitation de 4400 km carrés se situe principalement en Occitanie, touche près de 280 communes et plus d’un demi-million d’habitants. Il s’agit donc d’un territoire aux ressources naturelles et touristiques majeures qui se voit ainsi menacé, région éminemment rurale (Larzac, Auvergne, Ardèche, Drôme, Hérault…) au tissu fragile.
On sait la brutalité de l’exploitation du gaz de schiste : fractures géologiques et leur cortège d’effets secondaires fatals à l’environnement.
Le projet est abandonné en 2015, par voie de justice. »
(Extrait du dossier de Presse)

À l’issue du premier confinement, Raymond Depardon va sillonner cette partie de l’Occitanie qui fut menacée par le « Permis de Nant » pour capter des instants.

Raymond Depardon à l’exposition « Communes » au Pavillon Populaire de Montpellier
Photo (c) Pavillon populaire

Contrairement à ce qu dit Raymond Depardon dans son interview (voir plus loin) la plupart des habitant.e.s concerné.e.s n’a pas été informée, à l’époque, du projet intitulé « Permis de Nant » qui risquait d’impacter un immense territoire entre le Larzac et la côte et provoquer un véritable désastre écologique!
Un collectif s’était créé pour mobiliser les populations, mais les informations n’ont pas été réellement diffusées … Allez savoir pourquoi?
Cependant, la ténacité du collectif a permis l’abrogation du projet… Pour combien de temps?

Carte des villages concernés par le « permis de Nant »

LA FORCE DU NOIR ET BLANC

La cinquantaine de photos exposées surprend par l’intensité des contrastes!
Noirs intenses et blancs grisés semblent s’affronter à l’intérieur de chaque cliché.
Fidèle à sa chambre photographique qui permet une prise de vue travaillée – où le hasard et l’instantanéité n’ont pas de place – et des tirages détaillés, Raymond Depardon nous offre une vision de la ruralité très personnelle: paysages un peu glacés aux ciels ennuagés, personnages figés et villages qui semblent abandonnés… C’est saisissant!

Une salle de l’exposition « Communes » Photo: (c) Sylvie Maugis.
Hameau de la Muse Mostuejouls (c) R.Depardon/Magnum
Notre Dame de Grace à Gignac (c) R.Depardon/Magnum.
Aulas (c) R.Depardon/Magnum

La déambulation dans l’exposition permet aux visiteurs de faire connaissance avec le projet « Permis de Nant« , puis avec des photographies plus anciennes de Raymond Depardon et des extraits de ses films: « Un moment si doux » ou « Rural ».

PRATICO-PRATIQUE

Le Pavillon Populaire est situé sur l’Esplanade Charles de Gaulle à Montpellier, il est ouvert du mardi au dimanche
de 10h à 13h et de 14h à 18h
Entrée gratuite ( Pass sanitaire demandé)
Visites guidées gratuites et sans réservation les mercredis et vendredis à 16h, les samedis à 11h et 16h et les dimanches à 11h.

L’ORGUE DU JUBÉ

Orgue sur Jubé. Église d’Arques-la-bataille

Une fois n’est pas coutume: pas de visites d’expos, pas de mots écrits…
Mais un passionnant film documentaire : « L’ORGUE DU JUBÉ » réalisé par Patrice Veneau.
« L’orgue est une énigme.
Que se cache-t-il derrière cet imposant buffet, ces tuyaux, clavier et soufflerie ?
Dessin, conception, charpente, menuiserie, harmonie, découvrez tous ces métiers, dans l’atelier du Maître Facteur d’Orgues Michel Giroud.
Par une présence assidue et une caméra complice, le réalisateur Patrice Veneau et son équipe nous permettent d’entrer au cœur de la construction de l’orgue de l’église d’Arques-la-Bataille.
La justesse des images, la qualité du son rendent palpable le génie des créateurs.
Sous les doigts de Juliette Grellety-Bosviel, l’orgue livre ses premières notes avec le Prélude, Adagio et Fugue BWV 564 de Jean Sébastien Bach.
L’enthousiasme qu’a provoqué cette construction a engendré la création de l’Académie Bach. »

Dans une église, le jubé est une tribune formant une clôture de pierre ou de bois séparant le choeur liturgique de la nef.
Il tient son nom du premier mot de la formule latine « jube, domine, benedicere » (« daigne, Seigneur, me bénir »)