SI ON VOUS DIT « CULTURE »?

Depuis bientôt quatre ans, «L’Art d’Être Curieux» vous invite à nous suivre
dans des endroits divers et variés…
Au fil des visites, des interviews et des articles,
nous avons rencontré des gens passionnant.es et passionné.es,
qui nous ont fait partager leurs projets et leurs interrogations.
Pendant tout ce mois de Mars, nous avons voulu faire émerger leur image de la Culture…
Vous avez dit Culture ? On sort les micros !

CHAPITRE 1 : UN PEU D’HISTOIRE…

Depuis la fin du XIX° siècle en France, la gratuité des musées fait débat…


En 1896, la revue L’Artiste avait – déjà – consacré un dossier au prix de l’entrée au musée. Les milieux culturels, mais aussi politiques, débattaient ferme, alors, sur le fait de faire payer les visiteurs, tandis que le XIXe siècle, qu’on appellera plus tard « siècle des musées », avait vu éclore quantité de lieux à Paris et aussi en province. Tous furent d’abord gratuits, sans exception.
Du temps de la création du tout premier « Museum », en plein Paris, en 1793, il s’était finalement trouvé une seule voix pour arguer de la nécessité de faire payer l’accès aux collections. Rarement ouvert au public, à l’exception de quelques jours chaque année, et ordinairement réservé aux artistes, cet aïeul du Louvre avait ainsi été voulu gratuit par les révolutionnaires. Le patrimoine appartenait à tous. Et le directeur général de l’Instruction publique, seule voix à proposer de faire contribuer les visiteurs à l’accès à la culture, s’était finalement trouvé bien seul, lorsqu’il avait réclamé, dès 1796, l’acquittement d’un droit d’entrée au nom du financement à la culture. Cent ans plus tard, exactement, le sculpteur Auguste Rodin répondait ceci à la revue L’Artiste sur le prix d’entrée au musée : « Je crois que l’on doit s’en tenir à la création des musées sous la Révolution, qui a été gratuite pour l’éducation de tous. Dans tous les temps, on a eu besoin d’argent, et l’on a maintenu le principe de la gratuité, qui est le meilleur, je crois. » Le sculpteur n’était pas seul à défendre alors la gratuité car la même année, c’est Clémenceau qui s’était fendu d’un manifeste en faveur des musées gratuits, Le Louvre libre. Et c’est dire si le débat agitait largement, en cette fin du XIXe siècle : on en discutait alors à l’Assemblée Nationale!

Le musée du LOUVRE

Depuis 1905, à Paris, un premier musée avait déjà entrepris de faire payer l’entrée : celui des Arts Décoratifs. Cinq autres musées municipaux l’avaient suivi rapidement. La décision d’introduire un portillon à l’entrée du Louvre sera quant à elle tranchée en 1921, qui emboîtait le pas à d’autres grands musées à l’étranger, à l’instar du Victoria and Albert Museum, à Londres, qui avait déjà commencé à faire payer certains jours. L’adage qui clamait « la nation est chez elle au Louvre » avait déjà vécu.
Toutes les décennies suivantes seront marquées par un autre débat : comment amener ceux qui ne vont pas au musée à franchir sa porte ?
Deux décennies avaient passé, que Rodin avait déjà changé d’avis. Au moment de transmettre son œuvre à l’État, contre la promesse d’un lieu qui lui serait dédié et qui deviendra le futur musée Rodin, dans le VIIe arrondissement à Paris, où l’on peut toujours voir ses sculptures jusqu’aux allées du jardin attenant, Auguste Rodin avait finalement dévoilé son testament : l’Hôtel de Biron et toute l’œuvre qui se trouvait à l’intérieur seraient bien légués à l’État… À la condition expresse qu’un musée pérennise sa trace à raison d’1 franc par visiteur. Il y voyait la garantie qu’on sécuriserait ainsi l’indépendance financière du nouveau lieu à sa gloire.
Pour déminer la polémique qui entoure l’augmentation du prix du billet d’entrée au Louvre, à Paris, le musée répond que plus d’un français sur deux qui entre au Louvre ne paye pas!
(Extraits du podcast de France Culture « Info culturelle » . Janvier 2024.)

Les premières Maisons de la Culture

Nous avons rencontré Christian AVENEL, cinéaste, peintre et photographe, qui fut animateur à « l’Unité Enfants » dès la création de la Maison de la Culture du Havre….

Christian Avenel devant les personnages de « Yellow Submarine », réalisés pour la MC du Havre…

Les enfants jouent avec les lettres de l’Alphabet de Sonia Delaunay
réalisées par l’Unité Enfants de la MC du Havre:

Vous pouvez retrouver toutes les créations de Christian Avenel sur son site: www.empreintesdefeu.fr

CHAPITRE 2 : L’ACCÈS À LA CULTURE …

Olivier DONNAT

PAR LA PRATIQUE ARTISTIQUE ?

GaëlLE est Moniteur-rice Éducateur-rice dans un GEM , Groupe d’Entraide Mutuelle, une association portée par et pour des usagers en santé mentale. 
La pratique artistique est l’un de ses outils de travail, au service de l’accompagnement
d’adultes en situation de handicap:

SUNRA à Montpellier (2018)
André Manoukian

André Manoukian est auteur-compositeur et pianiste. Il est également chroniqueur, présentateur d’émissions de radio et de télévision et comédien.

« La culture, c’est la curiosité avant tout. C’est une question de survie. Sans elle, on s’éteint, on devient idiot. C’est dans la zone du cerveau qu’on appelle le ragot que les grands singes sont passés d’animalité à homme, parce que le ragot, ou l’information sur l’autre, nous a permis de créer des groupes de personnes de plus en plus grands, plus puissants et, petit à petit, l’information s’est transformée par l’histoire, le mythe et c’est comme ça qu’on a constitué des sociétés.
La culture fait le lien entre les personnes et c’est ce qui constitue les sociétés humaines.
Que ce soit dans la peinture, la littérature ou ce que vous voulez, la culture est aussi l’apprentissage d’un vocabulaire avec lequel vous allez vous exprimer. Puis le talent, vous en avez deux sortes. Le premier, c’est celui qui sait imiter le geste qu’on lui a appris jusqu’à la perfection. Celui-là, il est foutu ! Comme il arrive à reproduire parfaitement le talent de son maître, il ne va jamais s’inscrire vraiment. Puis vous avez le talent de celui qui n’arrive pas à imiter le maître et qui va l’accepter. Celui-là, il est sauvé. Ce sont ses défauts qui vont lui donner une particularité. J’ai fait un concert à Sarlat dernièrement. J’ai vu les grottes de Lascaux dont les dessins sont d’un stylisme et d’une modernité incroyables. Comment ils faisaient, les gars ? C’était il y a plus de 20 000 ans. Donc la première étape, c’est l’apprentissage d’une technique, le piano par exemple, et la deuxième, c’est l’assimilation de cette technique. Après c’est votre curiosité qui fera vous tourner vers le travail d’autres et qui enrichira votre talent. »

André MANOUKIAN

Pour clore ce premier numéro, nous allons écouter Patrick Ruffat, Président de l’association « Art et Culture » dans les Pyrénées Orientales, qui nous explique le pourquoi de son investissement associatif:

http://artsetculturevinca.fr/

Pieter Bruegel: « Kermesse villageoise »

Dans la prochaine publication, nous écouterons des salarié.es de lieux culturels nous parler de leurs métiers et de leurs passions…

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