AU FIL DE L’ART…

… TISSER LA NATURE

Après la très belle exposition « Tisser la couleur » en 2015, Le Musée de Lodève propose:
« TISSER LA NATURE XVe – XXIe siècle »

Une exposition, plusieurs lieux:
L’exposition « Tisser la nature XVe – XXIe siècle » a été imaginée par le réseau TRAME[S] qui regroupe cinq établissements liés à l’art tissé : le Musée de Lodève, la Cité Internationale de la Tapisserie, l’abbaye de La Chaise-Dieu, le musée Dom Robert, et l’atelier-musée Jean Lurçat.
Chaque lieu présente des tapisseries différentes, toutes portent sur le même thème : Tisser la nature.

Affiche expo « Tisser la couleur » 2015
Affiche expo « Tisser la nature » 2021

Une tradition lodèvoise…

Lodève perpétue ainsi la tradition locale et centenaire de la tapisserie, mise en valeur par sa Manufacture Nationale de la Savonnerie, installée à Lodève depuis 1964:


Le parcours de l’exposition « TISSER LA NATURE »:

Cet « herbier géant » se compose de 12 tapisseries et d’un tapis du XX° et XXI° siècle ainsi que de huit tapisseries du XVI° au XIX° siècle. (Le tapis « la grande feuille » a été réalisé dans l’atelier de la Savonnerie de Lodève.)
Nous pouvons ainsi apprécier comment la tapisserie actuelle s’inspire des thèmes plus anciens.
Le traitement du végétal a constitué un élément majeur de l’esthétique de la tapisserie à toutes les époques: des « mille fleurs » du XV° siècle, ces tapisseries dont la multitude de petites fleurs parsème le fond, en passant par la Renaissance puis les tentures aux scènes galantes ou champêtres du XVIII°, jusqu’à l’abstraction récente où le végétal fait exploser l’imaginaire.
À l’origine les tapisseries avaient pour mission de couvrir les murs et isoler du froid. Les grandes pièces étaient également fort sombres et les sujets végétaux apportaient de la gaieté et de la beauté dans ces châteaux un peu austères !
De nos jours, les artistes sont sensibilisés aux questions environnementales et leurs représentations de la nature trouvent place dans leurs oeuvres.

« Les bergers » vers 1500. Photo Sylvie Maugis
Détail
« L’école buissonnière » de Dom Robert. 1997.
Photo: (c) musée Dom Robert

Métier de haute lisse…

Un peu de technique….

Pour réaliser une tapisserie, il faut d’abord un modèle.
Il s’agit d’un dessin ou d’une peinture qui donne les éléments principaux de la composition. 
Cette première maquette est ensuite agrandie aux dimensions souhaitées de la future tapisserie. C’est ce document, appelé carton, qui va guider le lissier pour l’exécution de la tapisserie. Si le modèle est souvent l’œuvre d’un artiste célèbre, la réalisation du carton est confiée à des artisans spécialisés dans cette tâche. Par souci d’économie, il est fréquent que les lissiers réutilisent d’anciens cartons qu’ils assemblent et modifient pour former de nouvelles compositions.  

Le tissage de la tapisserie:
La tapisserie résulte de l’entrecroisement de fils de trame colorés sur une armature en fils de chaîne
Il existe deux types de métiers à tapisserie : le métier dit de haute lisse, vertical, et le métier de basse lisse, horizontal.
Dans les deux cas, le principe est le même : d’abord, le lissier tend des fils de chaîne entre deux rouleaux, appelés ensouples. Puis, à l’aide de navettes ou de flutes, il passe les fils de trame colorés, entre les fils de chaîne pairs et impairs. À l’aide d’un peigne, il tasse les fils de trame de façon à couvrir totalement l’armature de fils de chaîne. Un tissage fin et serré est signe de qualité.  
Contrairement au tissage de draps où l’artisan travaille par ligne complète, le lissier réalise sa tapisserie motif par motif.
Pour cela, il se guide du carton, qui est placé sous le métier dans le cas de la basse-lisse et derrière lui dans le cas de la haute-lisse. Quelle que soit la technique, le lissier œuvre sur le revers de la tapisserie et ne voit donc pas le motif dans son ensemble. Pour contrôler la qualité de son travail, il s’aide d’un miroir.  
L’exécution d’une tapisserie exige souvent plusieurs années et mobilise plusieurs lissiers simultanément. On estime que la réalisation d’un mètre carré de tapisserie peut nécessiter entre un et dix mois de travail selon la technique et la finesse du tissage.
Une fois la réalisation terminée, on détache la pièce du métier, c’est ce qu’on appelle le « tombé de métier » qui marque l’achèvement de la tapisserie

Les gestes sur un métier de basse lisse
Photo: Isabelle Bideau (c) Coll. du Mobilier National


Parfois, le Maître Lissier (ou Licier) – qui supervise le travail des lissiers et lissières – signe la réalisation de la tapisserie, c’est pourquoi vous pouvez voir dans un coin de la tapisserie des initiales différentes de la signature de l’artiste peintre, parfois accolée à celle du peintre, parfois dans le coin opposé:

Quelques signatures de lissiers au musée de Lodève

Revenons à Lodève…

Enfin du monde dans un musée 🙂
Photo: (c) Sylvie Maugis

Au musée de Lodève le travail en direction du jeune public tient une grande place et les propositions fourmillent d’inventivité!
Jeux, panneaux explicatifs ludiques permettent aux enfants, et leurs accompagnateurs également, de mieux comprendre et apprécier les subtilités des oeuvres présentées.

« Jardin bleu » Etienne Hajdu. 1988.
Photo: (c) Sylvie Maugis
Panneau accolé à « Jardin Bleu ».
Jean Lurçat . 1962. « Les loups dans la Bergerie »
Détail. Photo: (c) Sylvie Maugis
Pour les enfants…
Jeu de Mots croisés à partir du tapis « Grande Feuille » d’Etienne Hajdu. 1994


Et peut-être que, dans quelques années, ces enfants auront envie de devenir lissier.e… Une formation passionnante pour un beau métier d’avenir!

Exposition « TISSER LA NATURE »
Dès la réouverture nationale, probablement le 19 mai…
10h/18h sauf les lundis

Musée de Lodève
Square Georges Auric
34700 LODEVE
0467888610
www.museedelodeve.fr

« TISSER LA NATURE » DANS LES AUTRES LIEUX DU RÉSEAU
TRAME(S) TAPISSERIES EN MASSIF CENTRAL:

TRAME(S) Réseau de sites de tapisseries en Massif Central

Catalogue de l’exposition « TISSER LA NATURE »
commun aux cinq sites