POUR L’AMOUR DE L’ART

Affiche de l’exposition des artistes amateur.e.s de la ville de Dinan.

« Amatore !  » (« Amateur ! »)

Cette interjection en italien, lancée à quelqu’un dont on juge que le travail n’est pas abouti, souligne l’aspect péjoratif de la notion d’amateurisme. Or étymologiquement le mot « amateur » signifie : celui ou celle qui aime… Et c’est seulement au XVIII ème siècle qu’apparait la précision amateur-connaisseur et au XIX ème celle d’amateur-praticien. « Même si les activités artistiques sont liées à la créativité, l’art est différent du travail dans le sens où l’activité artistique est assimilée à la liberté et au plaisir.  
S’il est communément admis que le sport a de multiples vertus pour la santé, sociales, mais aussi mentales, pourquoi ne pas le dire davantage pour les pratiques artistiques qui relèvent finalement des mêmes mécanismes : jeu, plaisir, dépassement de soi, hygiène de vie, socialisation, régularité, etc. ?
En France, 23 millions de personnes déclarent avoir au moins une pratique artistique régulière « non professionnelle ».
Une grande majorité de ces personnes amateur.e.s trouve dans leur pratique artistique une échappatoire ou une alternative salutaire à leur environnement professionnel routinier, morose ou problématique, et/ou tout simplement le bonheur de créer !
L’article 32 de la loi n° 2016-925 de 2016 définit le statut de l’amateur : « Est artiste amateur dans le domaine de la création artistique toute personne qui pratique seule ou en groupe une activité artistique à titre non professionnel et qui n’en tire aucune rémunération. »

Les personnes qui pratiquent en amateur entretiennent rarement un désir de professionnalisation.
Passé les années de formation, « être repéré·e » ou « faire carrière » n’est plus un sujet et il faut pouvoir le dire et l’entendre sereinement.
Évitons de confronter les modèles : les amateur·es ont des besoins et des attentes spécifiques, et ne souhaitent pas être comparé·es ou opposé·es aux professionnel·les.
Sans pouvoir ou vouloir y dédier des moyens considérables, le fait d’inscrire une dimension « pratiques amateures » dans une politique culturelle, encouragerait les personnes concernées à se faire connaître, à se parler entre elles, à sentir leur légitimité.

« Le manque de visibilité serait-il inhérent à la pratique en amateur dans la mesure où une meilleure reconnaissance pourrait aboutir à institutionnaliser « l’ininstitutionnalisable » ? 
Les pratiques en amateur n’ont-elles pas vocation à rester le travail de l’ombre, le rendez-vous intime, la satisfaction personnelle ?
Pour rester des pratiques libres, les pratiques en amateur doivent-elles rester cachées ?
Le « beau » travail est-il  celui qui nous rend heureux·se, ou celui qui satisfait les autres ? 
La pratique amateur relève ici du droit de donner le meilleur de nous-mêmes dans la réalisation, le droit aussi d’être fièr.e de l’action accomplie, l’occasion de se sentir vivant·e, pleinement soi-même, et pleinement parmi les autres. 
Il est question ici de dignité ».
(Sources : Article juillet 2025 – Le travail en amateur Sonia Leplat, directrice générale de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs Paris)

Du statut légal et économique à l’acception étymologique – celle ou celui qui aime – le mot « amateur » semble ne pas donner à voir toutes les facettes possibles de la pratique.

À travers trois portraits d’artistes amateurs : Maître-verrier, mosaïste, tourneuse sur bois/peintre et un reportage sur une chorale, il et elles vont nous raconter leurs pratiques… Leur amour de l’Art.

Alain HAZANE, maître verrier.
Création A.Hazane.
Création A.Hazane.
Création A.Hazame.
Création A.Hazame.

Dans l’atelier animé par Alain Hazame, nous avons suivi le travail de Constance :

Le vitrail de Constance….
… En chantier !
Découpe du verre…
…Meulage….
Préparation du plomb pour sertir.
Alain conseille Constance.

Isabelle Florentin, mosaïste
Tapisserie de Jean Lurçat.
« Oiseau de feu » d’ Isabelle Florentin.
Création d’I.Florentin.
Création d’I.Florentin.
Création d’I.Florentin.
Isabelle Florentin à l’atelier mosaïque…
… Tout en minutie et précision 🙂
Michèle Suzanne, tourneuse sur bois et peintre.
Bois tourné de M.Suzanne.
Bois tourné de M.Suzanne.
Bois tourné et peinture de M.Suzanne.
Création peinte de M.Suzanne.
Création peinte de M.Suzanne.
Réalisation en « Pouring ». M.Suzanne.
Réalisation en « Pouring ». M.Suzanne.

Le mot Pouring signifie littéralement « en versant ». Il s’agit en effet d’une technique artistique qui consiste à verser de la peinture fluide, directement sur le plan de travail, une toile ou une autre surface.
Le Pouring est une technique dans laquelle la couleur et les pigments sont les véritables protagonistes. Cette méthode, très appréciée, utilise de la peinture acrylique.
Pour obtenir un effet remarquable, la peinture est diluée de manière à ce que chaque teinte reste distincte des autres. Association de couleurs, combinaisons et imagination sont les seuls ingrédients nécessaires pour un résultat époustouflant.

Réalisation en « Pouring ».

La chorale de femmes « Sono Solo Canzonette » est dirigée par Paola Niggi.
Rencontre avec les choristes qui vous proposent quelques-unes des chansons de leur répertoire, des interviews et surtout de la bonne humeur !
Tournage réalisé le 9 octobre 2022 à Paris, par Marc Quentin et Jane Da Silva 🙁www.choralecanzonette.fr)

Chorale « Sono solo Canzonette.

Au cours de nos reportages, nous avons constaté que les ateliers de pratiques artistiques étaient presqu’exclusivement fréquentés par des femmes…
Une récente étude du gouvernement précise que : « Si les hommes et les femmes s’engagent dans les mêmes proportions dans la pratique en amateur, les arts graphiques et manuels, l’écriture et le spectacle vivant sont plus féminisés que les autres activités : 61 % des personnes qui pratiquent un art graphique ou manuel sont de sexe féminin, plus particulièrement pour la poterie (78 %). L’écriture séduit aussi davantage les femmes (64 %), en particulier lorsqu’il s’agit de la tenue d’un journal intime (72 %) et, enfin, les femmes sont majoritaires parmi les danseurs amateurs (71 %).
En revanche, les activités scientifiques et techniques sont plus masculinisées : les hommes y sont davantage représentés (61 %), et plus particulièrement au sein d’activités techniques comme observer les étoiles, faire des recherches historiques, etc. (66 %). »

L’Art d’être Curieux remercie Alain, Constance, Isabelle (associations « Art et Culture » et « Mosaïc’Art » dans les Pyrénées-Orientales) et Michèle, ainsi que la chorale « Sono solo canzonette », de Paris, pour leur aimable participation à cet article.

Tags: No tags