
LE MOYEN ÂGE DU XIXe SIÈCLE :
CRÉATIONS ET FAUX DANS LES ARTS PRÉCIEUX
Hâtez-vous d’aller voir cette très intrigante exposition au musée de Cluny – Musée National du Moyen-Âge – à Paris !
Le XIXe siècle a cultivé une rêverie romantique emplie de nostalgie médiévale et il connait d’importants progrès technologiques. Les grandes collections d’objets médiévaux se constituent alors. Ce siècle aime et s’inspire du Moyen-Âge en produisant des copies, des pastiches, des œuvres composites et des faux. L’exposition propose des confrontations, mettant en regard certains objets médiévaux avec leurs « résonances » du XIXe siècle.
Elle est centrée sur les arts précieux : pièces d’orfèvrerie et d’émaillerie, ivoires, tissus précieux.
Ces domaines bénéficient au XIXe siècle de redécouvertes techniques qui permettront la réalisation de « faux » très finement réalisés. Collectionneurs, ateliers de création et de restauration, mais aussi faussaires, sont les principaux acteurs de ce « courant », autour d’un marché de l’art en pleine expansion, en particulier à Paris, qui apparaît alors comme la capitale des arts précieux.
Le parcours de l’exposition s’articule en quatre sections principales : les objets devenus modèles, le rôle des collectionneurs, les créations dans le goût du Moyen-Age, la question du faux et de l’usage du faux.
La visite de l’exposition demande de porter une attention particulière aux cartons explicatifs, afin de pouvoir saisir les subtilités des copies présentées au regard des originaux du Moyen-Age.
Nous avons choisi de vous en présenter quelques copies, parmi les trésors exposés !



Attribuée à Bavozet frères et sœur
Paris, vers 1835
Bois, bronze doré, laiton, émail

À droite : vierge à l’enfant assise vers 1240. Ivoire d’éléphant.
La vierge à l’enfant de gauche (en buis) est une copie presque parfaite de celle de droite en ivoire.
Le faussaire a complété des parties manquantes (main droite de l’enfant) et ajouté une polychromie dont il ne reste que des traces. Cette transposition d’un matériau dans un autre est une pratique courante des faussaires, jusqu’au milieu du XXe siècle.

À droite : plaque de reliure « Christ en majesté » fin XIIe siècle.
La grande plaque de Reggio Emilia (à gauche) figurant le Christ entouré des symboles des évangélistes, fait écho au chef d’oeuvre de l’émaillerie romane (à droite).
Mais outre son dessin suspect et la qualité de l’émail médiocre, les figures repoussées dans la plaque sont une bizarrerie technique.


Le thème de l’ange a connu un retour en grâce dans la création artistique du XIXe siècle.
L’ange reliquaire du XVe siècle (à gauche) est exceptionnel tant par sa qualité d’exécution que par la rareté de ses poinçons. L’ange, aux ailes finement ciselées, tient un petit reliquaire architecturé.
La statuette de droite, qui s’inspire des modèles du Moyen-Age, figure un ange qui tient un reliquaire vitré dans lequel sont conservés des parcelles de la Vraie Croix.



L’autel portatif de gauche s’inspire étroitement de l’autel portatif germanique en argent, à droite.
Le mélange des styles de l’autel du XIXe siècle désigne cet objet comme un faux.

Prenez le temps d’aller et venir dans l’exposition, puis n’hésitez pas à visiter le reste de ce magnifique musée, rénové et réouvert depuis trois ans qui recèle des pièces magnifiques du Moyen-Age :
…. Sans oublier « La Dame à la Licorne », dont on ne se lasse pas 🙂

Chef-d’œuvre anonyme des débuts de la Renaissance française, elle est conservée au musée national de Cluny à Paris.

Le musée national de Cluny se trouve au coeur du Quartier Latin à Paris,
28 rue du Sommerard 75005 PARIS


